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"La mobilisation du 1er mai sera inédite et exceptionnelle"
29 avril 2023, par

La Première ministre Élisabeth Borne a dévoilé le 26 avril la nouvelle feuille de route du gouvernement, destiné à apaisé le territoire. L’intersyndicale, de son côté, prépare les manifestations du 1er mai dont elle souhaite faire une démonstration de force.
Les « cent jours d’apaisement » et « d’action » décrétés par le président Emmanuel Macron jusqu’au 14 juillet, destinés à tourner la page des retraite, risquent d’être plus mouvementés que prévu. A l’Assemblée nationale, la Première ministre Élisabeth Borne a dévoilé "la feuille de route" de son gouvernement.
"Cette feuille de route répond directement aux inquiétudes et aux attentes des Français. Aujourd’hui, que demandent nos compatriotes ? Des solutions concrètes, des actions qui changent la vie, des réponses aux grands défis de notre temps", a indiqué Élisabeth Borne.
Le plan gouvernemental comprend des mesures, des annonces de calendrier ou des méthodes de travail dans de nombreux domaines : projet de loi « industrie verte » présenté mi-mai, textes sur le « plein emploi » et sur le « partage de la valeur » d’ici quelques semaines, projet de loi justice examiné avant l’été, loi d’orientation agricole à l’automne, « accompagnement personnalisé » à venir pour la rénovation thermique des logements ou encore augmentation des places d’infirmières dans les instituts de formation.
La Première ministre a aussi annoncé que le projet de loi sur l’immigration voulu par Emmanuel Macron ne serait finalement pas présenté dans l’immédiat, faute de majorité au Parlement. « Aujourd’hui, il n’existe pas de majorité pour voter un tel texte, comme j’ai pu le vérifier hier en m’entretenant avec les responsables (du parti de droite Les Républicains) », dont l’apport est indispensable au gouvernement qui ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, a-t-elle reconnu. Par ailleurs, « ça n’est pas le moment de lancer un débat sur un sujet qui pourrait diviser le pays », a-t-elle ajouté.
La CGT dénonce un gouvernement « qui n’a toujours rien compris à ce qui se passe dans le pays ».
Au lendemain de la présentation de la feuille de route d’Élisabeth Borne, qui constitue selon la Première ministre « une main tendue à toutes les bonnes volontés », la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a posé ses conditions pour une reprise du dialogue dans les prochaines semaines.
« Si c’est pour parler d’augmentation des salaires immédiate, c’est une proposition que l’on examinera », a répondu la secrétaire générale de la CGT sur RTL, rappelant que la décision de répondre favorablement à une invitation de l’exécutif serait « prise en intersyndicale ».
Sophie Binet a regretté que le gouvernement mette à l’ordre du jour des semaines à venir des « sujets clivants », citant la « stigmatisation des chômeurs », « la réforme du lycée professionnel combattue par les enseignants et les élèves » ou encore « l’emploi des seniors alors qu’on a une réforme qui s’applique de façon extrêmement violente ». « Ce n’est avec ce type de sujets que l’on tend la main », a indiqué la secrétaire générale de la CGT, qui ne semble miser sur une reprise du dialogue dans les jours qui viennent.
La CGT n’en démord pas sur son mot d’ordre de retrait de la réforme, en dépit d’une ouverture sur l’augmentation des salaires. « Sans retrait de cette réforme, il y a un contexte de défiance très fort vis-à-vis de l’exécutif (…) et la page sera compliquée à tourner. Ce qu’il faut c’est que l’on puisse retirer cette réforme pour retrouver une sérénité et puis parler des vrais sujets », a expliqué Sophie Binet.
Tous les espoirs se tournent désormais vers la proposition de loi déposée par le groupe parlementaire Liot, visant à abroger la réforme des retraites. Le texte sera débattu à l’Assemblée nationale le 8 juin prochain.
L’intersyndicale attend beaucoup des manifestations du 1er mai, à l’occasion de la traditionnelle fête du travail. « La mobilisation du 1er mai sera inédite et exceptionnelle », a assuré Sophie Binet.
Cette dernière a indiqué que « ce sera familial, populaire, festif » et que « la sécurité des manifestants et des manifestantes est toujours assurée dans les cortèges syndicaux ». Un contre-feu après la publication mercredi d’une note des renseignements territoriaux anticipant un 1er mai « historique » et « vengeur » avec son lot « d’éléments à risque ».
Sophie Binet a dénoncé cette note qui participe selon elle d’une « stratégie classique de démobilisation pour faire peur ». Entre 80.000 et 100.000 manifestants sont attendus dans la seule capitale.
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