Santé

Coronavirus à Madagascar : un tiers des familles a baissé ses achats de nourriture

Conséquence de l’absence d’une Sécurité sociale

Témoignages.re / 15 juillet 2020

Quand le gouvernement comme celui de la France veut remettre en cause la Sécurité sociale, il est important de mesure quelles peuvent en être les conséquences. A Madagascar où la Sécurité sociale n’existe pas, nombreux sont les travailleurs a avoir subi d’importantes pertes de revenu à cause du confinement. Une étude de l’INSAT évalue à un tiers la proportion des familles qui ont réduit leurs achats de nourriture, la principale stratégie pour faire face à la crise écrit notre confrère « Madagascar Tribune » dans un résumé de l’étude :

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« La pandémie du Covid-19 et les mesures prises visant à contenir sa propagation ont eu des impacts sur le quotidien des ménages malgaches. Une enquête conduite par l’Institut national de la statistique (INSTAT) , appuyée par la Banque mondiale, mesure ses impacts sur les conditions de vie des ménages depuis le début de l’épidémie dans le pays.

Cette enquête réalisée en juin sur 1 240 ménages répartis dans tout le pays indique que les ménages ont fréquemment subis différents chocs depuis le début de l’épidémie. L’augmentation du prix des principaux aliments consommés, la baisse du prix de vente de la production et l’augmentation du prix des intrants, très ressentis en milieu rural ont entraîné une baisse de revenu et du pouvoir d’achat. La perte d’emploi, a été très fortement ressenti en milieu urbain confiné et le vol de récolte, d’argent, de bétail ou d’autres biens, en milieu rural.

La réduction de la consommation reste la principale stratégie adoptée par les ménages pour faire face à la crise. 29% des ménages affirme avoir réduit leur consommation alimentaire. 4,2% des ménages se trouve en situation d’insécurité alimentaire sévère (ayant passé certains jours sans rien manger du tout) ». La situation est plus grave en milieu urbain (environ 8%).

En matière d’approvisionnement et d’accès aux besoins essentiels, « moins de 25% des ménages ont eu des difficultés à se procurer des besoins essentiels à usage préventif comme les médicaments et les cache-bouches, en raison de la hausse des prix. 47% ont déclaré avoir des difficultés à acheter des alcools et gels alcooliques en raison de la rupture de stock dans les points de vente tandis que 37% ont un problème sur les prix de ces produits. Environ la moitié des ménages dans les zones urbaines confinées ont eu des difficultés à s’approvisionner en riz. La hausse des prix en est la principale raison ».

Concernant la perte d’emploi liée à l’épidémie, les résultats de cette enquête indiquent que le milieu urbain confiné s’est vu la plus forte perte d’emploi pour les ménages : 1 emploi sur 4. Par ailleurs, 43% des pertes d’emploi sont liés aux restrictions de temps de travail (couvre-feu etc.), 18% liés au manque d’activité et de débouchés (chômage technique, restrictions de déplacement…). D’un autre coté, 40% de ceux qui ont perdu leur emplois n’ont reçu aucun paiement ou compensation, 24% ont reçu un paiement partiel et 33% ont bénéficié d’un paiement normal. Depuis le début de l’épidémie 64,4% des ménages ont vu leur revenu diminué. »