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Assurance maladie : le ministre dévoilerait ses plans ce soir
17 mai 2004

Ce soir, à 23 heures sur Télé-Réunion, le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, est l’invité de l’émission “100 Minutes pour convaincre”. Il devrait faire part des grandes pistes de sa réforme de l’assurance maladie. Dont l’idée de « trois consultations de prévention ». Quelle ironie, quand on sait que les consultations menées avec les partenaires et usagers n’ont même pas été préventives, mais stériles, puisque leur contenu non pris en compte...
La semaine qui s’annonce va être très sociale : mouvements nationaux de protestation contre le transfert des TOS (voir en page 5) , mobilisation à la SNCF au sujet des salaires, grève mercredi lors de la présentation du projet de loi sur le changement de statut de EDF/GDF en Conseil des ministres, grève à Air France à l’appel de trois syndicats... Sans oublier l’actualité parlementaire : vote sur le projet de loi sur l’autonomie financière des collectivités locales (voir en page 4) , et examen du projet de loi sur les assistantes maternelles.
Mais le premier sujet sera abordé ce soir, lors de l’émission “100 Minutes pour convaincre”, dont l’invité est le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Philippe Douste-Blazy. Celui-ci devrait dévoiler les grandes pistes de sa réforme.
Ce qui est pour le moins curieux : en effet, tout en se targuant d’ouvrir des négociations et de travailler dans la concertation, le ministre n’attend même pas la fin de ces “audiences” pour dévoiler son programme...
Il n’est d’ailleurs pas le seul à agir de la sorte, puisque le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a annoncé, dans un entretien accordé au “Journal du Dimanche” : "Il y aura une responsabilité partagée entre les patients, les contribuables, les professionnels de santé, les entreprises...".
Autre élément avancé par le Premier ministre : tous les Français pourront bénéficier d’une "consultation générale de prévention" remboursée par l’assurance maladie. Cette consultation médicale aurait lieu "trois fois au cours de la vie : à la fin de l’adolescence, autour de 40 ans et au moment de la retraite", poursuivait le Premier ministre. Lequel revenait à son idée : "tout le monde participe". En clair, les patients devront verser une "contribution modique" par feuille de soin, dont les enfants et les familles modestes pourraient être épargnés.
Et dans la foulée, le Premier ministre de confirmer que le texte du gouvernement sera adressé au Conseil d’État "autour du 20 mai". Autrement vers jeudi. C’est donc que tout est bouclé.
On peut bien se demander ce que le ministre de la Santé tiendra comme discours aux syndicats qu’il va recevoir demain (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC), ainsi qu’à la Mutualité française, et le lendemain mercredi, à la CFTC, à l’UNSA, aux représentants patronaux (MEDEF, UPA, CGPME). Puis vendredi, aux syndicats de médecins.
Quel sera le sort réservés aux propositions formulées par tous, sur les trois volets de la réforme : la gouvernance, l’organisation du système de soins et le financement ? Comment peut-on nous faire croire que leurs propositions vont être prises en compte, alors que le document gouvernemental sera déjà rédigé et en passe d’être envoyé au Conseil d’État ? Et dire que le “vrai” débat se fera au Parlement, vraisemblablement en juillet, c’est d’un cynisme effarant. Le dossier devrait être débattu lors d’une prolongation de la cession ; au moment des vacances. Donc de faible mobilisation. Et c’est bien sur cela que compte le gouvernement pour faire passer son texte en force.
Tout comme on peut se demander ce que vont devenir les propositions faites par les partis politiques, travaillant avec la Commission parlementaire qui devrait remettre son rapport "cette semaine". Avec un 20 mai, milieu de semaine, jour férié, cela ne laisse que peu de temps pour que le gouvernement ait le temps de l’analyser, et d’intégrer les remarques et solutions.
Le choix n’est pas fortuit. La stratégie est mûrement réfléchie. Et cette précipitation n’a qu’un but : faire tout passer en force, pour cause de mauvais coups à nouveau portés.
Dominique Besson
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