La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Alors que seulement 19 nouveaux cas avaient été enregistrés de mars à juillet
20 août 2020, par

Comme La Réunion, la Polynésie est confrontée à la première vague de contamination liée au coronavirus. Comme dans notre île, c’est la décision d’ouvrir l’aéroport tout en supprimant la quarantaine qui est responsable de cette catastrophe sanitaire : 19 cas entre mars et juillet, 170 cas depuis le 15 juillet.
Depuis le 15 juillet, date de réouverture des vols internationaux, la Polynésie a officiellement comptabilisé 170 cas de Covid-19 au 20 août. Le même jour, 15 nouveaux cas avaient été enregistrés. Cette annonce traduit donc une brusque aggravation dans un pays qui avait été préservé de la pandémie. Tout comme La Réunion, la Polynésie connaît sa première vague de COVID-19, et les raisons sont les mêmes que pour notre pays.
Dans un article paru le 13 août dernier, « Le Monde » rappelait : « Une soixantaine de cas de Covid-19 seulement entre mars et juillet : pour les plus optimistes, cette exception polynésienne était liée au climat ou à des facteurs génétiques. Mais les raisons objectives de ces chiffres faibles résident dans l’arrêt des liaisons aériennes et un confinement précoce, complété, par la suite, par un couvre-feu. Tous ces dispositifs ont progressivement été allégés et la Polynésie a laissé revenir ses premiers touristes le 15 juillet, supprimant la quarantaine imposée jusqu’à cette date, pour permettre aux visiteurs de profiter de Tahiti, Bora-Bora ou des atolls des Tuamotu. Il fallait sauver les hôtels et les quelque 15 000 emplois qui dépendent du tourisme, premier secteur économique local. »
« Les passagers doivent bien sûr présenter un test négatif au Covid-19 avant d’embarquer, réaliser un autoprélèvement quatre jours après leur arrivée et s’engager à respecter les gestes barrières. Mais une fois sur place, touristes, Polynésiens et nouveaux arrivants se sont parfois regroupés lors de soirées festives, sans respecter les gestes barrières et le port du masque. »
En Polynésie, il est clair pour tout le monde que l’arrivée de la première vague de contamination est le résultat de la décision d’ouvrir l’aéroport tout en supprimant la quarantaine. C’est un choix fait par les autorités polynésiennes en concertation avec les représentants de l’État. Elle découle de la volonté de relancer le tourisme et aussi de permettre aux fonctionnaires nommés dans ce territoire de pouvoir s’y rendre sans être contraint de passer deux semaines de quarantaine dans un centre dédié.
Les conséquences sont dramatiques, mais les compétences de ce territoire autonome permettent de fermer à nouveau la porte d’entrée du virus en Polynésie. Mais les intérêts économiques et politiques ne risquent-ils pas encore de passer avant la protection sanitaire due par les autorités à la population ?
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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