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4 juin, parNos peines
Journée nationale de l’audition
23 mars 2006

Le chikungunya alimente aussi les conversations du monde du silence. À l’occasion de la Journée nationale de l’audition, samedi à l’école Gabriel Macé à Saint-Denis, des associations de déficients visuels et auditifs ont convié un professionnel de la santé de la DRASS pour les informer sur cette épidémie.
À l’occasion de la Journée nationale de l’audition, les associations des “Sourds et malentendants de La Réunion et de Madagascar” (Marenina), des “Parents d’élèves du Centre de la Ressource” (APCER) et le “Rassemblement entendants sourds offensifs” (Reso) ont sensibilisé et informé les Réunionnais au monde des sourds et des malentendants. Cette action a débuté samedi en fin de matinée pour se terminer l’après-midi à l’école Gabriel Macé à Saint-Denis, le siège du Reso.
Un monde oublié
Les sourds et les malvoyants, tous âges confondus, du fait de leur situation, se retrouvent parfois involontairement éloignés des informations. Dans cette épidémie de chikungunya, les messages de prévention étaient tous destinés aux bons voyants et aux bons entendants. Mais Rien, strictement rien pour les personnes déficientes jusqu’à présent. Il semblerait que tout le monde avait oublié le monde du silence. Samedi, ces structures ont sollicité Catherine Achminov, infirmière de Santé publique à la DRASS, pour exposer les traits de cette épidémie.
Un vocabulaire simple
Mais les questions posées par le monde du silence ne diffèrent pas de celles du monde bruyant. Il s’interroge sur l’origine de la maladie, sa durée, les remèdes, les gestes à effectuer, les rechutes, les séquelles etc. L’infirmière de la DRASS a mis de côté le vocabulaire scientifique compris uniquement par les sommités. Par exemple, à la place de vecteur, elle emploie “celui qui transmet”, ou encore à la place de gîtes larvaires, des “nids de moustiques”. Elle utilise aussi plusieurs visuels où figurent des dessins ou des photographies de trous d’eau, de la femelle moustique se régalant de sang humain pour nourrir les œufs. En l’espace d’1 mois, a-t-on appris, "elle pond 4 fois 200 œufs". Si on multiplie cela par des milliers de moustiques, le nombre d’œufs devient imprononçable et surtout effrayant.
Le monde du silence comme celui des bruyants attend avec patience l’arrivée de l’hiver. Lui aussi a eu vent qu’au cours de cette période, les moustiques pulluleraient moins.
J.-F. Nativel
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