La cagnotte "de la honte" pointée du doigt

Emeline K/Bidi dénonce la cagnotte en ligne en soutien au policier qui a tué Nahel

5 juillet 2023, par temoignagesceline

La députée de La Réunion, Emeline K/Bidi a interpellé le 4 juillet à l’Assemblée nationale les membres du gouvernement sur la cagnotte en ligne lancée en soutien au policer auteur du tir qui a tué Nahel, 17 ans à Nanterre la semaine dernière.

Quelques jours après la mort de Nahel 17 ans à Nanterre, la députée a tenu à dénoncer la cagnotte créée en soutien au policier auteur du tir, qui a entraîné le décès du jeune.

"En 5 jours cette cagnotte atteint déjà plus d’un million d’euros. Bien plus que son montant c’est son existence même qui me choque . Et plus encore. Le silence du gouvernement à son sujet", a souligné Emeline K/Bidi.

Cette dernière poursuit : "Nous vous avons entendu appeler à la responsabilité des parents, exigés de la justice de la plus grande fermeté, multiplié les interpellations mais s’agissant de la cagnotte vous avez timidement annoncé qu’elle ne contribuait pas à l’apaisement. C’est peu dire. Voilà une cagnotte créée par un membre de l’extrême droite qui organise une récolte de fond pour le meurtrier d’un mineur".

"Ne voyez-vous rien de choquant ? De profondément immoral ? De manifestement illégal à l’existence de cette cagnotte ? (...) Si ce n’est au nom de la morale madame la Première ministre, agissez au moins au nom du droit. (...) Vous avez le devoir d’agir qu’attendez-vous pour le faire ?", a posé la députée.

A cette question, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, soutient du policier incriminé, a répondu que "ce n’est pas au pouvoir exécutif de pouvoir se substituer aux décisions judiciaires. Il appartient au tribunal de prendre la décision d’appliquer le code civil et de faire fermer cette cagnotte".

Selon lui, "aucun membre du gouvernement n’a créé cette cagnotte que si on pouvait respecter deux principes. Le premier un principe d’équilibre et de pondération. Ce policier comme toutes les personnes qui n’a pas été condamné par la justice définitivement à le droit à la présomption d’innocence".

De leurs côtés, les députés Mathilde Panot (LFI) et Arthur Delaporte (PS) ont annoncé le 3 juillet saisir la justice pour obtenir la fermeture de la cagnotte de soutien à la famille du policier auteur du tir qui a tué Nahel à Nanterre.

La cagnotte de la "honte" a été créée par l’ancien porte-parole de la campagne du candidat d’extrême droite, Eric Zemmour, Jean Messiha. Elle totalisait le 4 juillet près de 1,47 million d’euros.

"Cette cagnotte pourrait être considérée comme illégale" et "doit fermer", a estime Arthur Delaporte , qui a annoncé sur Twitter avoir saisi la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau au titre de l’article 40.

"Il ne fait aucun doute des intentions de l’initiateur de cette cagnotte qui utilise le drame de Nanterre pour asseoir et véhiculer des idées politiques appelant à la haine", a écrit à la procureure le député du Calvados.

Pour Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, cette cagnotte est "une insulte aux proches de Nahel". Elle a invité à signer une pétition disant "non à la cagnotte de la honte".

Le texte accompagnant la cagnotte de soutien au policier précise : "Soutien pour la famille du policier de Nanterre, Florian M. qui a fait son travail et qui paie aujourd’hui le prix fort". Les deux députés considèrent que cela peut constituer une incitation à la haine, et peut provoquer un "risque sérieux de trouble à l’ordre public eu égard au contexte particulièrement volatile dans le pays".

L’initiateur de la cagnotte, Jean Messiha, ancien du Rassemblement National et de Reconquête pendant la campagne présidentielle, a annoncé que la cagnotte a été fermée le 3 juillet dans la soirée. Celle-ci affichait une somme de 1.516.440 € collectés avant 20 heures.


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