Edito

Unir les générations

LB / 27 juillet 2007

72 ans. C’est l’âge de la nouvelle présidente de la République indienne, élue à la tête du plus grand État démocratique du monde. Prathiba Patil, avocate et militante de la cause des femmes, avait été désignée par le Parti du Congrès - dirigé par une autre femme, Sonia Gandhi - comme candidate à la présidentielle et elle a obtenu deux tiers des suffrages.
C’est donc une victoire “haut la main” qu’a remportée cette septuagénaire, désormais présidente de l’Inde. On notera que ces responsabilités étaient assumées avant elle par Abdul Kalam, âgé lui de 75 ans.

Lorsqu’on apprend cela, on repense au bas niveau de la campagne électorale de l’UMP lors de la dernière législative à La Réunion dans la 3ème circonscription. Une campagne marquée par des critiques délirantes sur l’âge du candidat Paul Vergès.
Le principal reproche fait au président de la Région était d’avoir 82 ans et la qualité soulignée par les partisans de ses concurrents était leur soi-disant jeunesse. Or, le peuple indien a compris qu’un grand âge n’est pas un défaut et que le fait d’être relativement jeune (biologiquement) n’est pas la première capacité requise d’un responsable politique.

L’Histoire de La Réunion elle-même nous montre que nous avons toujours réussi à briser les murs de l’injustice lorsque nous étions unis. En particulier quand nous étions capables de rassembler dans les mêmes luttes les jeunes et les anciens.
Aujourd’hui, pour résoudre nos problèmes, nous avons besoin des qualités des jeunes comme des “vétérans”, de la combativité, du dévouement et des compétences des uns et des autres. Pour entrer dans l’ère de la responsabilité réunionnaise, comme dit Paul Vergès, nous devons unir les générations.

L. B.