Edito

Une zone de libre-échange d’un milliard d’habitants aux portes de La Réunion

J.B. / 23 mars 2018

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Mercredi à Kigali au Rwanda lors d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine, les représentants de 44 pays de notre continent ont signé un accord visant à la création d’une Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Quelques pays ont mis leur signature en suspend, il s’agit notamment de l’Afrique du Sud et du Nigeria, les deux premières puissances économiques africaines. Ceci n’est sans doute qu’un délai supplémentaire, car on voit mal ces deux pays rester isolés de leurs voisins.

Cet accord doit maintenant être ratifié par chaque État signataire. C’est le point de départ de la création d’une zone de libre-échange de plus d’un milliard d’habitants. Cette démarche s’inscrit dans les orientations ultra-libérales dictées par l’Organisation mondiale du commerce. Elle est une réponse à la création de blocs analogues, notamment en Europe. Les déclarations de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, ont été très claires à ce sujet : « le monde change et change à grande vitesse. La concurrence internationale est féroce. Cela ne laisse aucune place aux faibles (…) L’intégration économique répond donc non seulement aux aspirations nées du panafricanisme, mais aussi à un impératif pratique lié à la viabilité économique du continent ».

L’Union européenne est en discussion avec les pays de notre région pour un accord de partenariat économique. Il doit permettre aux marchandises venant de nos voisins d’entrer sans quota ni droit de douane dans l’Union européenne. Comme La Réunion est intégrée dans l’UE, elle est concernée. Si dans le même temps se met en place la Zone de libre-échange continentale, alors les effets de l’APE seront encore plus importants. Car La Réunion aura à ses portes une zone de libre-échange d’un milliard d’habitants qui serait susceptible de venir concurrencer sa production par une offre à bas-coût.

Ceci renforce donc la nécessité que les intérêts de La Réunion puissent être entendus lors de discussions d’un accord commercial la concernant. Cela suppose de nouvelles compétences pour les Réunionnais, afin qu’ils puissent eux-mêmes faire part de leur point de vue. C’est une des revendications du PCR. Et elle suppose d’aller vers un nouveau cadre, pour plus de responsabilité pour les Réunionnais.

J.B.