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Collectif Parents, Enfants, Enseignants, confinés
15 avril 2020

Le Collectif Parents, Enfants, Enseignants, confinés, a adressé une lettre au Recteur de l’Académie de La Réunion. Le collectif fait part de plusieurs propositions en rappelant que la maison n’est pas une salle de classe, que les parents ne sont pas des enseignants, et qu’il n’est donc pas possible que les élèves apprennent en ce moment de nouvelles notions et soient notés.
Monsieur le Recteur de l’Académie de La Réunion,
Nous vivons une période inédite et des décisions d’urgence ont été prises afin de faire face à l’épidémie qui ravage le monde actuellement. Le confinement généralisé a été préconisé et, en France, le choix de la continuité pédagogique a été fait quand d’autres pays ont tout simplement reporté la rentrée scolaire. Devant la détresse des familles et le stress des enfants, des maires ont écrit à M. Blanquer pour « ne pas rajouter une crise scolaire à la crise sanitaire ».
Ici, à La Réunion, au terme de 3 semaines, la situation est-elle meilleure ? Il convient de faire un bilan d’étape. Cela ne peut pas se résumer à une revue comptable : 4000 tablettes, 82000 connexions, 10 000 élèves dans la nature…
Les enfants. Ils ont droit à une éducation et des soins délivrés par les parents ; ils ont droit à l’enseignement dispensé par des enseignants, formés et recrutés pour cette mission. Cet enseignement se déroule dans un cadre spécifique qui est propice aux apprentissages. Ce cadre matériel qui est le même pour tous, assure une certaine égalité devant les apprentissages. Actuellement, les enfants sont déstabilisés à cause du confinement. Plus encore lorsque l’espace commun familial est très restreint en appartement. Dans ces conditions, il est vain de vouloir leur imposer un rythme et des méthodes comme cela se passe actuellement. C’est contraire aux règles pédagogiques et cela contrevient à l’égalité entre élèves.
La maison n’est pas une salle de classe ; c’est le lieu commun où se gère toute la vie de la famille confinée ; la fratrie n’est pas la camaraderie.
Les parents. Ils ne comprennent pas que l’éducation nationale se soit défaussée sur eux. Ils sont soucieux de la réussite des enfants ; cependant, pour la plupart, l’enseignement n’est pas leur domaine. Ils sont de bonne volonté et veulent aider leurs enfants mais pas à coup de dizaines de photocopies et cela même en maternelle ! Les enseignants maintiennent sur eux une certaine pression et contribuent à l’amalgame dangereux des statuts. Les parents mettent à mal leurs relations avec leurs enfants en exerçant ce rôle inefficace. Par ailleurs, ils ne sont en aucun cas aptes à expliquer à la fois les règles de mathématiques, de français, d’histoire, d’art, d’’anglais… Les parents sont stressés, souvent culpabilisés. Passons sur les heures entières passées derrière un écran. Voilà l’objet tant décrié hier devenu essentiel aujourd’hui ! Pourvu que les dommages pour les enfants ne soient pas plus importants que les profits intellectuels.
Monsieur Le Recteur, en plus du rôle d’encadrant pédagogique imposé aux parents, ces derniers doivent s’occuper de leur propre travail ou télétravail, des tâches quotidiennes, etc.
Les enseignants. Ils sont aussi parents, en télétravail, et ils partagent les remarques précédentes. Il n’y a pas qu’un enseignant dans le foyer. Leur charge de travail est triplé et ils sont constamment pris entre le marteau et l’enclume. Les parents d’un côté qui sont en situation de grande difficulté, désespérée, au point que certains ne répondent plus aux appels, et de l’autre côté, l’administration, les inspecteurs, qui veulent des chiffres. Combien d’enfants connectés ? combien de devoirs ? combien de sites ?…
Nous convenons qu’il faille garder un lien avec la scolarité, essentiel dans notre société, cependant ne nous voilons pas la face sur les conséquences de l’improvisation, déconnectée de la vie globale.
Compte tenu de ce constat, nous vous prions, monsieur le Recteur, de prendre les dispositions suivantes :
De réunir une commission pédagogique et sociale pour permettre de sortir des troubles occasionnés par la situation inédite.
De demander aux professeurs de réguler les envois de devoir. Les parents doivent maintenir le lien mais en AUCUN CAS REMPLACER L’ÉDUCATION NATIONALE. Une seule (voire deux) matière par jour en primaire nous semble plus que raisonnable. Dans le secondaire une entente est à trouver pour que l’élève n’ait à traiter que deux à trois matières par jour.
De demander aux professeurs de ne pas introduire de nouvelles notions, les parents n’ayant, ni les connaissances, ni les compétences, ni les conditions matérielles pour les inculquer.
De ne pas noter pendant la période de confinement.
De réaliser localement des séries d’activités audio-visuelles interactives avec les enfants, un programme accessible, en utilisant les supports de la radio-télévision publique. La quasi-totalité des foyers a une télé. A situation exceptionnelle, programme exceptionnel. En partenariat avec la communauté éducative, la chaîne de télévision publique pourrait proposer des moments ludiques et éducatifs. Même pendant les vacances.
Monsieur Le Recteur,
Nous voulons par ce geste ne rien vous cacher des inquiétudes réelles soulevées par la continuité scolaire sous le régime du confinement. Ce courrier, nous l’enverrons aussi aux associations de parents d’élèves ainsi qu’aux syndicats.
Nous comptons sur la communauté éducative instituée pour prendre en compte la complexité de la situation présente et entendre nos revendications. En espérant avoir été utiles à l’amélioration des conditions sociales des enfants.
Pour le collectif
David Gauvin
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Messages
15 avril 2020, 10:58, par narayanin marie-claude
Pour résoudre un problème il est indispensable de se sentir réellement concerné et attaché au sujet. Si tel était le cas la situation ne devrait pas être aussi catastrophique que celle-là . Ça paraît évident. NOTONS QUE LA CRISE A PERMIS DE RELEVER TOUS LES MANQUEMENTS, LES FAILLES ET AUTRES DYSFONCTIONNEMENTS. Les personnes concernées doivent être suffisamment honnêtes pour l’admetttre et corriger tout ça dans l’inter général 🤔