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Isabelle Erudel, « il est temps que Nou, Réunionnaises et Réunionnais puissions prendre des actions concrètes pour nout péi »

Deux ans de mandat dans un contexte économique et social tendu

samedi 26 août 2023, par Rédaction Témoignages


La conseillère départementale de la ville du Port , Isabelle Erudel, est revenue pour Témoignages sur ses deux années de mandat au sein du Conseil Départemental.


Quel bilan faites-vous-de vos deux années de mandat ?

Je me suis engagée en politique en 2019, afin de préparer les élections municipales de 2020 dans la ville du Port. A cette époque, je ne connaissais pas grand chose dans le fonctionnement du Département : qu’est ce qu’une séance plénière, une commission permanente… ???

Mais au fur et à mesure, à force d’écouter, et en étant actrice sur le terrain et dans les différentes instances, mais surtout en ayant à cœur de défendre des valeurs, des principes qui sont les fondements du PCR, j’ai commencé à défendre des points de vue, à m’affirmer et à travailler sur certaines thématiques.

J’ai pu rencontrer Mme Bachelot, alors ministre de la culture en 2021, Mme Elimas, secrétaire d’état à l’éducation prioritaire en 2021, M Guilly, le Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises en 2023 et Mme Thévenot, secrétaire d’état à la jeunesse et au SNU la semaine dernière.

J’ai pu, entre autres, leur parler des spécificités de notre territoire et aussi des mesures particulières qui devaient en découler.

En décembre 2021, a été signée la charte bilingue au sein de la collectivité à mon initiative. J’en avais fait la demande auprès du Président du Département, Cyrille Melchior qui avait accepté et m’avait conviée à la signature de ce document.

Outre la question identitaire, je suis très touchée par la problématique du harcèlement scolaire. J’ai demandé au Département de mettre en place un groupe de travail, afin que la collectivité puisse proposer des actions concrètes et efficaces au sein des collèges, sans empiéter sur les compétences de l’Académie de La Réunion. Une première réunion de travail a déjà eu lieu au début du mois d’août 2023, et le travail continu désormais pour tenter de trouver des solutions à ce problème de société.

Même si je fais partie de l’Opposition à la majorité de Droite au Département, j’ai pu faire part de ma volonté de travailler de façon constructive avec l’équipe dirigeante, afin de répondre aux attentes de la population.

Le Président Cyrille Melchior, qui fait preuve d’ouverture, n’hésite pas à écouter et entendre mes prises de parole lors de l’Assemblée plénière. Et d’ailleurs, lors de la conférence du 19 mars organisée par le Mouvement pour la Paix, l’hémicycle a été mis à disposition et Cyrille Melchior était présent sur mon invitation. Je tiens à souligner que nous travaillons dans la concertation, j’ai des échanges fructueux avec mes collègues de la majorité, pour mener à bien des projets qui me sont chers.

Je suis fière d’être communiste, de défendre ces principes, et cela ne m’empêche pas de travailler convenablement au sein du Département, en faveur de la population, autour d’un projet départemental auquel le PCR participe par ma voix.

Quelles sont les thématiques qui vous interpellent le plus et pourquoi ?

Les thématiques qui m’interpellent le plus sont les questions d’éducation, de tout ce qui est lié à la jeunesse. Professeure des écoles habilitée en créole, j’avoue avoir une sensibilité plus forte pour les dossiers relatant de l’éducation, la culture, l’enfance. Je fais d’ailleurs partie de la commission de l’éducation, du sport, de la culture et de la mobilité. Je suis également membre du Conseil de l’Education Nationale, où il est primordial de défendre nos spécificités réunionnaises.

Un de mes combats est « Mèt an lèr nout’ lidantité, nout kiltir, nout patrimoin’ ». Il s’agit de valoriser notre identité créole et prouver que « Nous Réunionnaise et Réunionnais, nou lé kapab’ é nou doi èt fièr !!! »

En tant que conseillère départementale du Port, je suis très attentive aux questions relatives à la ville, et notamment concernant le Grand Port Maritime et la caserne de sapeurs-pompiers du Port. Je fais partie du Conseil de développement du Grand Port Maritime et suis suppléante à Jean-Yves Langenier au sein du CASDIS.

