Santé

Coronavirus : le test obligatoire à l’arrivée de tous les passagers loin d’être suffisant

Pas de reconfinement comme en France : annonce de mesures adaptées à la situation

Manuel Marchal / 30 octobre 2020

Le test obligatoire COVID-19 des passagers venant de France à leur arrivée à La Réunion, annoncé en substance par le Premier ministre, est un premier pas vers une meilleure protection de la population face à la résurgence inéluctable d’une vague de cas importés compte tenu de la dégradation très rapide de la situation sanitaire en France. Mais est-ce suffisant pour ne pas compromettre une tendance à la décrue de l’épidémie de coronavirus à La Réunion ? Compte-tenu du fait que La Réunion ne pourra compter que sur ses propres moyens pour faire face au coronavirus dans les semaines à venir, la quarantaine obligatoire en centre dédié voire la fermeture de l’aéroport aux vols en provenance des pays européens comme l’a décrété Madagascar n’est-elle pas à envisager ?

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Jean Castex, Premier ministre, a tenu hier une conférence de presse au lendemain de la déclaration du président de la République annonçant notamment le confinement pour la seconde fois de la France en raison de l’épidémie de coronavirus. Jean Castex a donc présenté comment se déclinera concrètement cette nouvelle stratégie.
A la différence de la première vague, ce confinement ne concernera pas toutes les collectivités ayant le statut de département. Ceux situés en dehors du continent européen ne sont donc pas soumis à l’application mécanique de cette mesure décidée en fonction de la réalité sanitaire de la France qui n’est pas celle de La Réunion. Voici ce qu’a déclaré le Premier ministre à ce sujet :

« A compter de ce soir (hier – NDLR) minuit, le confinement sera décrété sur l’ensemble du territoire français, et jusqu’au 1er décembre à minima. Seule exception : pour les départements et territoires d’outre-mer, où le virus circule moins vite, ce dispositif ne sera appliqué qu’à la Martinique. Des tests seront en revanche exigés au départ ou à l’arrivée de ces territoires, afin d’éviter tout risque de diffusion du virus. »

Après avoir consulté la communauté médicale, des représentants du monde économique et des élus, le préfet de La Réunion doit présenter aujourd’hui la déclinaison à La Réunion de l’adaptation de cette nouvelle stratégie en fonction de notre situation sanitaire différente de celle de l’Europe.

Il est à noter que le Premier ministre a mis en évidence la plus grande faille dans le protocole sanitaire appliqué à La Réunion : tout passager venant de France peut entrer dans notre île sans test de dépistage obligatoire à l’arrivée, et sans quarantaine. Il s’avère en effet que le test obligatoire 3 jours avant l’embarquement n’est pas une garantie suffisante, c’est ce que rappelle la découverte de cas importés quasiment tous les jours depuis que ce test préalable au départ a été mis en place.
La France pour elle-même estime qu’il faut aller plus loin. C’est pour cela que le gouvernement veut mettre en place des tests rapides aux aéroports, avec un résultat connu dans l’heure qui suit. Ainsi, toute personne provenant d’un pays en dehors de l’Union européenne devra être testée à son arrivée dans un aéroport en France.

La Réunion devra compter sur ses propres moyens

Reste à savoir si les passagers seront placés en quarantaine dans l’attente du résultat du test comme à Madagascar par exemple, afin que des personnes porteuses de la COVID-19 sans le savoir ne puissent être en contact avec la population. Rappelons qu’à La Réunion, deux grands centres commerciaux se situent à moins d’un kilomètre de la porte de sortie du hall d’arrivée de l’aéroport.
Mais pour juguler l’épidémie à La Réunion, cette protection contre les cas importés doit encore aller plus loin.
En effet, la situation sanitaire de la France décrite par le président de la République mercredi est dramatique. Il annonce 9000 personnes en réanimation malgré le confinement dans les prochaines semaines, ce qui signifie une quasi-saturation des hôpitaux français. Cela signifie que La Réunion ne pourra compter sur une assistance en termes de personnels et de moyens. A moins de solliciter l’aide de Madagascar, Maurice ou des Comores, La Réunion sera donc en totale autonomie dans ce domaine, tout comme Mayotte, ce qui signifie que les Réunionnais ne pourront compter que sur les capacités d’accueil des hôpitaux de La Réunion, pas plus.

Ne pas compromettre tous les efforts accomplis

Selon les autorités, La Réunion connaît une tendance à la décrue de l’épidémie. En France au contraire, ce sont chaque jour des dizaines de milliers de nouveaux cas et de trop nombreux morts. Il est donc évident que le taux de contamination de la population française a monté en flèche. Le nombre d’un million de cas actifs a été cité. La probabilité pour les passagers venant à La Réunion d’être des porteurs de la COVID-19 ne peut donc qu’augmenter elle aussi.
Il ne faudrait pas que tous les efforts accomplis par les Réunionnais puissent être compromis par l’arrivée d’une nouvelle vague de cas importés. D’où la nécessité d’être sûr qu’une personne venant d’un pays aussi contaminé que la France ne puisse être en contact avec la population tant que la certitude de sa négativité à la COVID-19 puisse être établie.
Les pays qui ont appliqué cette stratégie à l’égard de l’extérieur sont aujourd’hui pour beaucoup quasiment tirés d’affaire. Ils exigent une quarantaine systématique dans un centre dédié sous surveillance. D’autres pays ont décidé de fermer de nouveaux leurs aéroports aux pays dont la situation sanitaire se dégrade, notamment aux ressortissants d’Etats européens. De telles mesures ne sont-elles pas à envisager ?

