Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
13 février 2013, par

Hier, un travailleur de l’ONF est allé à la rencontre du secrétaire général de l’institution forestière et a tiré à bout portant sur lui, entraînant son décès. Ensuite, le tireur retourne l’arme contre lui-même et se tue. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à cette extrémité ? Une chose est sûre, la personne a tellement emmagasiné de rancoeur que ça a fini par éclater sous une forme ou une autre.
Dans ce drame, Jacky Técher, travailleur de longue date au sein de l’ONF, et syndicaliste CFDT, nous livre son opinion. Pour lui, le dialogue social au sein de l’administration s’est détérioré. Cela ne date pas d’aujourd’hui. La mort de 2 hommes dans ces conditions atroces doit interpeler sur le type de relation humaine qui prévaut actuellement dans l’entreprise.
C’est à bon escient que les journalistes ont fait le parallèle avec un autre drame qui s’est produit en 2005, lors des festivités données en l’honneur des enfants autour d’un arbre de Noël. Un employé avait été licencié 4 ans auparavant et n’a pas pu supporter la sanction. Les rancoeurs accumulées ont fini par éclater : 3 personnes furent touchées dont l’une mortellement.
Ces 2 évènements dramatiques relèvent de cas exceptionnels, heureusement. Sans aller jusqu’au drame, combien de cas liés aux manques de relations humaines cordiales auraient pu dégénérer ? Dans les collectivités, des élus coupent et tranchent, en alimentant d’insupportables discriminations. La pénurie d’emplois est propice pour exercer le chantage à l’embauche. La situation est très tendue.
160.000 personnes inscrites à Pôle Emploi dont 28.000 jeunes de moins de 25 ans témoignent de l’existence d’une violence inouïe et sournoise qui peut éclater n’importe où et n’importe quand, pouvant prendre pour cible des personnes d’autorité. Ce jour-là, on aura presque oublié qu’un homme a préféré tirer sa rage contre quelques arbres pour ne plus subir la violence permanente du chômage. Cela lui a valu 10 mois de prison avec écrou à l’audience. Un an auparavant, c’est une centaine de personnes qui ont été jetées en prison sans ménagement.
On aurait tort de considérer tout cela comme des faits divers alors que derrière chaque cas, se trouve des femmes et des hommes sans défense, face à des pouvoirs hyperpuissants qui sont capables, par leurs décisions injustes, d’attenter à la vie d’autrui. La violence naît de l’accumulation de frustration et de mesures injustes. A la faveur d’une complication ou d’une étincelle tout éclate. Voilà pourquoi il faut toujours anticiper et accorder beaucoup de considération dans ses décisions d’autorité.
J.B.
Nos peines
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