Edito

Vaccins contre la COVID-19 : Washington finit enfin par reconnaître que les communistes ont raison

Manuel Marchal / 7 mai 2021

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Le président des Etats-Unis s’est prononcé pour la levée des brevets concernant les vaccins COVID-19. Bien entendu, cette information déclenche de vives protestations de la part des représentants de l’industrie pharmaceutique, d’autant plus qu’elle ouvre une brèche en Occident, là où le pouvoir d’achat est le plus élevé. En effet, la levée des brevets ouvre la voie à la production de copies, et vise à augmenter la diffusion et donc baisser les prix.

Le 19 avril, une déclaration de 40 partis communistes et ouvriers initiée par le Parti communiste de Turquie avait demandé la fin des « soi-disants brevets » sur les vaccins :

« La principale méthode de lutte contre les maladies transmissibles est la vaccination généralisée, rapide et efficace. Malheureusement, le capitalisme du 21e siècle a été incapable de mettre en œuvre cette formule de base pour une infection mondiale, comme le montre la pandémie COVID-19 »
« Le produit final a été saisi par des monopoles pharmaceutiques sous le nom de propriété intellectuelle, ou soi-disant brevets »
« Nous appelons (…) à l’abolition des droits dits de propriété intellectuelle, à savoir les brevets, sur tous les vaccins COVID-19 et les formulations de traitement utilisés ou en cours de développement, ainsi que les réglementations légales nécessaires à cet effet dans tous les pays ».

Rappelons que la question des vaccins a illustré l’ampleur des inégalités dans le monde, avec une poignée de pays précommandant la majorité des doses fabriquées en Occident. Pour les personnes vivant ailleurs et souhaitant se faire vacciner sans se ruiner, il reste l’initiative COVAX soutenue par les Nations-Unies, et la solidarité de pays comme la Chine qui a livré gratuitement à de nombreux pays des vaccins. L’égoïsme de l’Occident risque de laisser des traces, ce qui compromet la position des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine, l’adversaire déclaré de Washington. Le successeur de Donald Trump lance donc une opération de reconquête de l’opinion en adhérant au point de vue de la Chine qui plaide depuis le début pour la coopération et la partage d’informations dans la lutte contre la COVID-19.

M.M.