Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Menu de la rentrée : chik & TOS
7 janvier 2006

Dans notre édition d’hier, nous avons anticipé de quelques jours sur la rentrée scolaire et envisagé l’ampleur que risquerait de prendre l’épidémie de chikungunya au sein des établissements scolaires de notre île avec la grève annoncée des TOS. Quand la crise sociale se heurte à la crise sanitaire.
La Région Réunion et le Département refusent d’être "dupées" par le gouvernement qui souhaite, dans le cadre de la loi de décentralisation, leur imposer la gestion de 700 TOS employés depuis plusieurs années en contrats précaires par l’Éducation Nationale, en plus du transfert de 1.326 TOS titulaires.
Contre le transfert
Refusant catégoriquement de se faire "le relais de la précarité", le 21 décembre à la pyramide inversée, en présence du recteur, des syndicats enseignants et des représentants des TOS, elles ont réitéré leur souhait d’une ouverture de dialogue rapide avec l’État pour, qu’au moins, une solution d’urgence permette d’éviter le chômage à de nombreuses familles. À ce jour, l’État n’a toujours pas répondu à cette volonté d’apaisement, laissant mûrir un conflit social majeur à la rentrée. La procédure en contentieux administratif, entamée par le Région Réunion, suit son cours. "Si d’ici la rentrée aucune solution n’est trouvée, si par manque de personnels techniques, les règles d’hygiène et de sécurité ne sont pas assurées aux élèves, nous n’assumerons plus nos tâches", déclarait Vincent Baugé, représentant du syndicat enseignant UNSA, à la suite de la rencontre avec le recteur.
Transfert de la lutte
Avec l’épidémie de chikungunya qui sévit dans notre île, ces règles d’hygiène et de sécurité vont en effet poser des problèmes, sachant que chaque déchet non traité va représenter un gîte larvaire potentiel, comme le soulignait mercredi le préfet en appelant à la mobilisation des Réunionnais. Annonçant que par décret paru au JO le 30 décembre 2005, la lutte anti-vectorielle va être transférée au Département, Laurent Cayrel envisageait mercredi de réunir les collectivités pour en parler ouvertement, "pas à la hussarde".
Avec cette accumulation de transferts très lourde pour les collectivités, cette récente volonté de dialogue exprimée par le préfet va-t-elle se mettre en place rapidement pour anticiper la crise sociale et désormais sanitaire de la rentrée ? Ce nouveau transfert signifie-t-il, qu’en plus de vouloir faire assumer aux collectivités la responsabilité du conflit social de la rentrée, l’État va aussi se décharger rapidement des conséquences d’une réactivité tardive dans la prise en charge de l’épidémie ? Si, après avoir sollicité une rallonge budgétaire d’un million d’euros, l’on ne peut hâtivement prêter de telles intentions à la Préfecture, en revanche, l’on peut, l’expérience faisant force, l’envisager.
Estéfani
Réaction des collectivités
o Raymond Mollard, vice-président de la Région Réunion : " À quoi sert encore l’État ? "
Effectivement pour Raymond Mollard, en charge du dossier TOS à la Région, désormais, chikungunya et techniciens ouvriers de services : "les deux problèmes sont liés, comme tout ce qui contribuera à l’absence d’hygiène et d’entretien dans les établissements, comme l’obstination du gouvernement."
Pour ces deux sujets sensibles, alors que le préfet annonce le transfert récent de la lutte anti-vectorielle au Département : "Apparemment, l’État emploie la même stratégie : se désengager sur les collectivités et les citoyens. Ce contexte de décentralisation lui sert d’alibi pour ne plus assumer ses responsabilités financières, pédagogiques, sanitaires, etc." Il dénonce cette "inertie organisée pour mettre en demeure les communes et collectivités", et prédit un jugement très sévère de l’opinion publique face à ce délestage.
"À quoi sert encore l’État qui coûte très cher aux contribuables ?" D’autres régions de métropole souffrent de cette politique de décentralisation brutale, comme la région Ile de France qui écope du transport ferroviaire et de son million d’euros de gestion. Pour Raymond Mollard, c’est l’État qui prend ces initiatives, "l’opinion publique est avertie."
o Le Conseil général : Pas de transfert en situation de crise
En l’absence de la présidente, des élus possédant les compétences pour nous répondre, la collectivité ne peut pour l’heure s’exprimer politiquement sur la question. Le Conseil Général tient néanmoins à préciser qu’il "espère qu’une solution de renouvellement des emplois sera trouvée en liaison avec l’État, à temps, pour que la rentrée se passe bien, pour que ne se pose pas les problèmes d’insalubrité et de chikungunya."
S’agissant du transfert au Département de la lutte anti-vectorielle, il tient à souligner au préfet que si des moyens importants lui ont, à l’époque, permis d’éradiquer le paludisme, aujourd’hui, ils sont "totalement insuffisants. Les moyens n’étant pas là, nous avons été conduit à doper les services de la DRASS par des contrats d’avenir. C’est une solution provisoire. Les moyens sont une question clé."
Le Conseil Général précise clairement sa position : "On ne transférera pas ces nouvelles compétences tant que La Réunion est en situation de crise, ce qui est le cas actuellement." Il souhaite que le préfet respecte cette annonce qu’il aurait faite publiquement afin que la collectivité aie les capacités d’assumer ces nouvelles responsabilités sanitaires.
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