Le chef de l’Etat envisage des « référendums »

Emmanuel Macron va s’entretenir avec les partis d’opposition

25 août 2023, par temoignagesceline

Le président Emmanuel Macron va réunir la semaine prochaine « les forces représentées au Sénat et à l’Assemblée » dans le cadre de son « initiative politique d’ampleur », afin de déboucher « sur des projets de loi mais aussi sur des référendums ».

Emmanuel Macron a évoqué les contours de l’« initiative politique d’ampleur » qu’il avait promise pour la rentrée 2023, dans une interview accordé au Figaro Magazine.

Il a annoncé son intention de réunir le 30 août les chefs de partis représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat, ce qui va du Rassemblement national (RN) à La France insoumise (LFI) en passant par Les Républicains (LR), le Parti socialiste (PS), les écologistes d’EELV ou encore le Parti communiste, sans oublier son parti Renaissance et ses alliés Modem et Horizons ainsi que le groupe politique Liot.

Au départ, Emmanuel Macron voulait s’entretenir avec les partis qu’il qualifiait d’« arc républicain », ce qui exclut pour le Rassemblement National et La France Insoumise. Mais il en a décidé autrement, car le RN compte 88 députés et LFI 75, soit près de 30% des parlementaires.

La crise politique persiste

Dans une longue interview accordée au magazine Le Point, diffusée le 23 août, Emmanuel Macron justifie cette initiative par le fait que la « nation traverse un moment [qu’il ] juge inédit ».

Il a évoqué la situation internationale et les conséquences des émeutes de juin dernier, qui découle d’une situation d’injustice vécues par les habitants des quartiers, et pour dénoncer les violences policières systématiques depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au gouvernement.

Ce dernier a d’ailleurs fixé des objectifs : « renforcer l’indépendance de notre pays et rebâtir notre nation et tout ce qui la tient : la famille, l’école, le servie national universel, la transmission de notre culture, notre langue, la régulation des écrans ». Une vision ultra droitière pour certains observateurs, qui s’explique par la nécessité pour lui de trouver une majorité plutôt à droite au sein des instances, qui l’empêche de mener sa politique.

La réunion autour d’Emmanuel Macron et des principaux responsables politiques n’aura pas lieu à l’Élysée mais en région parisienne, a précisé le chef de l’État. Emmanuel Macron espère que cette initiative, qui marque sa rentrée politique, débouchera sur objets politiques concrets, en raison d’une majorité relative à l’Assemblée nationale.

Ce dernier a indiqué que « la difficulté, c’est que les forces politiques les plus proches de nous ne sont pas unies ! », précisant au Point que « les oppositions compatibles [PS et LR, NDLR] sont trop divisées, et il n’y a aucune coalition parlementaire possible qui nous donnerait la majorité absolue ».

Emmanuel Macron doit donc trouver des majorités texte par texte. En 2022, le gouvernement de Macron a fait un usage excessif du 49.3 : le budget, la réforme des retraites, le financement de la Sécurité sociale financement de la Sécurité sociale, entre autre.

Le vote du projet de loi immigration est incertain faute de majorité absolue. Raison pour laquelle, Emmanuel Macron a déclaré au « Point » qu’il est est prêt à « enrichir le texte du gouvernement » dans ce qui semble être une maintenue à la droite, tout en agitant la menace du 49-3 sur ce texte.

La majorité met en avant les nombreux textes passés sans recours au 49.3 grâce aux compromis passés avec la droite, tels que les lois de programmation pour la Justice, l’armée ou la police. Parfois avec certaines composantes de la gauche, des projets de loi ont été plus consensuels. Au Point, il assure qu’il « compte bien avoir recours au référendum ».
Garder la main sur son second mandat

Pour le président de la République, l’enjeu est de reprendre l’initiative et de montrer qu’il garde la main sur son second mandat, et n’est pas concerné par la crise politique actuelle.
Or pour l’heure, de nombreux doutes persistent sur sa capacité à conserver son influence et à parvenir à des consensus avec l’opposition, mais également ses propres troupes.

« Il est très difficile d’imaginer un débouché concret. LR est dans une position de plus en plus hostile au gouvernement et estime n’avoir pas grand-chose à gagner à le soutenir. Et pour les Français, une dissolution ou un référendum est une initiative d’ampleur mais pas une consultation des partis », a indiqué Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France.

« Sa proposition n’est pas inédite, mais il n’avait pas non plus beaucoup de choix », selon ce dernier. Dans le camp présidentiel, la rentrée politique est aussi marquée par l’offensive de Gérald Darmanin, qui fera une rentrée politique « personnelle » le 27 août depuis sa ville de Tourcoing. Signe qu’une confrontation pourrait éclater entre les deux hommes, alors qu’Emmanuel Macron ne peut plus se présenter et Gérald Darmanin aspire à se présenter aux élections présidentielles.

Si Emmanuel Macron avait su rebondir après la crise des « gilets jaunes » début 2019, il a beaucoup plus de mal à en faire de même depuis la réforme des retraites, selon Les Échos. Il avait décrété une période de 100 jours pour apaiser, au cours de laquelle il a multiplié les annonces et phrases déplacées, puis sorti son carnet de chèques. Les émeutes de la fin du mois de juin l’ont empêché de capitaliser sur cette période.

Après le remaniement de juillet, il avait donné rendez-vous à la rentrée pour faire de nouvelles annonces et engager des changements. Le président est désormais dos au mur et doit s’assurer de rebondir, en prenant en compte cette fois les oppositions ou conservant des accords à droite.


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