APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Couverture maladie universelle (CMU)
17 juin 2004

Dans une motion remise hier au préfet, le Conseil général à l’unanimité demande au gouvernement de relever de 5% le plafond de la couverture maladie universelle (CMU) afin de permettre à 20.000 Réunionnais socialement défavorisés d’en bénéficier.
Hier, une délégation d’élus du Conseil général, toutes tendances politiques confondues, et d’associations du troisième âge et de personnes handicapées (l’Alliance a été représentée par Maurice Gironcel, maire et conseiller général de Sainte-Suzanne) a remis au préfet une motion demandant le relèvement de 5% du plafond de la CMU. Environ 20.000 Réunionnais socialement défavorisés sont actuellement exclus de ce système d’aide d’accès aux soins médicaux.
"C’est souvent parce qu’elles dépassent le plafond d’une centaine d’euros que ces personnes, dans la plupart des cas des personnes âgées ou handicapées, ne bénéficient pas de la CMU complémentaire" notait Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, lors de la rencontre de la délégation avec le préfet Gonthier Friederici.
C’est en effet sur des critères de revenus qu’est basée l’ouverture des droits à la CMU. Toutes les ressources perçues par l’assuré social (revenu du travail, RMI, toutes les allocations - familiales, logement, adulte handicapés, etc.) sont prises en considération. "On arrive ainsi à une situation où l’addition du minimum vieillesse et de l’allocation logement va dépasser d’une centaine d’euros le plafond, excluant ainsi l’assuré social" soulignait la présidente du Conseil général.
Nassimah Dindar rappelait également que le gouvernement allait prochainement décider d’un relèvement du plafond, "mais la mesure s’adresse plus aux jeunes et aux familles venant d’avoir un enfant et ne réglera donc en rien le problème posé à La Réunion. Chez nous, ce sont essentiellement des personnes âgées, n’ayant que peu cotisées à la sécurité sociale, ou handicapées qui sont exclues du système".
C’est pour remédier à cette situation gravement pénalisante pour les plus démunis, que les élus du Conseil général ont adopté à l’unanimité une motion dans laquelle ils demandent à l’État un relèvement de 5% du plafond de la CMU complémentaire. "Cela permettrait à 18.000 personnes de bénéficier du système" commentait Nassimah Dindar.
Les élus et les associations souhaitent que "cette mesure de justice sociale soit adoptée dans les meilleurs délais". Cela d’autant plus que "les médicaments sont 30% plus chers qu’en métropole et les consultations 15% plus élevées". Ils notent aussi que l’adhésion à une mutuelle privée est "une solution inadaptée et injuste" pour ces 20.000 personnes. "D’une part parce qu’avec un minimum de 50 euros de cotisation par mois, elles sont d’un coût élevé. D’autre part, parce qu’elles ne dispensent pas automatiquement de l’avance de frais chez les médecins ou les pharmaciens".
Le préfet s’est dit sensible au problème et s’est engagé à relayer la revendication auprès du gouvernement.
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