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4 juin, parNos peines
Lutte contre le chikungunya
27 janvier 2006

La confirmation de l’existence d’un vaccin contre le chikungunya est une nouvelle piste qui doit être étudiée avec les moyens nécessaires par les scientifiques.
Hier après-midi, la mission d’expertise gouvernementale composée du directeur général de la Santé, du directeur général de l’Institut national de veille sanitaire et du directeur des affaires politiques, administratives et financières de l’Outre-mer rencontrait les représentants des collectivités réunionnaises.
Lors de cette réunion, à laquelle assistaient notamment tous les maires ou leurs représentants, les membres de la mission ont indiqué que le pic de l’épidémie est devant nous. Cela veut dire que le nombre de Réunionnais contaminés par le virus va encore augmenter.
Utilisé par l’armée américaine
C’est lors de cette rencontre qu’a été confirmée une information évoquée depuis la matinée : un vaccin contre le chikungunya existe. Lors de la discussion, un élu du Tampon, Paulet Payet, est intervenu pour évoquer cette nouvelle. Cette annonce a été confirmée par le docteur Catherine Gaud, vice-présidente de la Région. L’élue du Conseil régional avait pris contact avec des sources scientifiques. Ce vaccin est utilisé par l’armée américaine, mais il n’est pas commercialisé. L’importance de cette nouvelle est telle qu’elle a aussitôt été portée à la connaissance du Premier Ministre par le président de la Région.
Le pire étant à venir, il est urgent de donner aux scientifiques les moyens d’étudier cette piste vaccinale. L’ampleur de l’épidémie commandait que l’opinion dispose elle aussi de cette information. Dans la lutte menée par les Réunionnais contre le chikungunya, aucune piste ne doit être négligée. Chaque possibilité doit aussitôt être étudiée avec suffisamment de moyens humains et financiers, de prudence et de sérieux afin de ne pas faire naître de faux espoirs.
Le prix de la protection
Par ailleurs, au cours de la réunion avec les maires, les représentants de l’État ont annoncé des moyens supplémentaires, à savoir 15 commandos de 20 applicateurs à partir du 15 février. En plus du million d’euros débloqué, ils ont ajouté que des crédits supplémentaires peuvent être alloués.
Mais dans l’attente d’un retournement de tendance, les Réunionnais doivent se protéger des moustiques. Or, se protéger a un prix, qui pèse encore plus fortement sur le budget des plus démunis d’entre nous. À cette question soulevée par l’adjoint possessionnais Cyril Lebon, les responsables ont répondu qu’une aide de l’État était possible.
Manuel Marchal
An plis ke sa
Lutte biologique "si cela s’avère utile". Un seul moustique est-il vecteur de la maladie ? Si il y en a un autre, la mission dit ne posséder aucune donnée relative à cette éventualité. "Il faut raison garder, tout n’est pas chikungunya." Après leur rencontre avec les élus, les membres de la mission ont entendu beaucoup d’interrogations quant à la dangerosité des insecticides utilisées qui sont perçus comme étant plus nocifs que efficaces. "On ne cache rien." "Sur toutes ces questions, il faut activer des recherches. Cela ne veut pas dire que le produit utilisé n’a pas d’inconvénient, mais il a un bon rapport en termes d’efficacité." Un peu plus loin dans la conversation, les membres de la mission soulignent que leurs prédécesseurs auraient estimé que des investigations sur le BTI, insecticide biologique, seront faites "si cela s’avère utile." "On verra après évaluation de cette stratégie renforcée."
Avons-nous atteint le pic épidémique ? Allons-nous l’atteindre ? "Je ne sais pas", répond ouvertement le professeur Brücker qui rappelle qu’une épidémie connaît généralement un, deux pics, peut revenir par vagues... C’est variable. Le pic s’observe à posteriori, lorsque la maladie décroît. Une chose est sûre pour le professeur Houssin, la lutte que La Réunion a à mener contre le chikungunya est "ingrate, difficile et coûteuse."
Champ de recherche de la virologie et de la vaccinologie. Il y a, selon les membres de la mission, nécessité à mobiliser la recherche médicale sur la connaissance du chikungunya et plus largement, une équipe de virologues, sur l’ensemble des familles des arbovirus. C’est une réflexion à long terme qui doit engager de grandes études fondamentales, que le ministre de l’Outre-mer souhaiterait semble-t-il impulser. Selon le professeur Houssin, le XXème siècle croyait être venu à bout des maladies infectieuses, mais avec l’apparition du Sida ou dernièrement du West Nile, la mondialisation des échanges, l’impact des sociétés industrialisées, une prise de conscience lente s’amorce sur le champ de recherche de la virologie et de la vaccinologie. Le chikungunya aide à l’évidence à cette prise de conscience.
Une immunité au conditionnel. "L’on peut penser que plus une part importante de la population sera touchée, plus l’immunité se développera", estime le professeur Brücker rappellant néanmoins que l’immunité conférée par les maladies infectieuses est variable selon les vecteurs. "On ne sait pas tout, on ne peut pas mesurer la durée de l’immunité", mais aujourd’hui, "tout laisse à penser que son immunité serait bonne et durable." "C’est une approximation, nous n’avons pas de réponse précise, mais un faisceau d’arguments laisse penser au développement d’une immunité durable."
Les contributions des agriculteurs "accueillies avec beaucoup d’intérêt". Les conditions d’utilisation des emplois verts, mis à la disposition par le Conseil Régional et les associations, sont en cours de définition pour permettre leur intervention dans les espaces privés, sur le volet préventif et l’élimination des gîtes larvaires. De même, les propositions des agriculteurs sont "accueillies avec beaucoup d’intérêt." Reste à s’assurer que leurs dispositifs d’épandages soient adaptés aux critères techniques de la lutte anti-vectorielle. Le préfet souligne que leur contribution sera utilisée dans leurs zones de résidence, à 500 ou 600 mètres d’altitude, là où apparaissent de nouveaux cas de contamination.
De 13 à 20 "commandos". Le préfet a rencontré lundi les ministres de la Santé et de l’Outre-mer. Il a obtenu le renforcement des équipes de terrain passant de 13 à 20 "commandos" qui selon ses propos "sont toujours en train d’anticiper sur la crise et les moyens d’aller au-delà, qui envisagent l’émergence de nouveaux foyers."
Information aux touristes. Le service d’information à l’échelon national va se renforcer. Cependant, "il faut informer raisonnablement. On n’a la possibilité de se prémunir." Selon le préfet, les zones les plus touristiques ne sont pas les plus touchées, même si cela risque de ne pas durer.
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