Santé

Coronavirus en Afrique : baisse des revenus et hausse des prix entraînent des difficultés à se nourrir

Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes

Témoignages.re / 25 septembre 2020

De nouvelles recherches menées par le Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes (PERC) mettent en exergue les charges indirectes importantes que le virus fait peser en Afrique et offrent des recommandations aux gouvernements à l’heure où les pays augmentent ou réduisent les mesures de santé publique et sociales pour contrôler la pandémie.

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Les principales conclusions du rapport du Partenariat pour une réponse à la COVID-19 fondée sur des données probantes

44 % des personnes interrogées ayant besoin de soins de santé ont déclaré qu’elles-mêmes ou un membre de leur foyer avait manqué ou retardé des services nécessaires, et 45 % des personnes interrogées ayant besoin de médicaments ont déclaré la même chose à l’égard de l’accès aux médicaments

70 % des personnes ont fait état de problèmes d’accès à la nourriture, principalement en raison de la perte de revenus ou de la hausse des prix des denrées alimentaires

70 % des personnes interrogées ont déclaré gagner moins d’argent qu’à la même époque l’année dernière

Les familles à faibles revenus étaient plus susceptibles de connaître une baisse de revenus. Près de 80 % des foyers ayant un revenu mensuel inférieur à 100 USD ont vu leurs revenus baisser, contre 60 % des foyers ayant un revenu mensuel d’au moins 500 USD

Six personnes interrogées sur dix sont d’avis qu’il est nécessaire de rouvrir l’économie et que les risques sanitaires de la COVID-19 sont minimes si les règles de distanciation sociale sont respectées

85 % des personnes interrogées ont déclaré avoir porté un masque de protection en public au cours des sept jours précédents, mais comme on pouvait s’y attendre, compte tenu du récent relâchement de certaines MSPS, un pourcentage plus faible (60 %) a déclaré éviter les rassemblements religieux et seulement la moitié a déclaré rester à la maison au lieu de se rendre au travail, à l’école ou à d’autres activités régulières

Alors que plus des deux tiers des personnes interrogées sont d’avis qu’un grand nombre de personnes de leur pays seront touchées par la COVID-19, moins d’un tiers (29 %) ont estimé avoir personnellement un risque élevé d’être infectées

Bien que la plupart des personnes interrogées aient indiqué avoir une connaissance élémentaire de la COVID-19, la désinformation sur le virus est fréquente, en particulier celle qui implique une interférence étrangère dans les traitements et les vaccins. Près d’une personne interrogée sur trois se range derrière l’affirmation selon laquelle les étrangers discréditent les médicaments africains et testent les vaccins sur les Africains 

Les recommandations incitent les gouvernements à :

Donner la priorité au « coinçage » du virus, en garantissant un approvisionnement adéquat en kits de dépistage et en réactifs pour identifier les cas positifs, en traçant les contacts étroits de ceux-ci et en isolant les cas, plutôt que de se fier à un confinement de grande envergure

Faciliter le plus possible aux communautés l’observance des mesures de protection personnelle peu coûteuses, appelées « 3 M » - masque mis, mains bien lavées et maintenir la distance. 

Protéger le personnel sanitaire en établissant des protocoles pour la COVID-19, en augmentant la disponibilité des équipements de protection individuelle et la formation sur la prévention et le contrôle des infections ; puis encourager les gens à se faire soigner dans des services de santé qui n’ont pas de lien avec la COVID-19 en impliquant les dirigeants communautaires dans le processus

Donner la priorité aux mesures fondées sur des données probantes pour accroître la sécurité alimentaire et la reprise économique, y compris les transferts d’argent et l’aide alimentaire directe, en mettant l’accent sur les foyers aux revenus les plus faibles et sur les populations vulnérables

Lutter contre la désinformation en partageant des messages cohérents et basés sur des donnés probantes avec des membres de confiance des communautés, qui servent de messagers

Investir dans la collecte, l’analyse et la communication de données, notamment des indicateurs clés sur les cas et la réponse de santé publique, la surveillance rapide de la mortalité, les données sur les infections à la COVID-19 au sein du personnel sanitaire et les données sur l’utilisation des services de santé