Canne à sucre à La Réunion : il est temps de tout revoir
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5 avril 2014, par

Le nouveau gouvernement vient de tenir son premier conseil des ministres. Le précédent avait laissé plusieurs dossiers en suspens, notamment dans l’Outre-mer. Victorin Lurel avait annoncé une petite révolution pour ce qui concerne l’adaptation sous nos lattitudes du pacte de responsabilité présenté par le président de la République. Il reste aussi à négocier l’avenir de l’octroi de mer, et les moyens pour faire face à la fin du quota sucrier en 2017. Ainsi, dans son discours de bilan prononcé le 26 février dernier au Sénat, le précédent ministre des Outre-mer avait relayé un message sans concession. En réponse au nouveau compromis proposé par Paul Vergès, Victorin Lurel s’était prononcé pour le maintien du système actuel qui donne pourtant les résultats désastreux que tout le monde connaît.
Il est un autre dossier en suspens que devra gérer ce gouvernement. Un article publié cette semaine par "Challenges" révèle le scandale de la nouvelle route du littoral, qualifiée de route la plus chère de France. Force est de constater que le précédent gouvernement avait pour le moins agi de manière précipitée en concertation avec la Région pour arracher la pose d’une première pierre avant la fin de l’année 2013. Cette précipitation avait été maintes fois dénoncée par des associations d’usagers, comme ATR-FNAUT, ou de protection de l’environnement comme la SREPEN. Car pour passer en force, les anciens ministres avaient permis à la Région de déroger à des règles très strictes de protection de l’environnement.
Aujourd’hui, les ministres de l’Outre-mer et de l’Ecologie ont été renouvelés. Auront-ils sur ce dossier le même point de vue que leurs prédécesseurs ? La question est importante car l’année prochaine, Paris accueillera la conférence des Nations-Unies sur le climat. Plus de 190 chefs d’État et de gouvernement sont susceptibles de participer à cette réunion historique, car son objectif est de donner une suite au Protocole de Kyoto. Tous les projecteurs seront donc braqués sur la France. La tradition veut que le ministre de l’Ecologie du pays hôte préside cette Conférence. Ce sera donc la nouvelle ministre de l’Ecologie qui aura cette responsabilité. La France pourra-t-elle alors se permettre de justifier devant le monde entier une route à plusieurs milliards qui détruit l’environnement ?
J.B.
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