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Coronavirus : mise en danger de la vie d’autrui, de Paris à La Réunion

Une ancienne ministre servira-t-elle de fusible pour protéger les responsables de Paris à La Réunion ?

vendredi 17 septembre 2021, par Ary Yée Chong Tchi Kan

Paul Dennemont écrit ceci dans Témoignages : « Et ce n’est pas faire injure à quiconque de penser que le « Congrès » et le « Gouvernement de la Réunion » ne verront jamais le jour ou alors quand mon coq aura des dents. »

A l’appui de ses remarques, il souligne les initiatives des autorités préfectorales qui ont permis à La Réunion de ne pas connaître « les horreurs » que vivent les Antilles. Et une semaine plus tard, il se moque de nos voisins « Ayo cousins ! Maurice modèle, un jour, mais pas toujours ! ». Il va jusqu’à caricaturer la situation au Vietnam et en Calédonie.

Nous pouvons avoir des divergences sur l’interprétation des faits et de leur développement mais comment écrire « ce n’est pas faire l’injure à quiconque » alors que dans la même phrase, il insulte l’avenir. Même le Congrès (choix des Antillais) ne trouve pas grâce à ses yeux. Il règle définitivement son compte aux générations futures « ou alors quand mon coq aura des dents ». C’est un point de vue politique surprenant.

Procès en responsabilité

A ce niveau de réaction, le contexte importe peu puisque les procès en responsabilité ont commencé, en France, avec la traduction de Mme Buzyn devant la Cour de Justice de la République. Espérons simplement qu’elle ne servira pas de fusible à toute la cordée, de Paris jusqu’à la préfecture de La Réunion. Le grief est très intéressant : « mise en danger de la vie d’autrui ».

C’est un sujet de fond que j’ai traité en conférence de presse [1] dans le contexte de la crise requin mais que j’ai élargi à tous les risques naturels et en soulevant le statut de la victime. « J’apporte mon soutien total aux familles qui portent plainte. C’est la seule façon d’ouvrir le débat pouvant déboucher sur un statut de la victime ».

Pour le cas qui nous préoccupe, vous pouvez lire la tribune libre que j’ai co-signée : « De la « grippe espagnole » au coronavirus : l’urgence d’une politique réunionnaise ». Elle est datée du 30 mars 2020. Le patient zéro a été détecté le 11 mars. Le confinement a été décrété le 16 mars avec une charge répressive inouïe.

La Réunion n’avait qu’une vingtaine de cas connus et tous guéris ; c’était une terre de tranquillité et en bonne santé ; les autorités l’ont utilisé comme refuge pour des populations porteuses de virus. Par le refus de protéger une population saine, la mise en danger de la vie d’autrui est caractérisée.

Ary Yée Chong Tchi Kan


A La Réunion, les conditions d’ouverture de l’aéroport ont permis d’importer le coronavirus et ses variants avec des conséquences dramatiques.



[1La responsabilité pénale de l’élu face aux risques naturels mettant en danger la vie d’autrui (presse du 13 déc. 2013)


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