Santé

Coronavirus à Madagascar : contenir l’épidémie à Moramanga

4 nouveaux cas confirmés hier, visite du Premier ministre à Moramanga

Manuel Marchal / 20 mai 2020

Hier, Christian Ntsay, Premier ministre de Madagascar, était à Moramanga où des nouveaux cas ont été observés ces derniers jours. L’objectif était de faire prendre conscience à tous de la nécessité du respect des mesures de protection contre la propagation du COVID-19 afin d’éviter que la situation ne devienne aussi inquiétante qu’à Toamasina. Dans la région de Moramanga, plusieurs cas ont été confirmés parmi des employés de la société minière Ambatovy, et un des salariés est décédé avant-hier à Toamasina avant d’avoir pu être transporté du centre médical d’Ambatovy à l’hôpital de Toamasina. L’interdiction d’entrer et de sortir des régions confinées, dont celle de Moramanga, fera l’objet d’une surveillance renforcée après la découverte de plusieurs failles.

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Le Centre de commandement opérationnel COVID-19 de Madagascar a annoncé hier 4 nouveaux cas confirmés de coronavirus ce 19 mai, pour un total de 326 depuis l’importation du virus depuis la France. 2 ont été localisés à Antananarivo et 2 à Toamasina, ville la plus touchée. 119 guérisons sont enregistrées au total, et 207 patients sont en cours de traitement.
Les autorités ont confirmé le décès d’un employé de la société Ambatovy implantée à Moramanga et à Toamasina. Tout comme le premier décès lié au coronavirus dans le pays, le second est survenu également à Toamasina.

Hier, Christian Ntsay, Premier ministre, s’est rendu à Moramanga afin de dynamiser la lutte contre l’épidémie en insistant sur le strict respect des règles sanitaires. Rappelons qu’en plus des masques dont le port est obligatoire, les Malgaches peuvent compter sur un remède préventif et curatif mis au point par l’Institut malgache de recherches appliquées : le Covid-Organics ou CVO.
Moramanga se situe sur la route entre Toamasina, zone la plus touchée par le COVID-19, et la capitale. Elle est une étape importante de cet itinéraire stratégique et voit donc passer dans sa rue principale un important trafic.

« Le chef du gouvernement souligne ainsi, qu’« avec un nombre croissant de cas positifs », la région Alaotra Mangoro, particulièrement le district de Moramanga figure parmi les zones rouges de l’épidémie », précise l’Express, qui ajoute que « le principal objectif est de contenir la propagation du virus, d’éviter que le compteur des contaminations ne s’affole dans l’Alaotra Mangoro, surtout Moramanga, comme c’est en train d’être le cas à Toamasina, qui est géographiquement la porte à côté ».
« Le district de Moramanga, par ailleurs, abrite le site d’exploitation minière du projet Ambatovy qui compte des cas positifs dans les rangs de ses employés. À entendre les prises de parole d’hier, Moramanga serait une des failles de l’application de l’interdiction de sortie ou d’entrée dans les régions en confinement, durant cette période d’état d’urgence sanitaire ».

L’autre faille est la poursuite de déplacements pour entrer et sortir des régions confinées dont fait partie depuis ce week-end celle de Moramanga.
« Durant les échanges avec les autorités locales, la faille chez les éléments chargés d’appliquer les mesures sanitaires sur les routes nationales entre les régions en confinement a été soulevée. Le fait qu’une famille venant de Toamasina se soit retrouvée à Antsirabe, ou encore, qu’une personne ait pu rouler de Toamasina jusqu’à Manjakandriana ont été pris en exemple », rappelle « l’Express ».
Le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’État à la Gendarmerie nationale, a assuré que les contrevenants seront sanctionnés, avec des poursuites devant les tribunaux en cas d’actes de corruption.

Rappelons que Moramanga occupe une place particulière à Madagascar. C’est dans cette ville qu’a démarré la révolte de 1947 par la prise d’assaut du camp de l’armée française. Ce camp est devenu l’école de formation des gendarmes et abrite le Musée de la Gendarmerie nationale, important musée sur l’histoire de Madagascar. Ce musée comprend notamment dans ses collections la voiture dans laquelle Richard Ratsimandrava, président de la République de Madagascar, succomba à un attentat dont les coupables ne furent jamais retrouvés.

M.M.