La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
20 avril 2009

Samedi dernier, les trois quotidiens de l’île (même ceux qui défendent l’ordre social actuel) ont annoncé en page une les derniers chiffres publiés par l’INSEE sur les effets du partage inégal des richesses à La Réunion. Cette analyse a été réalisée avec l’aide de la Caisse d’Allocations Familiales sur l’évolution des revenus dans l’île entre 2001 et 2006, une période durant laquelle la croissance économique tournait autour de 5% par an.
L’étude prouve que cette croissance en elle-même n’est pas un critère de développement durable car elle a « profité aux plus aisés de la population, conduisant à un accroissement des inégalités ». Et ces inégalités sont illustrées par de nombreux chiffres de l’INSEE, dont nous retiendrons celui-ci, qui montre bien que La Réunion est coupée en deux : « En 2006, un Réunionnais sur deux vit avec moins de 790 euros par mois ».
À noter au passage : ces inégalités sont plus graves à La Réunion qu’en France car « 52% de la population réunionnaise vit en dessous du seuil de pauvreté national, soit 817 euros par mois », contre 13% là-bas. Chez nous, les 20% les plus riches détiennent 45% de la masse des revenus, contre 37% dans l’hexagone.
Autres données intéressantes : à La Réunion « en 2006, les 10% les plus aisés ont un niveau de vie cinq fois supérieur à celui des 10% les plus modestes (contre 3,6 pour la France) ». Or, « en 2001, ce coefficient pour La Réunion était de 4,4. En clair, le fossé se creuse entre les plus pauvres et les plus riches à La Réunion ».
À ces données déjà alarmantes, s’ajoute le fait que « l’étude de l’INSEE ne tient pas compte du coût de la vie plus élevé à La Réunion qu’en métropole » et que « les premiers touchés par la misère sont surtout les sans-emplois et les jeunes ». Quand on sait que 100.000 Réunionnais (un tiers de la population en âge de travailler) sont privés du droit à l’emploi, qu’un salarié sur cinq a un emploi précaire et que « de plus en plus de travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté », on mesure les dégâts du système socio-économique ultra-libéral et de la politique de casse sociale qui l’accompagne.
Dans toutes les réunions préparatoires du 6ème congrès du PCR, le Parti met avant tout l’accent sur la nécessité de remettre en cause ce système et cette politique, dans le cadre d’un modèle de développement équitable comme celui qu’il propose. Ces propositions concrètes seront débattues au congrès, rendues publiques le 10 mai et dans les États-Généraux, puis prises en mains par les Réunionnais pour être appliquées, car une chose est certaine : une société aussi inégale est une société invivable.
L. B.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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