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Coronavirus à La Réunion : « Vacciné ou non vacciné, la lutte contre la diffusion du virus est l’affaire de tous »

Confirmation que plus une population est vaccinée, plus le coronavirus circule

samedi 30 octobre 2021, par Manuel Marchal


Tout comme en France, la situation sanitaire de La Réunion se dégrade au fur et à mesure de la progression de la campagne de vaccination. Ceci confirme le résultat d’une étude publiée le 30 septembre dans le très sérieux « European journal of epidemiology » : plus une population est vaccinée, plus le coronavirus circule. Les tests de dépistage gratuits pour tous doivent redevenir le principal outil de lutte contre la maladie et il est nécessaire de bien faire comprendre à l’opinion que la vaccination ne signifie par un retour à la normale car elle n’est pas une garantie d’immunité contre la maladie. Autrement dit, vacciné ou pas, rien ne change et les mesures visant à ralentir la circulation du virus doivent être scrupuleusement respectées par tous.


Jeudi, à l’approche du week-end prolongé de la Toussaint, la Préfecture de La Réunion a publié un communiqué au ton alarmiste. Voici un extrait :

« La Réunion connaît depuis cinq jours une augmentation du nombre de cas de Covid-19. Le taux d’incidence approche désormais du seuil d’alerte de 50 pour 100 000 habitants. Si la pression sur le système hospitalier est pour l’heure stable, notamment en service de réanimation, l’évolution laisse craindre à la Réunion une nouvelle augmentation du nombre de personnes hospitalisées d’ici la fin de la semaine prochaine, compte-tenu de l’insuffisante couverture vaccinale au sein des personnes âgées de + de 70 ans ou des personnes vulnérables.
À l’approche des fêtes de la Toussaint et à la veille d’un week-end prolongé, Jacques Billant, préfet de La Réunion rappelle les mesures nécessaires pour limiter la propagation. La stricte application des mesures barrières est absolument nécessaire la progression actuelle.
Au cours des 6 derniers jours, le nombre de nouveaux cas a doublé : il est passé de 205 la semaine dernière à 402. Les cas identifiés concernent tout autant le milieu professionnel que les regroupements familiaux et amicaux.
Dans ces circonstances, la nécessité de s’engager au plus vite dans le processus vaccinal ou, pour les personnes les plus vulnérables, de bénéficier de la dose de rappel, s’avère indispensable.
Vacciné ou non vacciné, la lutte contre la diffusion du virus est l’affaire de tous.
Si la situation sanitaire poursuit sa détérioration dans les jours à venir, de nouvelles mesures de restriction seront mises en œuvre au plus vite sur le territoire. »

Cas importés par des voyageurs vaccinés

En complément de ces informations, il est nécessaire de rappeler que le nombre de nouveaux cas est sans doute nettement plus important. En effet, depuis que les tests de dépistage COVID-19 ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale, leur nombre est en chute libre : -30 % d’une semaine à l’autre. Cette déclaration confirme le résultat d’une étude publiée le 30 septembre dans le très sérieux « European journal of epidemiology » : plus une population est vaccinée, plus le coronavirus circule.
Dans l’état actuel des connaissances, il s’avère que les vaccins utilisés à La Réunion n’empêchent pas l’infection ou la transmission de la COVID-19 à des personnes saines. C’est ce que rappellent d’ailleurs les cas importés découverts chez des voyageurs arrivant à La Réunion, et dont la plupart sont vaccinés pour éviter d’avoir à justifier d’un motif impérieux pour prendre l’avion et de se faire tester à l’arrivée dans notre pays. A Maurice, où seuls des voyageurs vaccinés sont admis après avoir justifié d’un test négatif avant d’embarquer, des cas importés sont également découverts.

A ce jour, l’efficacité de ces médicaments encore expérimentaux résulte dans la diminution du risque de contracter une forme grave de coronavirus, même si des personnes ayant bénéficié d’un schéma vaccinal complet meurent encore du coronavirus.

Cette efficacité n’est que provisoire, elle décroît en fonction du temps, ce qui oblige les autorités à inciter les vaccinés à se faire injecter une troisième dose au bout de 6 mois. L’étude publiée dans le « European journal of epidemiology » souligne d’ailleurs que « dans un rapport publié par le ministère de la Santé en Israël, l’efficacité de 2 doses du vaccin BNT162b2 (Pfizer-BioNTech) contre la prévention de l’infection au COVID-19 a été signalée à 39 %, nettement inférieure à l’essai qui affirmait une efficacité de 96 %. Il apparaît également que l’immunité dérivée du vaccin Pfizer-BioNTech peut ne pas être aussi forte que l’immunité acquise grâce à la récupération du virus COVID-19. Une baisse substantielle de l’immunité des vaccins à ARN messager 6 mois après l’immunisation a également été signalée » et que « même si les vaccinations offrent une protection aux individus contre les hospitalisations graves et les décès, le CDC (aux Etats-Unis – NDLR) a signalé respectivement une augmentation de 0,01 à 9 % et de 0 à 15,1 % (entre janvier et mai 2021) dans les taux d’hospitalisations et de décès, parmi les personnes complètement vaccinées ».

L’abonnement à renouveler tous les 6 mois auprès des vendeurs de ces médicaments n’est pas loin, reste à savoir combien de temps ces produits pourront procurer une immunité face à un virus qui ne cesse de muter.

Priorité à une grande campagne de tests financée par les pouvoirs publics

Cette situation souligne l’importance d’une autre stratégie. Des pistes sont données par l’étude parue dans le « European journal of epidemiology », notamment « l’importance d’une hygiène de base de santé publique en ce qui concerne le maintien d’une distance de sécurité ou le lavage des mains, la promotion de formes de tests plus fréquentes et moins chères ». Si l’État fait la promotion de l’hygiène de base, sa politique va à l’encontre de « formes de tests plus fréquentes et moins chères » puisque les tests ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale, contrairement aux vaccins.

L’urgence est donc de mettre en œuvre une politique de tests pris en charge par les cotisations des travailleurs à la Sécurité sociale. Elle doit en premier lieu concerner les personnes qui entrent à La Réunion avec quarantaine dans l’attente de la confirmation que le danger de contamination est écarté avec des contrôles stricts. C’est ce que Madagascar est capable de faire, avec des descentes dans les lieux d’hébergement pour vérifier que les voyageurs respectent bien la quarantaine, et des sanctions pour les contrevenants et l’établissement si la complicité est avérée. Il est en effet nécessaire de stopper à la racine les chaînes de contamination provoquées par des passagers se croyant faussement immunisés parce qu’ils sont vaccinés.
Seule une campagne de tests avec mise en quarantaine des personnes infectées et des cas contact pendant 14 jours, vaccinés ou pas, permettra d’avoir une idée plus précise des foyers de contamination et de prendre en charge médicalement systématiquement toutes les personnes atteintes.

Enfin, il est nécessaire de bien faire comprendre à l’opinion que la vaccination ne signifie par un retour à la normale car elle n’est pas une garantie d’immunité contre la maladie. Autrement dit, vacciné ou pas, rien ne change et les mesures visant à ralentir la circulation du virus doivent être scrupuleusement respectées par tous. Dans ce sens, le message de la Préfecture est encourageant : « Vacciné ou non vacciné, la lutte contre la diffusion du virus est l’affaire de tous ».

M.M.


A l’arrivée à Madagascar, tous les passagers sont testés, vaccinés ou pas. (photo Ministère du Tourisme de Madagascar)



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