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114 nouveaux cas confirmés en 3 jours dans les villes proches des sites de la multinationale
23 mai 2020, par

A Madagascar, pas moins de 76 nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés à Toamasina et à Moramanga pour les journées de mercredi et jeudi, et sur les 43 nouveaux cas confirmés hier, 38 étaient localisés à Toamasina. Cette tendance dure déjà depuis le début de la semaine, et indique que c’est à Toamasina et à Moramanga que se situe l’épicentre de l’épidémie à Madagascar. Or, ces deux villes accueillent la mine et l’usine d’Ambatovy, société nippo-canadienne employant près de 8000 personnes dont 800 expatriés. Dès le début de l’épidémie à Madagascar, les autorités avaient mis Ambatovy en quarantaine, mais certains employés avaient déjà fui. La porte-parole du centre de commandement opérationnel de la lutte contre la Covid-19 a évoqué « le lien entre l’existence des sites d’Ambatovy et la propagation rapide du coronavirus » tout en appelant à l’apaisement. Le syndicat FISEMA d’Ambatovy a en effet fait part de comportements hostiles de la population de Toamasina à l’égard de certains employés de la multinationale.
Comptant près de 8000 salariés dont 800 expatriés, Ambatovy est une joint-venture regroupant des investisseurs canadiens et japonais. Elle extrait des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et des milliers de nickel de la terre malgache chaque année qui permettront d’enrichir ces deux pays. Ambatovy se traduit par une mine près de Moramanga, et une usine à Toamasina. Depuis une semaine, le nombre de cas de COVID-19 augmente de manière significative à Madagascar, avec des cas provenant très majoritairement de Toamasina et de Moramanga. Les autorités ont implanté dans la cité portuaire un laboratoire mobile qui permet de multiplier le nombre de tests, d’où une idée plus précise de l’épidémie dans la région Ouest de Madagascar.
Des premiers cas de coronavirus avaient été confirmés chez des sous-traitants travaillant pour Ambatovy dès le 31 mars. Puis le gouvernement à ordonner la mise en quarantaine des sites d’Ambatovy depuis le mois d’avril. Mais cette mesure a-t-elle été scrupuleusement respectée ?
Rappelons que sur les deux décès confirmés à Madagascar, les deux ont eu lieu à Toamasina, et l’un d’entre eux concernait un expatrié philippin employé à Ambatovy.
Dans son édition du jour, l’Express rappelle que « dans sa réaction immédiate face à cette hausse exponentielle des contaminations, le coordinateur général du centre de commandement opérationnel de la lutte contre la Covid-19, le général Elack, parle sans équivoque d’une « situation délicate obligeant la ville de Toamasina et toute la région Atsinanana à se préparer au pire ».
A Moramanga, localité dans la région Alaotra-Mangoro qui vient d’être qualifiée de zone rouge en raison du coronavirus, les résultats des prélèvements analysés mercredi rapportent la découverte de dix cas positifs. Dans cette ville comme à Toamasina, la porte-parole du centre de commandement opérationnel de la lutte contre la covid-19, la Pr Hanta Marie Danielle Vololontiana a évoqué « le lien entre l’existence des sites d’Ambatovy et la propagation rapide du coronavirus ».
« Une intervention des forces de l’ordre est prévue pour évacuer les collaborateurs, nationaux ou étrangers, bloqués au niveau des sites d’Ambatovy » alerte le général Elack. Jusqu’à hier, des individus partis des sites de cette société extractive sont en déplacement vers le sud-ouest du pays. Des fuites de personnes ont déjà eu lieu dès l’annonce de la mise en quarantaine des employés de cette société au niveau même des sites où ils travaillent. « Une hausse de la contamination est certes remarquée mais l’apaisement est nécessaire pour tous dans l’observation des mesures imposées à l’instar du port obligatoire du masque partout », tempère la Pr Hanta Marie Danielle Vololontiana ».
Selon les autorités, Madagascar comptait 448 cas de COVID-19 depuis l’identification des premiers cas importés de France. 135 guérisons sont confirmées, 2 décès à déplorer à Toamasina. 311 personnes sont en traitement, dont 2 atteintes par une forme grave du COVID-19.
M.M.
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