Santé

Coronavirus à Madagascar : des milliers d’employés d’Ambatovy recherchés

Une quarantaine mal respectée lourde de conséquences pour un pays de plus de 25 millions d’habitants ?

Manuel Marchal / 30 mai 2020

A Madagascar, les données officielles indiquent que la majorité des 698 cas recensés depuis l’importation du virus, ainsi que les 5 décès à déplorer, se situent à Toamasina, principale ville portuaire du pays. Les autorités sont à la recherche d’au moins 3500 personnes qui ont fui la quarantaine qui était imposée aux 8.000 employés de la société minière d’Ambatovy. Cette quarantaine mal respectée peut avoir joué un rôle important dans le développement de l’épidémie à Toamasina et sa région. Ambatovy organise le départ de la plupart de ces expatriés.

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Trois décès liés au coronavirus ont été annoncés hier par les autorités malgaches. Ces trois patients souffraient de diabète. Leur disparition porte à cinq le nombre de victimes du COVID-19 dans la Grande île depuis la découverte des premiers cas importés de France. Ces cinq décès sont localisés à Toamasina, plus important port du pays. Ce 29 mai, 42 nouveaux cas de COVID-19 ont été confirmés, dont 40 à Toamasina. Un total de 698 cas est confirmé depuis l’apparition du virus à Madagascar. La majorité des cas se situe à Toamasina. 529 patients sont actuellement en traitement, dont 9 atteints d’une forme grave de COVID-19.

Failles dans le confinement

Les efforts se concentrent donc dans cette région de l’Est de Madagascar. Afin de circonscrire l’épidémie, plusieurs régions sont en quarantaine. Il est ainsi interdit d’entrer et de sortir des régions où se situent les villes d’Antananarivo, de Toamasina, de Moramanga et de Fianarantsoa. Seuls les transports de marchandise sont autorisés. Mais des failles dans le dispositif ont permis à des personnes de franchir les barrages, plusieurs d’entre elles ont été arrêtées.
L’actualité de ces derniers jours a été marquée par le départ d’un premier contingent d’expatriés travaillant pour Ambatovy. La mine et l’usine de ce conglomérat canado-japonais emploient plus de 8.000 personnes dont 10 % d’expatriés. La production est à l’arrêt en raison de la quarantaine imposée depuis la mi-avril par le gouvernement aux employés de cette société.

3500 salariés d’Ambatovy ont fui dans d’autres régions

Mais la multiplication des cas à Toamasina et à Moramanga, villes proches des sites d’Ambatovy, et le décès d’un employé de cette société font craindre qu’une quarantaine mal respectée ait pu contribuer à faire de Toamasina l’épicentre de l’épidémie de coronavirus à Madagascar.
Ainsi, lors de la visite du président de Madagascar à Toamasina cette semaine, le général Richard Ravalomanana, Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie, « a haussé le ton contre l’indiscipline de la population », indique notre confrère « Midi Madagascar » :
« Il a notamment cité le cas des employés et de la population d’Ambatovy qui ont quitté le site malgré la décision de leur mise en quarantaine annoncée par les responsables étatiques. Selon ses dires, 3 500 personnes ont quitté Ambatovy pour se rendre dans d’autres régions. Dans le cadre de la mission consistant à retrouver tous ceux qui étaient en contact avec les personnes contaminées par le Coronavirus, les forces de l’ordre étaient obligées d’élargir leur champ de recherche pour retrouver leurs traces, a-t-il fait savoir. Par ailleurs, à entendre les explications du SEG, à Moramanga, 1 125 personnes seraient aussi dans la nature ».

M.M.