Les résultats d’une étude de l’INSEE montrent que structurellement l’épidémie ne peut que progresser

Coronavirus à Mayotte : comment respecter les gestes barrière et le confinement avec une telle urgence sociale ?

15 mai 2020, par Manuel Marchal

Un tiers de la population sans eau courante, 40 % des habitants vivent dans une maison en tôle au confort rudimentaire, et plus de la moitié des logements sont suroccupés. Ce constat résultant d’une étude de l’INSEE montre combien les mesures de distanciation sociale et de confinement ne peuvent être respectées à Mayotte, ce qui contribue à la flambée de l’épidémie.

67 personnes contaminées et 2 nouveaux décès à déplorer en 24 heures pour un total de 1210 cas et 14 morts : l’épidémie de coronavirus s’intensifie à Mayotte.
Une des explications est l’impossible confinement de la plupart des habitants. Sont en cause le manque d’eau du robinet, les nombreux bidonvilles, la surroccupation des logements et le fait que de nombreuses personnes soient contraintes de travailler pour survivre malgré tout, faute de protection sociale pour leur garantir un revenu de remplacement suffisant.
Ces différents faits sont rappelés dans une étude de l’INSEE Mayotte. Voici le résumé de cette étude :

« À Mayotte, les conditions de vie très éloignées des standards métropolitains rendent difficiles le respect du confinement strict mis en place depuis le 17 mars sur l’ensemble des territoires français pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Le respect des gestes barrières est difficile pour au moins un tiers des habitants ne disposant pas d’eau dans leur logement. La recommandation de distanciation sociale est aussi complexe à mettre en œuvre dans le département le plus dense après ceux de l’Île-de-France.
Rester chez soi s’avère difficile également. D’une part, une partie des habitants ont besoin de sortir chaque jour pour trouver les ressources nécessaires à leur subsistance quotidienne. D’autre part, de nombreux logements sont précaires et suroccupés : 40 % des habitants vivent dans une maison en tôle au confort rudimentaire, et plus de la moitié des logements sont suroccupés. Du fait de ces conditions de logement dégradées mais aussi de niveaux de vie nettement plus faibles qu’ailleurs en France, les ménages détiennent moins souvent des équipements électroménagers ou numériques.
D’ailleurs, la fracture numérique est marquée à Mayotte : seuls 17 % des ménages disposent d’un accès haut débit à leur domicile, soit quatre fois moins qu’en métropole. De fait, le suivi d’une scolarité à distance est difficile, d’autant plus que beaucoup de jeunes ne peuvent pas être aidés par leurs parents : 70 % des enfants mineurs ont des parents sans diplôme, contre 11 % en métropole ».

Ce constat dramatique est la conséquence d’une politique menée depuis 45 ans par les gouvernements qui se sont succédé à Paris. C’est l’impasse, avec des conséquences dramatiques.

M.M.

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