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Les vannes s’ouvrent pour ceux qui ont les moyens de partir en vacances à 10000 kilomètres du pays
19 juillet 2021, par

Un décret en date du 16 juillet modifie les conditions de voyage pour aller en France. Pour les personnes pouvant prouver un schéma vaccinal complet, soit 25 % de la population, le test de dépistage COVID-19 préalable à l’embarquement n’est plus obligatoire pour aller en France. Rappelons que ces personnes bénéficient déjà d’une exemption des motifs impérieux pour aller dans ce pays et peuvent donc partir en vacances à 10.000 kilomètres de La Réunion sans être inquiétées par les autorités. Dans l’autre sens, le test préalable à l’embarquement est maintenu pour les vaccinés. Cette protection n’a pas empêché la contamination de la population par l’importation des différentes souches de coronavirus mais reste la seule, sera-t-elle supprimée pour faciliter les retours de vacances en France et l’arrivée de nouveaux fonctionnaires à la rentrée ?
Le « Journal officiel » a publié un décret dont une des décisions est de changer les règles de circulation entre La Réunion et la France. Désormais, le test préalablement à l’embarquement n’est plus obligatoire. Voici l’extrait du décret du 16 juillet concernant notre pays :
« Toute personne souhaitant se déplacer entre La Réunion ou Mayotte et le reste du territoire national doit, si elle est âgée de douze ans ou plus, être munie d’un justificatif de son statut vaccinal délivré dans les conditions mentionnées au 2° de l’article 2-2. Par dérogation, un tel justificatif n’est pas requis pour les personnes mineures accompagnant une ou des personnes majeures qui en sont munies. Les déplacements des autres personnes n’en disposant pas ne sont autorisés que s’ils sont fondés sur un motif impérieux d’ordre personnel ou familial, un motif de santé relevant de l’urgence ou un motif professionnel ne pouvant être différé. Ces personnes doivent se munir des documents permettant de justifier du motif de leur déplacement et d’une déclaration sur l’honneur attestant :
« - qu’elles acceptent qu’un test ou examen de dépistage mentionné au 1° de l’article 2-2 puisse être réalisé à leur arrivée ;
« - qu’elles s’engagent à respecter un isolement prophylactique de sept jours après leur arrivée et à réaliser, au terme de cette période, un examen de dépistage mentionné au 1° de l’article 2-2.
« Doivent en outre être munies du résultat d’un examen de dépistage mentionné au 1° de l’article 2-2 réalisé moins de 72 heures avant le déplacement ou d’un test mentionné à ce même 1° réalisé moins de 48 heures avant le déplacement :
« - l’ensemble des personnes de douze ans ou plus souhaitant se déplacer à destination des collectivités mentionnées au premier alinéa du présent II et en provenance du reste du territoire national ;
« - les personnes de douze ans ou plus ne disposant pas d’un justificatif de leur statut vaccinal délivré dans les conditions mentionnées au 2° de l’article 2-2 et souhaitant se déplacer en provenance de ces collectivités et à destination du territoire métropolitain. »
Dans l’autre sens, le test préalable est maintenu. C’est donc la dernière barrière de protection de la population réunionnaise face à la menace d’importation de nouveaux variants. Il est surprenant qu’avec une épidémie ayant atteint un niveau sans précédent dans notre île, les autorités décident de faciliter la venue de voyageurs de La Réunion vers la France.
Cette décision n’est donc sans aucun rapport avec la situation sanitaire mais a des raisons politiques. Une classe sociale à La Réunion a les moyens de se payer des vacances en France et l’ancien président de Région a inventé une aide pour que cette classe sociale puisse voir une grande partie de son transport vers la France payé par la collectivité, et donc les impôts de ceux qui n’ont pas les moyens de voyager notamment.
Ces départs en vacances contribuent à soutenir l’économie française, puisque ces dizaines de milliers de Réunionnais vont dépenser leur argent à 10.000 kilomètres de La Réunion plutôt que dans notre île.
Reste à savoir si le test obligatoire préalablement à l’embarquement ne sera pas supprimé afin de faciliter les retours de vacances de la France vers La Réunion, ainsi que les inévitables mutations de fonctionnaires à la rentrée. Car tous ceux qui sont partis devront bien revenir.
Dans ce cas, la population sera alors totalement sans défense face à l’importation de nouveaux variants par les personnes vaccinées qui restent contagieuses et qui sont interdites de se mêler à la population sans passer par une quarantaine dans tous les pays voisins. Les Français vaccinés sont également astreints à une quarantaine à leur arrivée au Royaume-Uni. Ceci indique donc que les conditions d’une nouvelle épidémie à la rentrée vont de nouveau être réunies.
M.M.
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