La France va réduire ses dépenses pour rétablir ses finances publiques

La France va réduire ses dépenses pour rétablir ses finances publiques

21 juin 2023, par temoignagesceline

Lors des Assises des finances publiques organisées le 19 juin, le ministre Bruno Le Maire a déclaré que les dépenses de santé et les niches fiscales « brunes » seraient visées.

Le gouvernement dit avoir identifié « au moins 10 milliards d’euros d’économies » pour permettre à la France de redresser des comptes dégradés par les crises successives, en taillant notamment dans les dépenses de santé et des avantages fiscaux aux carburants.

Le ministère de l’Économie et des Finances a précisé à l’Agence France Presse qu’au moins 12 milliards d’euros d’économies seront nécessaires pour boucler le projet de budget pour 2024.

Le gouvernement veut réaffirmer son sérieux budgétaire auprès des agences de notations, telle que Standard and Poor’s, et tourner la page des mesures fastueuses de soutien du « quoi qu’il en coûte » pour faire face aux crises sanitaire et énergétique. Après avoir distribué l’argent, le gouvernement veut le récupérer au plus vite, pour répondre aux standards de Bruxelles et du FMI.

« Maintenant que nous revenons à la normale, qui comprendrait que nous continuions à dépenser autant alors que ces deux grandes crises (...) sont derrière nous ? », a déclaré le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, lors de l’ouverture des Assises des finances publiques. « Notre devoir collectif désormais est de protéger notre nation contre la dette », a-t-il ajouté.

Organisées à Bercy à l’initiative du ministre et de son collègue chargé des Comptes publics Gabriel Attal, ces assises s’inscrivent dans la suite des revues annuelles des dépenses de l’État, des collectivités et des administrations sociales, lancées il y a quelques mois. Elles ont toutefois été boudées par les trois principales associations d’élus locaux, rejetant l’analyse de la situation par le gouvernement.

A la clôture des Assises, la première ministre Élisabeth Borne est revenue sur la méthode du gouvernement pour « consolider nos finances publiques ». « Il existe d’autres chemins que les politiques d’austérité et les hausses d’impôt », a-t-elle insisté, excluant le recours à ces deux outils.

Elle a fixé plusieurs axes : « renforcer notre potentiel de croissance », « mener les réformes nécessaires même quand elles sont difficiles », évoquant l’assurance-chômage ou les retraites, ou encore « l’efficacité des politiques publiques et la maîtrise des dépenses ».

Les aides au logement, la suppression du dispositif Pinel et la refonte du Prêt à taux zéro (PTZ), devraient selon le gouvernement faire une économie de deux milliards d’euros à terme. De plus, le soutien à l’emploi en cette période de chômage bas sont également dans le viseur du gouvernement.

« Les entreprises n’ont jamais eu autant de mal à recruter. Pourtant, nous continuons à soutenir massivement l’emploi. Quand le taux de chômage diminue, le coût des aides à l’emploi doit diminuer », a insisté le ministre, citant l’apprentissage et le compte personnel de formation.

Autre cible, les avantages fiscaux sur les carburants dont bénéficient certaines professions comme les transporteurs routiers ou les agriculteurs (gazole non routier). Ces derniers traversant déjà une situation difficile, notamment à La Réunion, devraient payer les économies de l’Etat.

Ces modalités fiscales seront supprimées progressivement d’ici 2030, avec un accompagnement pour permettre à ces professions d’opérer cette bascule. L’objectif est de réduire à 108,3% du PIB en 2027 le lourd endettement de la France (contre 111,6% fin 2022), qui la range du côté des mauvais élèves européens, et de ramener sous l’objectif européen de 3% le déficit public (4,7% fin 2022).

Enfin pour réduire ses dépenses, le gouvernement refuse toute hausse des impôts. « Nous ne proposons ni austérité, ni angélisme : nous proposons la responsabilité », a indiqué Bruno Le Maire.

Le gouvernement compte augmenter ses recettes grâce à la fin du bouclier énergétique, les gains des réformes comme celles des retraites ou de l’assurance-chômage, le plein-emploi ou encore une croissance de l’économie qu’il anticipe plus dynamique, après une suspension en 2023.

Arrêtée durant le Covid, les règles budgétaires européennes s’appliqueront à nouveau en 2024. Or, la forte remontée des taux d’intérêt alourdit significativement la charge de la dette, qui pourrait devenir le premier poste de dépenses de l’État.

Raison pour laquelle, le gouvernement a multiplié les annonces et a décidé de geler de 1% supplémentaire des crédits du budget 2023 (1,8 milliard d’euros) qui seront d’ailleurs partiellement annulés, selon Bruno Le Maire.

Il a demandé aux ministères de dégager 5% d’économies, hors salaires, en 2024 notamment pour financer la transition énergétique. Les démarches engagées suscitent la contestation des élus locaux et des syndicats, qui dénoncent un rabot fait sur le dos des classes moyennes et pauvres.


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