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Un médicament déjà existant et peu cher
29 mai 2021

La colchicine pourrait être envisagée comme traitement chez les patients non-hospitalisés avec un diagnostic confirmé de COVID-19 par test PCR et à risque de complications. C’est ce qu’indiquent Les résultats de l’étude COLCORONA publiés dans « The Lancet Respiratory Medicine ». La colchicine est un médicament anti-inflammatoire peu dispendieux et déjà accessible.
L’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) annonce que les résultats de l’étude COLCORONA sont publiés dans « The Lancet Respiratory Medicine ». L’article intitulé « Colchicine pour les patients non-hospitalisés avec la COVID-19 (COLCORONA) : un essai multicentrique de phase 3, randomisé, en double aveugle, adaptatif et contrôlé par placebo », conclut que, compte tenu de l’absence de thérapies administrées par voie orale pour prévenir les complications de la COVID-19 chez les patients non-hospitalisés et du bénéfice de la colchicine observé chez les patients avec un diagnostic confirmé de COVID-19 par test PCR, cet anti-inflammatoire pourrait être envisagé comme traitement chez les personnes à risque de complications.
« Dans le contexte actuel de la pandémie, en attendant l’immunité collective par la vaccination à l’échelle mondiale, il persiste un besoin de traitements pour prévenir les complications de la COVID-19 chez les patients qui contractent la maladie », a déclaré le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherche de l’ICM, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur principal de COLCORONA. « Notre étude a démontré que la colchicine pourrait s’ajouter à l’arsenal des thérapies disponibles pour réduire le risque de complications chez certains patients atteints de la COVID-19. »
La colchicine est un médicament anti-inflammatoire peu dispendieux et déjà accessible. Administrée oralement, elle est présentement indiquée pour le traitement de la goutte, la fièvre méditerranéenne familiale et la péricardite. L’étude COLCORONA a évalué le potentiel de la colchicine pour réduire le risque de complications liées à la COVID-19 chez les patients non-hospitalisés de plus de 40 ans présentant au moins un facteur de risque d’aggravation de la maladie.
Le critère principal d’efficacité de l’étude était la combinaison de décès ou d’hospitalisation chez les patients atteints de la COVID-19. Sur un total de 4 488 patients recrutés, y compris ceux sans diagnostic confirmé par test PCR, le critère d’évaluation principal est survenu chez 4,7 % des patients dans le groupe colchicine et chez 5,8 % de ceux dans le groupe placébo, un résultat non statistiquement significatif. Pour les 4 159 patients avec un diagnostic confirmé de COVID-19 par test PCR, le critère d’évaluation principal est survenu chez 4,6 % des patients dans le groupe colchicine et chez 6,0 % de ceux dans le groupe placébo, un résultat statistiquement significatif. Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez 4,9 % des patients dans le groupe colchicine et chez 6,3 % de ceux dans le groupe placebo. Nonobstant ces résultats, la réplication d’études comme celle-ci sur des patients non-hospitalisés avec un diagnostic de COVID-19 confirmé par test PCR est recommandée. L’ensemble des résultats de l’étude sont disponibles ici : https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(21)00222-8/fulltext.
« L’étude COLCORONA élargit nos connaissances sur le rôle que peut avoir le repositionnement de médicaments oraux, abordables et largement disponibles, tels que la colchicine, pour traiter les personnes précocement afin de prévenir les complications graves liées à la COVID-19 et peut aider les praticiens et leurs patients à prendre des décisions de traitement éclairées », a déclaré le Dr Yves Rosenberg, chef de la direction du département d’athérothrombose et de maladie coronarienne au National Heart, Lung, and Blood Institute, qui fait partie des National Institutes of Health des États-Unis.
COLCORONA a été coordonnée par le Centre de Coordination des Essais Cliniques de Montréal (MHICC) de l’ICM, financée par le gouvernement du Québec, le National Heart, Lung, and Blood Institute des National Institutes of Health (NIH) américains, la philanthrope montréalaise Sophie Desmarais ainsi que le COVID-19 Therapeutics Accelerator, une initiative lancée par la Bill & Melinda Gates Foundation, Wellcome et Mastercard. Les sociétés CGI, Dacima et Pharmascience de Montréal étaient également collaboratrices de l’étude.
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