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Les députés de La France insoumise ont déploré le 23 mai les annonces de la Première ministre Élisabeth Borne sur le climat, les considérant comme des « mesurettes sans ambition et jamais contraignantes », et estimant que « l’adaptation sans bifurcation » du modèle économique est un « vain mot ».
La députée LFI Clémence Guetté a estimé que le gouvernement avait choisi « la continuité d’un modèle néfaste » dans lequel il donne « 150 milliards d’aides aux entreprises par an sans conditions », lors du point presse hebdomadaire du groupe insoumis.
« Pour atteindre nos objectifs en 2030, nous devons doubler le rythme de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre », a souligné la Première ministre le 21 mai devant le Conseil national de la transition écologique (CNTE).
Pour Clémence Guetté, « l’adaptation sans bifurcation est un vain mot » : « s’il est nécessaire de s’adapter maintenant qu’il est trop tard pour tenir les engagements internationaux il faut aussi bifurquer urgemment », « accepter de changer de modèle » économique.
Le gouvernement ne veut pas d’impôt : pas de retour de l’ISF
« Il faut mettre des moyens financiers », a insisté l’élue du Val-de-Marne, qui apporte son soutien à la recommandation de l’économiste Jean Pisany-Ferry. Ce dernier a proposé dans un rapport remis à Elisabeth Borne de taxer le patrimoine des 10% les plus riches pour financier la transition écologique.
Or pour le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, « l’impôt n’est pas la solution ». Supprimé en 2018 par Emmanuel Macron, l’ISF est encore très présent dans le débat public. car l’économiste Jean Pisani-Ferry, un temps proche d’Emmanuel Macron, a rendu un rapport sur « les incidences économiques de l’action pour le climat ».
Il a expliqué que les conséquences économiques de l’inaction climatique s’élèveraient à 66 milliards d’euros par an. Il propose de financer la transition écologique en partie par « un impôt exceptionnel et temporaire, assis sur le patrimoine financier des 10 % de ménages les plus aisés, et calibré en fonction du coût anticipé de la transition pour les finances publiques ».
Mais le ministre de l’Économie a martelé le 23 mai sur RTL que le gouvernement ne comptait en aucun cas augmenter la charge fiscale du contribuable pour financer la transition écologique : « 10% des contribuables payent déjà 75% de l’impôt sur le revenu. Notre but c’est de baisser les impôts, car la pression fiscale est déjà la plus forte au monde en France », a-t-il assuré.
Élisabeth Borne a recensé les leviers pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, tel que le soutien à l’achat de voitures électriques, un effort sur la logistique ou encore une loi sur les énergies renouvelables.
Mais le plan publié par l’exécutif ne se pose pas sur le financement des dizaines de milliards d’euros d’investissements publics et privés nécessaires pour mettre en œuvre ces mesures. Une « tartufferie » selon Clémence Guetté.
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