Santé

Coronavirus en France : l’Ordre des Médecins contre l’ouverture des écoles dès le 11 mai

« Un manque absolu de logique »

Manuel Marchal / 19 avril 2020

Le 13 avril, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des établissements scolaires dès le 11 mai. Cette décision est contestée par Patrick Bouet, président de l’Ordre des Médecins, dans une interview au « Figaro », qui dénonce « un manque absolu de logique ». A La Réunion, la retour en classe est prévu le 14 mai, date d’une rentrée de vacances scolaires. Si la situation épidémiologique n’est pas aussi grave à La Réunion qu’en France, l’intégration de notre île à ce pays empêche de prendre des décisions adaptées dans le domaine de l’enseignement, et notamment du calendrier scolaire.

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Interrogé par le « Figaro » du 14 avril au sujet de la décision d’ouvrir les écoles le 11 mai en France, le président de l’Ordre des Médecins a répondu ceci :

« Ce choix révèle un manque absolu de logique. Nous ne comprenons pas cette annonce. La première décision a été de fermer les écoles, lycées et universités. Pour deux raisons. D’une part, parce qu’on sait que les enfants sont des vecteurs potentiels sans développer eux-mêmes l’infection, sauf à de rares exceptions. D’autre part, parce qu’il est très difficile en milieu scolaire de faire respecter les gestes barrières. Et maintenant le premier milieu que le Président veut déconfiner est le milieu scolaire ! Comment ne porterait-il plus les mêmes risques ? Il faut qu’il y ait une logique entre les affirmations du gouvernement et celles des scientifiques. »

Rappelons que les établissements scolaires sont fermés depuis le lendemain du premier tour des élections municipales. Le président de l’Ordre des Médecins rappelle que la justification invoquée était de dire que « les enfants sont des vecteurs potentiels » et qu’il est « très difficile en milieu scolaire de faire respecter les gestes barrières ».
Il estime que l’ouverture des écoles en France le 11 mai va « remettre le virus en circulation », d’après Patrick Bouet, qui souligne qu’il n’y a « pas d’explication médicale, infectieuse ou épidémiologique à déconfiner dans le milieu scolaire en premier ».
L’Ordre des médecins préconise de concentrer les efforts sur la prochaine rentrée scolaire de septembre, afin qu’elle puisse se dérouler dans les meilleures conditions.

M.M.



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  • Si les enfants scolarisés doivent continuer de respecter les gestes barrière pour éviter toute contamination après le 11 mai , il aurait mieux valu prévoir le retour à l’école d’abord pour les plus grands , lycéens et collégiens mais aussi étudiants et différer la retour des plus petits , des écoles primaires et écoles maternelles à la rentrée de septembre prochain .

    L’arrêt prolongé de la scolarité est peut être plus grave chez les petits que chez les grands et on peut comprendre le désir du gouvernement de les préserver et de ne pas créer des déséquilibres trop importants dans la population scolaire . Par ailleurs obliger les enfants à rester à la maison c’est aussi obliger les parents à les garder plutôt que de retourner au travail. ce qui peut être très grave pour l’économie . Mais il faut faire un choix ; entre l’équilibre scolaire et la reprise de l’activité économique du pays et l’arrêt de la circulation du virus ; et à mon avis le retour à l’école des plus petits dès le 11 mai en France et le 14 mai à la Réunion va plutôt accélérer la circulation du virus plutôt que de la ralentir .

    Pour stopper le virus il faut appliquer les gestes barrières et porter des masques mais comment obliger des enfants âgés de 3 ans à 11 ans à porter des masques et à ne pas se toucher . C’est impossible . Il faut être réaliste . Le retour à l’école des petits dès le 11 mai ne devrait être autorisé que dans les régions qui n’ont pas été touchée par l’épidémie ; mais apparemment toutes les régions ont été touchées . Peut être que le président devrait réviser son jugement comme dit la chanson de Luc Donat et revenir sur sa décision concernant le retour à l’école des petits dès le 11 mai . Mais s’il ne le fait pas , les maires pourraient dans le cadre de leurs pouvoirs de police décider de garder les écoles fermées s’ils estiment qu’il y a un risque de contamination de leur population .

