Santé

1er décembre - Journée Mondiale de Lutte Contre le SIDA

Les acteurs de la lutte contre le sida ne reculeront devant rien pour faire reculer le VIH/sida

Témoignages.re / 26 novembre 2020


(Paris le 25 novembre 2020) Aggravation de la précarité, isolement social accentué, santé mentale et physique dégradée, la crise sanitaire frappe directement et durablement un grand nombre de personnes vivant avec le VIH ou particulièrement exposées au risque de contamination. Malgré cela, Sidaction et les associations soutenues en France et à l’étranger se mobilisent pour venir en aide aux plus précaires et lutter contre deux virus à la fois. Et quels que soient les obstacles, nous ne reculerons devant rien pour faire reculer le VIH/sida.

C’est un fait maintenant avéré et mesuré par de nombreuses études : l’épidémie de COVID-19 a accentué les inégalités sociales et économiques. Comme le souligne l’étude de la DRESS, « les personnes en situation de grande précarité, sans domicile, réfugiés et migrants notamment, cumulent une forte insécurité sanitaire, (…), des difficultés d’accès aux soins, ainsi qu’une forte insécurité économique accrue par l’absence de moyens de subsistance liée à l’interruption de leur activité par le confinement et l’absence d’allocations sociales[1]. »

Les associations soutenues par Sidaction interviennent auprès de ces personnes : migrant.e.s, travailleur·euse·s du sexe, personnes vivant avec le VIH en grande précarité. « Elles paient aujourd’hui le prix fort d’une crise sanitaire qui a fortement détérioré leurs conditions de vie et nous craignons qu’elles se retrouvent encore plus en 1ère ligne face au VIH/sida dans ce contexte de vulnérabilité accrue » s’alarme Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Sidaction et les associations de lutte contre le sida ont redoublé d’efforts pour lutter contre deux virus à la fois, répondre aux urgences vitales des publics accompagnés et éviter autant que possible une interruption des traitements contre le VIH. « Des personnes migrantes sans papier n’osaient plus sortir de chez elles pour aller à la pharmacie ou à une consultation médicale, de peur d’être interpelées par la police à l’occasion d’un contrôle d’attestation de sortie » poursuit Florence Thune.

Les travailleuses du sexe ont subi elles aussi, et subissent encore, de terribles conséquences sur leurs conditions de vie. Arrêt total de leurs activités sans aucun recours possible aux aides publiques proposées, menace d’expulsion de leur logement, santé mentale détériorée, mise en danger de leur santé, rien ne leur a été épargné.

Les inégalités, l’exclusion et les discriminations ont toujours fait le jeu des épidémies. A cela s’ajoute en 2020 une baisse des activités de prévention et de dépistage du VIH auprès de tous les publics partout en France. On estime ainsi qu’il manque près de 650 000 tests depuis la mi-mars par rapport aux projections attendues en 2020.[2]

Alors, en cette fin d’année 2020, nous ne devons reculer devant aucun obstacle pour faire reculer le virus du sida. Nous ne devrons reculer ni devant l’indifférence ou la lassitude, ni devant ce qui fait aujourd’hui le lit de l’épidémie de VIH, telles que les inégalités sociales, les discriminations ou les politiques répressives, de celles qui placent les personnes migrantes en situation d’exclusion, de celles qui exposent les travailleuses du sexe à la grande précarité et aux risques accrus de contamination par le VIH. Et encore moins, devant une autre épidémie, celle de la covid19.