Santé

Coronavirus et confinement : « Tabac, alcool, zamal : même en confinement, je reste vigilant ! »

Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie

Témoignages.re / 28 mars 2020

Face à la pandémie de COVID-19 qui sévit actuellement sur le territoire, l’ensemble de la population française est aujourd’hui confinée à domicile. Peu à peu la vie s’organise : de nombreuses personnes sont contraintes de rester à la maison pour la garde des enfants suite à la fermeture des établissements scolaires, d’autres, considérées comme fragiles doivent appliquer la distanciation sociale et limiter leurs contacts ; d’autres enfin sont soumises au télétravail organisé par leur employeur lorsque cela est possible. Dans ce nouveau contexte, il se créé une porosité entre travail et vie familiale : le salon devient le bureau, le conjoint un collègue de travail… pas facile de gérer toutes ces situations. Que faire en confinement ?

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L’alcool : à éviter de consommer, même avec modération
Photo Phovoir

Un risque de consommation de substances psychoactives accru

L’ennui est souvent décrit comme un déterminant dans la consommation de produit psychoactif quel qu’il soit. De fait, le confinement réduit les déplacements et les activités ce qui peut engendrer une consommation plus importante que d’habitude. En outre, le confinement induit une présence quotidienne plus importante à son domicile. Le domicile n’est pas soumis aux mêmes règles et au même cadre de contraintes que le lieu de travail. La maison est un espace de liberté ou les tentations sont plus nombreuses et les contraintes sociales moins fortes.
Cet environnement peut être favorable à la consommation de substances psychoactives notamment le tabac, l’alcool ou les médicaments. Par ailleurs, le domicile permet souvent une disponibilité immédiate des produits comme le tabac ou l’alcool. Alors que sur le lieu de travail la consommation d’alcool est réglementée, le domicile est davantage permissif à une consommation. Pour le tabac par exemple, les pauses cigarettes sont limitées par l’employeur, à la maison ces barrières tombent et peuvent engendrer une surconsommation. Enfin, le confinement est un dispositif exceptionnel face à une crise sanitaire d’ampleur, de fait, le climat et l’ambiance générale de la population sont anxiogènes. Ce contexte particulier peut inciter les personnes fragiles et sensibles au stress à consommer davantage de médicament, notamment des anxiolytiques ou des antidépresseurs. On rappelle que « pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours »

Quelques conseils

Le travail peut créer des situations de stress tout au long de la journée et conduire à une accumulation d’émotions qu’il faut savoir réguler. C’est particulièrement vrai lorsque le salarié travaille dans des conditions qui ne sont pas optimales ou nouvelles comme à domicile et lorsque la frontière bureau/maison s’estompe. Le quotidien en confinement devrait répondre à une organisation réfléchie en amont. La journée devrait être organisée de manière à ne pas permettre de temps mort qui seraient propices à davantage consommer.
Les activités variées doivent être prévues en dehors des heures de télétravail et devraient alterner des activités intellectuelles et des activités physiques (lecture, activité sportive, suivi de l’actualité, télétravail…).
Les bouteilles d’alcools ne devraient pas être visibles. Comme sur le lieu de travail, la consommation d’alcool est réglementée, il est nécessaire de créer un environnement non propice à la consommation. Même logique pour les cendriers, leurs présences ne devrait pas être à proximité du poste de travail à la maison afin d’éviter les tentations.
A la maison le risque de consommer est facilité car moins contraint. La prise de médicaments ou de traitement anxiolytique/antidépresseur ne doit pas dépasser ce qui a été prescrit par le médecin. Au besoin, il est nécessaire de réévaluer avec votre médecin traitant la posologie si elle n’est plus efficace pour traiter vos symptômes. N’hésitez pas à exprimer vos émotions auprès des professionnels de santé médecins, infirmiers, psychologues. Ne restez pas seul face à vos consommations de produits psychoactifs quels qu’ils soient. L’ANPAA reste présente pour tous les usagers gratuitement et anonymement par téléphone.
Evitez tout échange de verres, bouteilles, cigarettes, joint, chicha et seringues afin de ne pas transmettre le virus à vos partenaires et entourage. En effet, le virus COVID-19 peut facilement se transmettre par la salive lors de consommation de substances psychoactives en groupe, alors redoublez de vigilance. Si vous êtes consommateur régulier et/ou chronique d’alcool et que vous ne bénéficiez pas d’un traitement de substitution, veillez à ne pas manquer de boisson pendant cette période de confinement afin d’éviter un syndrome de sevrage. Un sevrage total ou partiel massif d’alcool peut en effet entrainer de graves complications chez le consommateur chronique.
L’activité sportive est un très bon allié dans le cadre de la lutte contre les addictions, sa pratique est recommandée à raison d’une heure par jour pour les enfants et adolescents et 30 min pour les adultes. Elle doit être réalisée plusieurs fois par semaine en variant les activités afin de renforcer les muscles et améliorer la souplesse et l’équilibre. Le temps passé en position assise ou allongé doit être réduit. Il faut rompre les périodes prolongées par de la marche ou des étirements idéalement toutes les heures. Pour maintenir une pratique régulière, de nombreux exercices ne nécessitent pas de machine ou autre équipement sportif. Dans le cadre du confinement, il est possible de sortir pour faire de l’activité physique à proximité immédiate de son domicile.
- Se lever régulièrement 
- Marcher ou s’étirer toutes les 2 heures
- Lorsque vous téléphonez, marchez !
- Utiliser le mobilier pour le renforcement musculaire ou les étirements
- Utiliser les nombreuses applications mobiles pour vous coacher lors des séquences

Besoins d’aide ? De soutien ? Envie d’en parler…

Même en contexte de confinement, vous n’êtes pas seuls ! L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie à l’Île de la réunion (ANPAA 974) s’est organisée afin de garantir le suivi de ses patients et usagers aux heures habituelles d’ouverture de 9h à 16h du lundi au vendredi par téléphone. Il est possible de bénéficier d’entretiens téléphoniques ou vidéo avec l’ensemble de nos équipes (éducateurs, infirmiers, psychologues, médecins…). L’ouverture au public en présentiel de nos centres de soins est uniquement organisée sur rendez-vous et pour les seules urgences médicales.

Nos Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) sont ouverts par téléphone de 9h à 16h du lundi au vendredi :
SAINTE CLOTILDE : 02 62 30 11 31
SAINT PIERRE : 02 62 35 23 74
SAINT ANDRE : 02 62 50 39 09
SAINT PAUL : 02 63 55 14 08
LE PORT : 02 62 45 99 60
Il est également possible de joindre par téléphone : TABAC INFO SERVICE au 39 89. La ligne est ouverte de 8h à 20h, du lundi au samedi. ALCOOL INFO SERVICE au 0 980 980 930, de 8h à 2h, 7 jours sur 7. Votre appel est anonyme et non surtaxé (coût d’une communication locale depuis un poste fixe ou inclus dans les forfaits des box et des mobiles).