Edito

Y a-t-il une conscience de l’urgence ?

Témoignages.re / 10 mars 2009

Des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais seront à nouveau en grève et dans la rue — à Saint-Pierre et à Saint-Denis — ce mardi 10 mars, à l’appel du Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR). Tous ensemble, ils demanderont aux autorités de l’État et aux représentants du monde économique de prendre les décisions répondant aux 62 revendications des Réunionnais exprimées par le COSPAR.
Parmi ces 62 revendications, certaines doivent être satisfaites d’urgence car elles répondent à des besoins pressants de nos sœurs et frères les plus défavorisés. Et cette urgence est d’autant plus grande que le profond malaise social créé par les inégalités de traitement à La Réunion est connu depuis très longtemps.

Or, quelle a été l’attitude des interlocuteurs du COSPAR pendant un mois ? Ils ont navigué entre l’indifférence et la passivité, avec une sous-estimation préoccupante de la gravité de la situation du "deuxième monde", comme s’ils attendaient que le feu éclate.
Il a fallu une mobilisation massive du peuple réunionnais le jeudi 5 mars à l’appel du COSPAR pour qu’un début de commencement d’écoute ait lieu du côté du pouvoir (dès jeudi), puis du côté patronal (durant le week-end). Mais les réponses de ces derniers restent pour l’instant infimes et ne correspondent pas du tout aux attentes de la population.

Celle-ci a déjà tiré les enseignements de ce qui s’est passé la semaine dernière : elle sait que seule la lutte unie et déterminée fait bouger les décideurs. D’où la mobilisation d’aujourd’hui pour faire bouger l’élite dominante du "premier monde".
De ce côté, il est urgent de sortir de l’inconscience et d’utiliser sa raison afin de mieux percevoir l’urgence des mesures à prendre. La société réunionnaise ne peut pas continuer à fonctionner avec d’une part ceux qui accumulent sans cesse et de l’autre ceux qui souffrent constamment du chômage, de la précarité et de l’exclusion, sinon cela va exploser.

L. B.