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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Le risque de transmission de la COVID-19 serait-il nul à l’arrivée d’un vol en provenance de Paris ?
15 septembre 2020, par

Ce dimanche, sortie dans le désordre et embrassades ont ponctué l’arrivée des passagers en provenance de France sans que la police n’intervienne. Or, l’épidémie explose en France. 400 personnes sont concentrées pendant plus de 10 heures dans un avion. Le test obligatoire préalable à l’embarquement ne garantit pas l’absence du virus au moment du voyage, et il est même possible de présenter un faux résultat de test sans que la compagnie aérienne ne puisse vérifier. Toutes ces données montrent que ces arrivées de France ne sont pas exemptes de risque de transmission du coronavirus, mais elles ne donnent pas lieu aux mêmes contrôles que ceux visant les Réunionnais qui fréquentent les aires de pique-nique ou les transports en commun. Comment expliquer cette différence de traitement.
Ce samedi, environ 50.000 personnes ont manifesté à Mahébourg, ville de Maurice, pays situé à 200 kilomètres de La Réunion. Chez nos voisins, la vie sans le virus est une réalité, confirmée par l’organisation de grandes manifestations demandant le départ du gouvernement sans que ce dernier ne puisse brandir des interdictions de rassemblement pour cause de coronavirus.
A La Réunion, c’est le passage de la prévention à la répression contre les rassemblements de plus de 10 personnes et le non-respect du port du masque. En France, l’épidémie explose et la quarantaine imposée aux porteurs de la COVID-19 a été réduite à une semaine, ce qui entraînera forcément une hausse des contagions.
Malgré l’explosion de l’épidémie en France, les règles de voyage pour La Réunion depuis ce pays n’ont pas changé. Il suffit qu’un passager présente un résultat négatif à un test de dépistage pour embarquer. Plusieurs personnes ont déjà assuré qu’elles avaient présenté un faux à l’embarquement, la compagnie aérienne n’ayant aucun moyen de vérifier si le passager a véritablement effectué ce test. Aucun test obligatoire n’est prévu à l’arrivée, et quand il est effectué, il s’avère que 0,5 %, soit 50 passagers sur 10.000 sont testés positifs une semaine après leur arrivée, selon la dernière intervention de l’ARS à ce sujet en conférence de presse. Durant un voyage de plus de 10 heures de vol, 400 personnes enlèvent au même moment le masque pour prendre leur repas durant le vol. Puis elles prennent livraison de leurs bagages avant de sortir dans le désordre de l’aérogare. Il n’est pas rare que ces arrivées donnent lieu à des embrassades sans masque.
Durant ces phases de transmission potentielle, force est de constater que la police n’intervient pas pour réprimer ces faits, alors que des policiers patrouillent en permanence dans l’aérogare et ses environs.
Les centres commerciaux sont un autre sanctuaire préservé de ces contrôles stricts. En effet, comment expliquer que La Réunion soit classée en zone rouge et qu’il soit possible à ces centres d’accueillir jusqu’à plus de 1.000 personnes, avec un risque évident de multiplication des contacts dans ces marchés en lieu fermé.
Pendant ce temps, la même police resserre les contrôles auprès de la population. Ce dimanche, policiers et gendarmes, parfois même renforcés par le maire de la commune, étaient mobilisés sur les aires de pique-nique pour vérifier si les familles respectaient bien le port du masque, l’interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes et les mesures dites « barrière ». Ces contrôles ont lieu également dans les réseaux de bus, pour vérifier si tout le monde porte bien son masque. Enfin, les messages de prévention appelant au respect strict de ces mesures sous peine d’amende commencent à fleurir, même dans des lieux de pleine nature comme peuvent l’être les aires de pique nique.
Les comportements des Réunionnais au sein de leur cellule familiale sont également fustigés, y compris en direct dans les journaux télévisés. Des professionnels de santé du privé et de la haute fonction publique, ainsi que des élus affirment que les rassemblements familiaux posent problème.
Mais aucun n’intervient pour appeler à plus de contrôle dans les centres commerciaux ou à l’arrivée des vols en provenance de France. Pourtant, l’état de la recherche n’a pas encore montré que la fréquentation d’un aéroport ou d’un centre commercial permettait d’y bénéficier d’une immunité temporaire au coronavirus, ou alors que la COVID-19 ne se transmet pas dans un aéroport ou un centre commercial.
Par conséquent, il n’est pas étonnant que cette différence de traitement selon le lieu où l’on se trouve puisse choquer. Car pour qui prend-on les Réunionnais ?
M.M.
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