M.M.



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  • Notre insularité est notre atout pour nous préserver de l’aggravation de cette crise sanitaire. Cependant, l’aspect économique a toujours pris le dessus lorsqu’il s’agit de décider pour la Réunion. Cette semaine, les téléspectateurs ont été abasourdis par les plaintes du représentant du secteur touristique local. Selon lui, cette activité est sur le point de rendre l’âme et un confinement voire d’autres solutions d’interdiction ou de limitation sont susceptibles de condamner de nombreuses entreprises à la mise en liquidation. A qui la faute ? , la population ? notamment les dockers qui au début de la pandémie ont tenu tête en exigent l’isolement de notre île afin de limiter la propagation du virus. A qui la faute ? qui a insisté pour qu’au nom de la liberté de circulation des hommes et y compris du virus, de supprimer la "quarantaine" de sorte que l’industrie du tourisme continue de survivre ?
    Les décisions qui ont été prises ont permis aux détracteurs d’avancer un peu pour mieux reculer, tandis qu’aux Seychelles et à Maurice, les gouvernants ont anticipé pour une meilleure protection de la population pour que dès la reprise de l’activité, l’économie locale souffre le moins possible . Ici, on fait le contraire. Donc il ne faut pas s’étonner du résultat. Même s’il est un peu tard, le virus fait encore des ravages dans les familles réunionnaises, il est temps que les bonnes décisions soient prises en concertation par des Réunionnais pour l’ensemble des Réunionnais y compris dans l’intérêts des entreprises en grande difficulté afin de préserver l’emploi et la santé de chacun.

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  • d’après les dernières infos , il semble que le test à l’arrivée ne soit pas obligatoire , mais simplement recommandé. .C’est le cas actuellement on peux le regretter. par contre la septaine ; non . c’est une contrainte pour rien . 2 tests négatifs suffisent.

    Vous comparez avec Madagascar. Actuellement , le seul lieu où certains touristes peuvent aller c’est Nosy bé.. il y a très peu de cas la bas.
    il y a des vols possibles par Air Austral avec un confinement de 2 jours dans un hôtel ou un hébergement de leurs choix.
    Par contre les vols depuis 10 pays d’Europe ,dont La France métropolitaine sont interdit
    seul les rapatriements des malgaches sont autorisés.

    Quitte à parler d’une chose , tant vaut il le faire avec des infos justes.

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  • L’insularité protège au début, mais une fois contaminée, c’est l’inverse qui se produit, l’île devient cluster, dont une cage, on se sent cerné, donc sous influence, donc en danger potentiel, c’est tout, raison de plus de respecter les conseils sanitaires, distances, masques, gel. Quand on sort et que l’on voit des gens qui se moquent, se rassemblent picolent en plein air, tranquille, inconscients, on se dit que c’est grave et que cela finalement ne surprend pas beaucoup quand on apprend le nombres de cas positifs, puis hélas celui des morts. C’est une confirmation de la bétise irresponsable de certains. Où est alors la fraternité ? L’altruisme, le souci des autres, de son prochain ? Une honte ! ! !. Personne ne peut dire que c’est pas grave, personne, c’est historiquement grave et ce n’est pas fini, le vaccin n’est pas pour demain, restons vigilant et expliquons.

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  • Avé Arthur Oui , une fois que le virus est là , l’insularité et plus un inconvénient qu’un avantage. Le brassage de la population est forcément plus important que sur un grand continent ;
    Par contre, pas d’accord pour incriminer la population. Nous sommes tous des êtres humains avec nos qualités et nos défauts.
    Accuser les personnes d’égoïsme est une facilité extrême. il y a des obligations, des libertés, pour chacun.

    Quant au vaccins, malgré les déclarations optimistes et aussi commerciales de certains laboratoires ; pour La Réunion ;, je ne pense pas que la commercialisation, à grande échelle, se fasse avant milieu ou fin 2021. les intérêts financiers des laboratoires limitent la croyance en l’efficacité de ses vaccins

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  • Je suis d’accord avec vous, mais il y a du boulot, toutes générations confondues pour que l’avenir soit meilleur que ce qui se profile. Les gens vivent au jour le jour, consciemment ou pas, ils semblent résignés, insensibles, égoistes, hélas aussi, c’est vrai. On ne voit pas trop d’altruisme, de compassion, de communication, en fait, cela ressemble beaucoup à ce qui existe ailleurs dans le monde dit "moderne", wouah, trop cool de (seulement sans souci, réfléchir) consommer ce qu’on nous propose sans jamais se poser de questions sur la pollution que cela induit. Les jeunes sont de plus en plus frappés, là, sur France 5, la bonne émission "C dans l’air" on aborde les problémes sociaux qui se multiplient, les associations ont du mal à les aider à ne pas perdre le moral, mais que font les élus ? Je vous conseille de revoir ces émissions. Bon WE zot tout, Arthur qui tousse en vélo.

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