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4 juin, parNos peines
Une escale qui ne correspond pas à la mission officielle
4 avril 2020, par

En pleine épidémie de coronavirus, la France envoie un important navire militaire dans notre région, c’est le Mistral. Sa mission est de participer à un « pont maritime » entre La Réunion et Mayotte afin de transporter de La Réunion à Mayotte des équipements médicaux notamment. Mais que signifie alors sa première escale à Mayotte ? La justification officielle prête à sourire. Sa mission n’est-elle pas d’organiser l’évacuation sanitaire vers La Réunion de Français vivant à Mayotte ainsi que dans des États de notre région ?
Mayotte accueille aujourd’hui le Mistral. Ce porte-hélicoptère de la Marine militaire française est un bâtiment de plus de 200 mètres de long, un des fleurons de l’armée. Mais il ne dispose à son bord ni d’équipes médicales, ni de matériel pour soutenir la lutte contre le coronavirus.
Officiellement, la mission du Mistral est logistique. Il doit assurer un « pont maritime » entre La Réunion et Mayotte. Il sera utilisé pour transférer du matériel de notre île vers Mayotte.
Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, le Mistral s’est d’abord arrêté à Mayotte avant de mettre le cap sur notre île. Le prétexte de cette escale ne manque pas de faire sourire : débarquer des véhicules pour appuyer la distribution de colis alimentaires aux plus démunis dans le cadre du confinement de la population. Mayotte n’est pas une île sans voiture. L’argent transféré par la France dans ce pays a notamment permis la croissance du parc automobile. Si tous les véhicules de l’administration ne suffisaient pas, l’État aurait les moyens de réquisitionner des taxis, des bus et des camions pour transporter l’aide alimentaire à ceux qui en ont besoin.
Mais le but de l’escale à Mayotte ne répond-il pas à une autre mission. Pour rappel, le 27 mars dernier, l’ARS de Mayotte avait publié un communiqué indiquant que :
« Suite à l’annonce d’Emmanuel Macron, le Mistral, porte-hélicoptère de l’armée française, devrait arriver début avril à La Réunion et venir en soutien dans la zone océan Indien. Ce navire n’a pas vocation à disposer d’équipes médicales ou de matériel à bord. Mobile dans la zone, il va surtout permettre d’acheminer du matériel médical et de rapatrier les Français isolés à l’étranger ».
Sans doute le rapatriement de Français vers La Réunion est le volet le plus important pour la France, toujours soucieuse de protéger ses ressortissants. Et, compte-tenu de l’insuffisance des infrastructures médicales à Mayotte, ne serait-il pas prévu que des Français atteints par le coronavirus soient transférés de Mayotte vers un hôpital à La Réunion ? Ne serait-ce pas le but de chaque rotation car on imagine mal ce bateau faire la traversée à vide entre Mayotte et La Réunion ?
En tout cas, la volonté de libérer un maximum de lits d’hôpitaux semble s’inscrire dans cette stratégie, car il est clair qu’à Mayotte, le seul hôpital existant ne pourra qu’être rapidement débordé en cas d’explosion de l’épidémie comme en France.
Autrement dit, La Réunion et Mayotte devront gérer une pénurie de moyens, faute d’aide suffisante de la part de la France.
M.M.
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