La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Manque de tests face à l’arrivée quotidienne de plus de 1000 cas importés potentiels
21 août 2020, par

La Réunion manque de capacité pour tester tous les passagers arrivant dans l’île alors qu’ils proviennent d’un pays touché par une seconde vague de contamination au coronavirus. Maintenant que les décisions de l’État ont abouti à la circulation autochtone du virus, il incombe de mettre tous les moyens disponibles dans la recherche de nouveaux cas dans la population réunionnaise. En attendant que l’État et la Région achètent des automates de test pour augmenter la capacité de traitement, la France doit accompagner les décisions des élus réunionnais qui prennent des mesures pour protéger leurs concitoyens. Cela suppose de ne plus laisser de nouveaux entrants se mêler à la population sans être sûrs qu’ils ne sont pas contagieux. Si tous les moyens de tests sont affectés à la lutte contre les « clusters », alors le trafic aérien doit être limité aux capacités de quarantaine de La Réunion, car le protocole sans quarantaine n’a eu pour résultat que d’installer la COVID-19 dans notre île.
L’arrivée continue et massive de France de cas importés non détectés et le manque de moyens pour tester tous les voyageurs en provenance de ce pays ont eu raison de 5 mois de résistance des Réunionnais face au coronavirus. Désormais l’aéroport n’est plus la seule source de contamination car au bout de 5 mois, ce sont désormais les cas autochtones qui sont majoritaires parmi les nouveaux malades.
L’État refuse de reconnaître sa responsabilité dans la crise sanitaire importée de France, et fait circuler un message selon lequel ce sont les Réunionnais qui sont négligents, et de fait responsables de la brutale aggravation observée depuis l’arrivée quotidienne de 1400 personnes par jour en moyenne dans notre île, sans quarantaine ni test obligatoire à La Réunion.
Dans le « Quotidien » de mercredi, le directeur de la chaîne de laboratoire Cerballiance expliquait que les moyens techniques à La Réunion ne permettent pas de tester plus de 1800 personnes par jour. Or, si le protocole sanitaire appliqué aux nouveaux arrivants était appliqué en matière de test des nouveaux entrants 7 jours après leur arrivée, ce sont 1400 personnes par jour qui devrait avoir droit à un test. Ne resterait alors que 400 tests pour contrer le développement de foyers de contamination à La Réunion. Chaque jour ou presque, au moins un de ces « clusters » est découvert.
Par conséquent, le choix effectué a été de limiter le nombre de test des passagers en provenance de France. Résultat : ce sont près de 1000 personnes susceptibles de transmettre le virus qui ne sont pas testées chaque jour, ce qui explique pourquoi La Réunion connaît aujourd’hui sa première vague de contamination.
Désormais, tous les efforts doivent converger pour éradiquer le coronavirus de notre pays. Les maires de l’Ouest ont déjà pris un arrêté rendant obligatoire le port du masque sur tout le territoire des communes du Territoire de la côte Ouest (TCO). Dans d’autres communes, des mesures analogues se préparent. Mais elles ne pourront être efficaces qu’à condition que cesse l’arrivée de cas importés transportés par vols réguliers depuis les aéroports parisiens. La gestion de ces passagers impose des moyens en termes de test, et il est avéré que le protocole sanitaire recommandant un test à J+7 ne peut être appliqué.
De plus, il est clairement démontré que le test préalable à l’embarquement pour La Réunion n’est pas une garantie suffisante. Nombre de passagers ayant obtenu un résultat négatif en France sont en réalité porteur du virus quand ils arrivent dans notre île, c’est ce que montrent les résultats des tests réalisés sur ces mêmes passagers sept jours après leur arrivée à La Réunion
Dans l’attente que la Région Réunion ou l’État ne débloque des fonds pour équiper La Réunion en automates de test afin d’augmenter significativement la capacité de notre île dans ce domaine, l’urgence doit être d’affecter tous les tests disponibles à la recherche de cas dans la population réunionnaise. Par conséquent, les passagers arrivant dans notre île ne pourront plus être testés à La Réunion, ce qui imposera alors leur mise en quarantaine de deux semaines, car le test préalable à l’embarquement n’est pas une garantie suffisante. Cela laisse alors deux possibilités :
- fermer l’aéroport au trafic passager à l’exception des vols de rapatriement
- limiter le nombre de passagers arrivant à La Réunion aux capacités des centres de quarantaine.
La France est désormais au pied du mur pour accompagner les décisions prises par les élus réunionnais contre la propagation du coronavirus dans leur pays.
M.M.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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