Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Démoustication à Deux-Rives (Sainte-Suzanne)
2 février 2006

Hier, 4 équipes de militaires désinsectisaient le secteur de Deux-Rives, un travail de fourmi très apprécié par les habitants du quartier, malheureusement affectés par le virus du chikungunya.
Les équipes menées par l’adjudant J. M. Montez arrivent très tôt sur le terrain, munies de pulvérisateurs. Ils vont à la rencontre des particuliers, expliquent les mesures à prendre pour éradiquer le moustique et traitent directement les jardins.
"Cela fait longtemps qu’ils auraient dû faire ce travail, mais maintenant qu’ils sont là, c’est bien. Parce que ça va permettre d’avoir un peu plus d’hygiène dans le quartier. Les moustiques, il y en a beaucoup, surtout dans nos jardins créoles", explique madame Fontaine, de la rue des capucines. Dans sa famille, 4 personnes ont été touchées par le virus, et c’est donc avec plaisir qu’elle accueille les désinsectiseurs.
Le but des militaires, qui agissent tel que l’a défini la Préfecture, c’est de détruire tout gîte larvaire pour venir à bout du moustique incriminé. À côté de la zone d’opération, le groupe scolaire Victor-Hugo attend patiemment la rentrée de ses élèves. Selon un personnel communal qui y travaille, "la démoustication a été effectuée sur le site". Mais il semblait opportun de traiter les alentours de l’école pour assurer la sécurité sanitaire du site scolaire. Les militaires ont ainsi pulvérisé l’insecticide aux alentours de l’école, où demeure de l’eau stagnante, propice à la ponte des moustiques.
Pour un traitement prophylactique permanent
Plus loin, à la mairie annexe de Deux-Rives, la conversation tourne autour de la présence militaire. "Zot i fé la gèr kont bann moustik, nou nora la pé", blague l’un d’entre eux. Ce qui est vrai, d’ailleurs. Georget Lebreton (40 ans), comme sa fille de 15 ans, est victime du virus depuis 22 jours. Si un jour ça va, un autre est beaucoup plus douloureux et l’oblige à rester au lit, avec de la fièvre, des douleurs insoutenables. "Lindi, moin la rèss inn journé o li", explique-t-il. Et de poursuivre : "sat bann militèr la po fé, lé bien po la popilasion ; I rann anou serviss. Mi koné pa konbien’n foi zot va venir, mé si i kontinié, moustik va alé. Sra pa in mal". Il note par ailleurs l’implication du maire et conseiller général de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel. "Lo mèr lé touzour si térin, li okip son popilasion, na rien à dire", explique-t-il.
Il faut dire que toute l’équipe municipale est impliquée dans la lutte prophylactique. Mais la population n’est pas dupe. Elle voit aussi les erreurs du passé, où l’on abandonnait le traitement prophylactique. "Avant, deux jours par mois, on traitait les ravines, les abords de rivières ; les sources étaient traitées. Depuis une dizaine d’années, les agents responsables de ce service sont absents du terrain. S’ils avaient continué, le problème aurait été éliminé depuis le départ", reconnaît Antoine Chamand, adjoint au maire, responsable du secteur de Deux-Rives. Pour Michel, un habitant du quartier, même s’il se félicite de l’intervention des militaires, cette situation sanitaire est déplorable. "Kan moin té zèn, navé moustik, mé té tié pa demoun, té tonm pi malad èk sa. Lavé touzour in lékip po nétoiy bann ravine, dann shemin partou. Navé lo sistèm prophylaxie. Té bien. Akoz l’arèt sa ? I falé pa tiré, sa té rann serviss demoun", déplore-t-il. Il espère que les responsables politiques agiront dans ce sens.
Bbj
Calendrier de l’intervention et dispositif pour les absents
Le 31 janvier, les militaires ont effectué une journée de reconnaissance, à partir du Camp des évis. Les 1 et 2 février, ils interviennent sur le secteur de Deux-Rives, comprenant les quartiers Espérance, Chane-Kane et Bras Pistolet, qui dépendent tous de la mairie annexe de Deux-Rives. "Les absents peuvent appeler les services municipaux, s’ils le souhaitent, pour que le traitement de leur cour se fasse", recommande Antoine Chamand.
Reste que ceux qui veulent éloigner les moustiques incriminés peuvent s’en prémunir, en se dotant de ventilateurs, de diffuseurs électriques, de serpentins, de sprays ou de crèmes, en portant des vêtements longs, ou en dormant sous une moustiquaire. Par ailleurs, pour éviter la propagation des moustiques, la DRASS recommande de recouvrir les fûts et les citernes, de vider les pots de fleurs, bref, de ne pas laisser l’eau stagner, car c’est dans l’eau stagnante que les moustiques pondent. Éliminez donc tous les lieux de ponte.
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