Je suis également sensible aux dossiers concernant les personnes âgées, les aidants familiaux. Je participe d’ailleurs au GIPSAP (Groupement d’Intérêts Publics du Service d’Aide à la Personne), qui permet à des partenaires publics et privés de mettre en commun des moyens pour la mise en œuvre de missions d’intérêt général.

Investie dans les problèmes relatifs au statut de la femme, je reste très alerte sur des sujets tels que les violences intra familiales, la lutte contre les inégalités homme-femme dans les domaines du travail, de la politique. D’ailleurs, j’ai pu intervenir lors de la dernière séance plénière concernant le Pacte Local des Solidarités, dans lequel il y a 7 enjeux prioritaires pour les Outremers mis en exergue par l’Etat. Parmi ces enjeux, ne figuraient pas la femme, qui vit pourtant des conditions extrêmes difficiles que ce soit à La Réunion ou dans les autres départements ultramarins. Raison pour laquelle, j’ai proposé à l’Assemblée de demander à l’Etat d’ajouter un huitième enjeu, celui de la précarité de la femme dans les Outremers.

J’ai d’ailleurs profité de la visite à La Réunion de Prisca Thevenot, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées et du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, chargée de la Jeunesse et du Service national universel, pour évoquer la question des femmes à La Réunion.

La question de la femme est importante pour moi, car je suis souvent interpellée sur des situations compliquées, dramatiques parfois, du point de vue social, financier, et familial. Je suis globalement engagée dans le domaine social au sein du Département : l’accompagnement dans le rapatriement de corps, et entre autre, l’accompagnement de famille dans des situations de maladie, de décès.

En tant qu’élue communiste, en quoi la Conférence territoriale est nécessaire pour La Réunion ?

Nous devons faire face à une situation de plus en plus compliquée à La Réunion : crise sociale, crise financière, crise de l’emploi, crise du logement … Cela ne concerne plus uniquement les plus publics défavorisés, mais la classe moyenne également connaît de grosses difficultés. Nous sommes au bord d’une explosion sociale, et il suffirait d’un rien pour que cela éclate ; l’on a vu cela avec les gilets jaunes.

L’idée d’une conférence territoriale émane du PCR et pourrait permettre de mettre autour de la table des négociations les différentes collectivités, État, Région, Département mais également proposer une conférence territoriale élargie aux forces vives telles que les syndicats, des associations,…

Il est temps que Nou, Réunionnaises et Réunionnais puissions proposer des actions concrètes pour nout péi, pour sortir de la crise et permettre à toutes et tous de vivre décemment et dignement.


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Messages

  • Tb programme, mais il ne faudrait pas oublier de rendre l’avenir meilleur qu’aujourd’hui pour la nature aussi, il y a tant à faire. Arrêter de salir l’île sans soucis, de changer de paradigme concernant les transports en n’oubliant pas de relancer le projet du retour du train cher au PCR à juste titre. Electrique cette fois-ci et se chargeant aussi bien des humains que des animaux, des marchandises, depuis Ste Rose à St Joseph, cela fera à la fois créer des emplois très attendus que ce soit pour le tracé des lignes ferroviaires, la réalisation du chantier tronçon par tronçons, la conduite, la maintenance des infrastructures et du matériel roulant. Ce serait très apprécié, symbolique de partir des deux terminus et au moment de leur jonction, prévue à l’avance, de faire une méga fête pour cet évènement qui serait retransmis jusque dans l’Hexagone, un bon exemple pour les autres territoires d’outre-mer compris, montrer que "quand on veut, on peut" et ce n’est pas absurde du tout. Surtout quand on analyse la situation actuelle où on ressent bien qu’il n’est pas raisonnable de continuer ainsi, le "tout voiture" entraîne trop de nuisances et coute cher en temps, donc en argent, en sécurité, santé, énergie qui sera de plus en plus chère, c’est certain. Enfin, on verra bien, et honte à ceux qui osent affirmer fièrement : "après moi le déluge", c’est inhumain. L’égoisme, comme le repli sur soi, n’est pas la solution mais le problème à résoudre. Vive le partage, la compassion, l’altruisme, c’est ça l’avenir,n’est-ce pas ? Arthur qui pédale en attendant de pouvoir, un jour, le plus tôt possible, entendre siffler le train.....


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