Lutte contre la loi sur les retraites

La motion de censure de la Nupes rejetée à l’Assemblée

13 juin 2023, par temoignagesceline

La première ministre, Élisabeth Borne, échappe ainsi à sa 17ème motion de censure depuis juin 2022, après le rejet de la motion de censure spontanée contre « le coup de force antidémocratique du gouvernement », portée par la Nupes.

L’Assemblée nationale a largement rejeté le 12 juin la motion de censure spontanée contre « le coup de force antidémocratique du gouvernement », portée par la Nupes. Le texte défendu par la socialiste Valérie Rabault a recueilli 239 voix, contre289 voix requises pour faire tomber le gouvernement.

Seuls les 88 députés du Rassemblement national (RN) ont voté unanimement pour la motion de censure. Les bancs des Républicains (LR) sont eux restés quasi-déserts, aucun d’entre eux n’a pris part au vote. De son côté, le groupe Liot (Libertés, indépendants outre-mer et territoires) n’a pas soutenu l’initiative, car seulement deux élus ont voté le texte.

La Nupes a voulu « marquer le coup » après l’échec de la nouvelle tentative d’abroger la réforme à 64 ans, quelques jours plus tôt. À la tribune, la députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, a accusé l’exécutif d’avoir « empêché le débat » sur la proposition de loi du groupe Liot, présentée le 8 juin dernier.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait jugé irrecevable financièrement les amendements visant à rétablir la retraite à 62 ans. « Depuis le 8 juin, c’est le règne de la recevabilité partisane sans voie de recours », a dénoncé Valérie Rabault, dénonçant « un grave précédent ».

Avant d’appeler ses collègues de l’opposition à « mettre un terme au discrédit » que « jettent » la première ministre et son gouvernement sur la chambre basse. D’ailleurs, Élisabeth Borne a été confrontée à sa 17ème motion de censure depuis les élections législatives en juin 2022.

Hué par les députés de la Nupes lors de sa prise de parole, la Première ministre a tenu à les remercier, avec ironie, « d’avoir permis aux Français, déjà à seize reprises, de constater qu’il n’y a pas de majorité alternative au gouvernement ».

Cette dernière a ajouté, acerbe, que « certains, ici, semblent convaincus que le courage politique, c’est une opposition vocale, caricaturale, totale. Moi, je ne confonds pas le courage et les décibels. »

Des rumeurs de remaniement courent au sein des institutions, laissant entendre qu’elle serait sur la sellette. Raison pour laquelle, la Première ministre en a profité pour faire valoir son bilan : « les majorités se nouent, les textes sont votés. Nous avons trouvé des accords et des solutions sur des sujets majeurs comme la sécurité de nos concitoyens ».

Après ce nouvel échec, e gouvernement devrait tourner définitivement la page des retraites. Une autre pourrait toutefois s’ouvrir dès septembre prochain avec l’examen des principaux textes budgétaires et le recours possible à l’article 49.3.

En effet, pour le groupe Liot, si les « conditions de succès » de cette dernière motion de censure n’étaient pas « réunies », il pourrait agir sur le budget. En mars dernier, leur texte transpartisan porté par le centriste Charles de Courson avait frôlé de renverser le gouvernement à neuf petites voix près.


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