Elections sénatoriales : un "échec" pour Emmanuel Macron

La droite reste majoritaire, les communistes et écologistes remportent de nouveaux sièges

25 septembre 2023, par temoignagesceline

Les résultats des élections sénatoriales ont confirmé le 25 septembre la stabilité de la Chambre haute, dominée par la droite. Le chef du groupe LR Bruno Retailleau a dénoncé après cet examen indirect un « nouvel échec du président de la République » au Sénat.

Les résultats des élections sénatoriales ont confirmé le 25 septembre la stabilité de la Chambre haute, dominée par la droite et le centre. Les difficultés des membres du parti présidentiel se sont faites sentir, dans un scrutin marqué par le retour du Rassemblement national au Palais du Luxembourg, avec trois élus.

"Ce renouvellement sénatorial conforte la majorité sénatoriale de la droite et du centre", a déclaré Gérard Larcher (LR), réélu à 74 ans pour un sixième mandat dans les Yvelines, avant une reconduction plus que probable à son poste de président du Sénat le 2 octobre. "Le Sénat continuera à être ce contre-pouvoir indispensable à la démocratie", a-t-il ajouté.

Les Républicains constatent toutefois une petite érosion et tablent sur un groupe d’environ 140 sénateurs, contre 145 auparavant. Le rééquilibrage est favorable au groupe allié de l’Union centriste d’Hervé Marseille, réélu dans les Hauts-de-Seine, qui espère "enrichir" ses troupes et "atteindre la soixantaine de membres".

A huit mois des élections européennes, 170 des 348 sièges de sénateurs étaient à pourvoir pour six ans au scrutin indirect dans une quarantaine de départements. Le chef du groupe LR Bruno Retailleau a dénoncé un "nouvel échec du président de la République" au Sénat, en raison de la "déconnexion du macronisme avec le terrain".

Les macronistes ont payé leur faible ancrage local. Ils ont ainsi enregistré une défaite emblématique, avec notamment la secrétaire d’État à la Citoyenneté Sonia Backès, seule ministre en lice, qui a été battue au second tour en Nouvelle-Calédonie par l’indépendantiste Robert Xowie.

Cette défaite pourrait conduire Sonia Backès à quitter le gouvernement, une règle jusqu’ici appliquée par le président de la République pour ses ministres aux législatives. Toutefois, ni l’Élysée ni Matignon n’ont répondu le 25 septembre à l’Agence France Presse à ce sujet.

L’ancienne ministre Brigitte Bourguignon, déjà défaite aux législatives 2022, a quant à elle été battue dans le Pas-de-Calais. Parmi ses cadres au Sénat, le groupe Renaissance a sauvé le siège de Xavier Iacovelli (Hauts-de-Seine), mais pas celui de Julien Bargeton à Paris ni d’Alain Richard (Val-d’Oise).

Les macronistes réunis au sein du groupe RDPI (24 élus) vont voir leur nombre diminuer, même si leur chef de file François Patriat a assuré que son groupe "finira à plus de 20 membres" malgré un scrutin où "tout le monde était contre (lui)".

D’ailleurs Louis Vogel, élu en Seine-et-Marne, issu du parti Horizons d’Édouard Philippe a remporté une poignée d’élus supplémentaires amenés à siéger dans le groupe des Indépendants.

Dans un hémicycle encore attaché au traditionnel clivage gauche-droite, reflet des élections municipales, le groupe socialiste (PS et apparentés) devrait rester la deuxième force du Sénat avec au moins 64 sénateurs

"Symboliquement, c’est important", a souligné le chef de file socialiste - réélu dans le Nord - Patrick Kanner. Ce dernier est satisfait d’avoir signé "un accord gagnant-gagnant" avec les communistes et les écologistes dans une quinzaine de départements. "Je m’étais fixé, avec mes collègues communistes et verts, la barre des 100 sénateurs (de gauche), je crois qu’on va la tutoyer", a-t-il affirmé.

Dans la capitale, l’union de la gauche a fait trembler la droite et les macronistes, car ce rassemblement envoie au palais du Luxembourg huit des douze sénateurs parisiens, pendant que la droite divisée obtient quatre sièges. L’ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot fait ainsi son entrée au Sénat tout comme le communiste Ian Brossat.

Ce résultat marque "une victoire historique des écologistes à Paris", a lancé auprès de l’AFP Yannick Jadot, qui intègre un groupe vert légèrement renforcé, avec au moins 15 membres contre 12 avant le vote. Le groupe communiste va lui aussi légèrement progresser : il a annoncé compter 17 sénateurs contre 15 avant l’élection.

Cette alliance de gauche n’a pas plu à la France insoumise, écartée faute de disposer d’un maillage local suffisant pour garnir les rangs du Sénat. "Le refus de l’union autour de la Nupes aura coûté à la gauche près de 10 sièges", a dénoncé LFI dans un communiqué.

Enfin le Rassemblement national, absent au Sénat depuis le départ de Stéphane Ravier chez le parti d’Eric Zemmour, Reconquête, fait son retour. Le parti d’extrême droite a obtenu trois sièges : Christopher Szczurek dans le Pas-de-Calais, Joshua Hochart dans le Nord et Aymeric Durox en Seine-et-Marne.


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