Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
24 février 2009, par

Quand on est en contact avec la population réunionnaise, on mesure avec quelle énergie, dans toutes les régions et les diverses catégories sociales de l’île, se prépare la mobilisation pour les manifestations du 5 mars prochain. Ces manifestations sont organisées à l’appel du COSPAR (Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion), dont le nombre d’organisations adhérentes ne cesse de grandir.
Ces actions ont pour objectif, d’une part, de faire avancer du côté de l’État et du monde économique des revendications d’urgence pour l’emploi et le pouvoir d’achat des plus démunis, d’autre part, de créer les conditions d’un développement durable de La Réunion. Et l’on sent monter chez la plupart des Réunionnais la détermination à lutter contre les causes du malaise social qui touche notre pays.
Du coup, dans une autre partie de la population, on sent également poindre une légère inquiétude devant ce mécontentement. Certaines personnes craignent des débordements et un conflit sans fin, avec tous les dégâts collatéraux qui vont avec.
Cela fait penser à ce chef d’entreprise de Guadeloupe qui déclarait en substance la semaine dernière : "en raison des difficultés liées à la durée de la grève, nous ne pouvons plus payer les 200 euros demandés par le LKP". En toute logique, on a envie de répondre à ce monsieur : d’une part, quand on connaît les profits accumulés depuis des années par le monde économique au détriment du monde du travail, les moyens financiers pour un partage plus équitable des revenus ne manquent certainement pas ; mais, d’autre part, pourquoi ne pas avoir négocié tout de suite avec les organisations guadeloupéennes pour leur donner satisfaction et diminuer ainsi la durée du conflit ?
À partir de là, on peut se dire : pourquoi n’aurions-nous pas, à La Réunion, un autre mode de relations sociales que celui hérité de la colonisation, avec toutes ses séquelles ? Après le "Code Noir" de la période esclavagiste, ne sommes-nous pas capables d’inventer un nouveau code de bonne conduite entre Réunionnais, afin de combattre les discriminations et les inégalités scandaleuses qui créent un "apartheid social" entre les deux mondes de notre île ?
Grâce au COSPAR, nous pouvons chercher des voies pour sortir d’une ligne sans fin d’affrontements partiels et passer de l’ère néo-coloniale à celle de la démocratie sociale. C’est le combat que nous invite à mener notre éditorial en créole de la page 16 : vanzé pou ète plizanpli Rényoné !
L. B.
Nos peines
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