Elections Européennes 2024

Les écologistes vont désigner leur tête de liste

8 juillet 2023, par temoignagesceline

Ne souhaitant pas faire de liste commune avec la Nupes proposée par LFI, les écologistes vont désigner leur tête de liste pour les européennes. Les adhérents doivent départager les 8 et 9 juillet les deux eurodéputés candidats, David Cormand et Marie Toussaint.

EELV accélère les choses pour les élections européennes de 2024. Après avoir sèchement refusé la proposition de La France Insoumise pour une liste commune de la Nupes, les quelque 11.000 adhérents vont voter en ligne depuis le 7 juillet à 6h jusqu’à lundi à 9h.

Deux actuels eurodéputés sont en lice pour le poste : David Cormand, ex-secrétaire national d’EELV (2016-2019), toujours très proche de la direction, et Marie Toussaint, qui avait participé en 2018 à « l’Affaire du siècle », un recours en justice contre l’inaction climatique de la France. Aucun des deux ne fait figure de favori en interne.

Officialiser la tête de liste à près d’un an des élections européennes permet aux écologistes d’entériner leur décision d’une liste autonome. Façon de rappeler à LFI qu’ils ne feront pas machine arrière, malgré la pression exercée par les cadres Insoumis.

Le 6 juillet, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon annonçait encore que 95% de ses militants avaient voté pour une liste unitaire de la Nupes. La désignation d’une tête de liste écologiste ne devrait pas les empêcher de continuer leur travail de persuasion et de pression. En effet, les insoumis ont lancé de nombreux appels aux militants des différents partis, composant la Nupes, afin qu’ils demandent à leur direction de faire liste commune.

Cependant, les écologistes rappellent que leurs divergences sont trop importantes avec les Insoumis pour envisager une liste commune. Il faut aussi rappeler que le scrutin des européennes est traditionnellement favorable aux Verts par rapport au reste de la gauche.

En mars 2023, un collectif d’actuels ou anciens membres d’EELV, parmi lesquels plusieurs cadres, ont estimé dans une tribune pour « l’Obs », que "l’alternance à gauche ne pourra pas se construire en restant sous le leadership actuel de La France insoumise".

Ces derniers ont reproché à La France insoumise certaines de leurs positions, notamment sur la réforme des retraites. En effet, ils "espéraient un débat argumenté et des propositions crédibles contre le projet de réforme des retraites". Selon eux, le parti de Jean-Luc Mélenchon "décourage celles et ceux qui aspirent à une alternative capable de gouverner".

Plusieurs griefs ont été évoqué contre Jean-Luc Mélenchon et sa formation politique. Ces derniers attestent de la nécessité d’une union, car "en politique, si la fin est dans les moyens, la pratique doit être a minima conforme au projet. Comment alors faire confiance à un mouvement qui, ivre du beau mot de démocratie, n’a jamais organisé un vote interne ; jure à la solidarité internationale mais caresse les despotes ; se prétend féministe mais protège les copains ; en appelle à la VIe République mais se vautre dans les travers de la Ve ?"

Ces Écologistes plaident "au-delà des alliances tactiques, pour la centralité de l’écologie, pour l’ouverture et le rassemblement. Pour des partenariats fiables et sérieux, équilibrés et respectueux. L’avenir n’est ni dans le replâtrage d’une vieille gauche si soucieuse de ressembler à la droite ni dans le culte autoritaire d’un quelconque sauveur suprême."

Raisons pour lesquelles, les écologistes ont décidé de former leur propre liste. D’autant qu’en 2019, Yannick Jadot avait ainsi décroché la troisième position recueillant 13,48% des voix, loin devant ses concurrents de gauche (6,31% pour l’Insoumise, Manon Aubry, 6,19% pour Raphaël Glucksmann qui représentait la liste socialiste). Marie Toussaint ou David Cormand auront la mission de faire au moins aussi bien.


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