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  • N.B ;
    Les pouvoirs de police du maire lui permettent d’intervenir dans les domaines de la sécurité , de la santé et de la salubrité publique . Il peut tout à fait prendre par arrêté municipal la décision de fermer les établissements scolaires scolaires situés sur le territoire de sa commune s’il le juge nécessaire et notamment les écoles maternelles et primaires dont une bonne partie du personnel relèvent directement de son autorité.

    A la Réunion les maires ferment les établissements scolaires situés sur leur territoire en cas de grosses pluies lorsqu’elles occasionnent la fermeture de certaines routes , pourquoi ne pourraient ils pas les fermer en cas d’épidémie . Après tout ils sont les mieux placés pour mesurer les risques encourus par leur population et peuvent décider seuls des mesures à prendre, quitte aux autorités de l’Etat de faire annuler leurs arrêtés si elles le considèrent comme illégaux. et en dernier ressort ce sont les juges administratifs qui trancheront longtemps après lorsque l’épidémie sera terminée .

    Malgré l’existence d’un contrôle de la légalité de leurs décisions, les maires restent donc maîtres de la situation en cas d’urgence, et d’un autre coté je ne vois pas comment les autorités préfectorales pourraient justifier leur opposition à la fermeture des écoles décidée par le maire s’il y a encore de nombreux cas de contamination sur le territoire de notre région , même si les chiffres seraient en baisse .

    il suffirait donc pour clarifier la situation que le gouvernement indique clairement que la gestion du retour à l’école des enfants devra s’effectuer en accord avec les maires et qu’il leur laisse le dernier mots en cas de désaccord avec les services de l’Etat . Et comme les élus locaux n’ont pas l’habitude de s’opposer aux autorités territoriales sans motifs sérieux tout devrait bien se passer et le virus ne passera pas par nos écoles pour infecter des enfants et des membres de leur famille .

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  • Pour compléter ce que j’ai déjà dit sur ce sujet , je vous invite à prendre connaissance des dispositions de l’article L2212-2 du code général des collectivité territoriales modifié par la loi 2014- 1545 du 20 décembre 2014 qui précisent bien dans son
    5 ème alinéa que le maire a la possibilité d’intervenir par arrêté de police municipale pour pour prévenir par des précautions convenables les maladies épidémiques ou contagieuses qui pourraient se développer sur le territoire de sa commune.

    Ce pouvoir de police du maire lui est personnel et il peut l’exercer seul sous le contrôle de la légalité des autorités préfectorales. Dans le cadre de l’exercice de ce pouvoir il a le droit d’aggraver les dispositions qui auraient été prises par le président de la république et par le gouvernement s’il estime qu’elles sont insuffisantes .
    ce qui veut dire que dans le cadre de la lutte conte l’épidémie de coronavirus qui sévit actuellement en France et dans le monde nos maires pourraient tout à fait légalement décider de refuser l’ouverture des établissements scolaires situés sur leur communes le 11 mai ou le 14 mais pour prévenir de manière convenable la propagation de l’épidémie de COVID 19. Et à mon avis les autorités préfectorales ni les juges administratifs ne pourraient pas contester la légalité de cette décision .

    c’est clair ,les maires n’ont évidement pas le droit d’annuler ou de réduire les mesures prises par l’autorité supérieure pour la lutte contre l’épidémie de coronavirus mais s’ils l’estiment nécessaire pour obtenir un meilleur résultat, ils peuvent tout à fait les aggraver .

    En conséquence s’ils veulent réduire au minimum le risque de circulation du virus de l’épidémie qui nous a mis en confinement depuis le 16 mars 2020, les maires de l’île de la réunion devraient prendre un arrêté interdisant l’ouverture des établissements scolaires sur leur communes tant que la situation sanitaire ne sera pas redevenue normale, c’est à dire tant que l’on n’aura pas enregistré de cas de contamination pendant au moins 15 ou 22 jours consécutifs sur le territoire de l’île de la Réunion .ou au moins jusqu’à la date prévue pour la prochaine rentrée scolaire pour l’année scolaire 2020/2021. en espérant que d’ici là la situation sanitaire sera redevenue normale .

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