Manque d’anticipation et mauvaise gestion

CHU Réunion : derrière les pannes et le manque de moyens, la dégradation du service public de santé, alerte la CGTR

22 septembre

Hélistation hors service, ascenseurs en panne, urgences saturées, lits fermés et personnels épuisés : pour la CGTR du CHU Réunion, la succession de ces difficultés révèle une crise beaucoup plus profonde. Le syndicat dénonce une politique qui consiste à réparer dans l’urgence au lieu d’anticiper et d’investir durablement dans le principal établissement hospitalier de La Réunion.

Le CHU Réunion est présenté comme le « fleuron et symbole du système de soins de l’Océan Indien ». Mais pour la CGTR, cette image est aujourd’hui confrontée à une réalité beaucoup moins reluisante. « Est-ce un colosse au pied d’argile ? », interroge le syndicat après les révélations concernant l’hélistation du CHU Sud et la saturation des urgences.

La CGTR refuse d’y voir une série d’incidents indépendants les uns des autres. Ces difficultés « ne sont pas malheureusement des incidents isolés mais traduisent un mal voire des maux profonds du CHU Réunion ». Selon le syndicat, la direction privilégie les solutions provisoires : « au lieu de traiter les véritables causes, la direction s’obstine à faire “pansement sur pansement” ».

Quand l’entretien devient une urgence

L’hélistation du CHU Sud constitue l’un des symboles de cette situation. Hors service, elle oblige l’hélicoptère du SMUR à se poser au stade de Terre-Sainte ou au RSMA. Pour la CGTR, cette situation est notamment liée à un défaut d’entretien et à une maintenance insuffisante.

« L’anticipation doit être le maître mot », affirme le syndicat. Il demande une véritable politique de maintenance et de renouvellement des équipements, ainsi qu’une gestion plus rigoureuse des marchés passés avec les prestataires et du règlement des factures.

Le problème ne s’arrête pas à l’hélistation. Au CHU Sud, les ascenseurs « vieillissants » connaissent eux aussi des pannes fréquentes. Pour les personnels qui transportent des patients, ces dysfonctionnements peuvent devenir un problème de sécurité. Pour la CGTR, « le personnel en subit bien malgré lui les conséquences délétères de ce système caduc ».

Les urgences sous pression

Dans les services d’urgences, la situation est encore plus tendue. La consigne appelant les patients à composer le 15 avant de se rendre aux urgences n’a pas réglé le problème. La CGTR fait état d’une forte augmentation de l’activité, dans un contexte marqué par la grippe et la gastro-entérite, avec un nombre quotidien de passages qui aurait doublé aux urgences des CHU Sud et Nord.

Cette pression retombe directement sur les soignants. Certains personnels paramédicaux dépasseraient déjà « plus de 200 HEURES » supplémentaires. Dans le même temps, la fermeture de lits complique l’hospitalisation des patients qui en ont besoin.

Le paradoxe est brutal : alors que les besoins de soins augmentent, les capacités hospitalières et les conditions de travail se dégradent. Le personnel continue pourtant d’assurer sa mission. La CGTR lui rend hommage, saluant « l’ensemble du personnel médical et paramédical » qui reste mobilisé « pour apporter des soins de qualités à la population réunionnaise ».

Derrière les pannes d’une hélistation ou d’un ascenseur, c’est donc une question essentielle qui est posée : combien de temps un service public hospitalier peut-il fonctionner sur la mobilisation permanente de ses personnels, lorsque l’entretien, les équipements, les lits et les moyens ne suivent plus ?

M.M.

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Témoignages - 82e année


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