Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Vaccin+test PCR = entrée libre à La Réunion : quand la quête du profit cherche à nier le risque d’aggravation de la crise sanitaire
14 mai 2021, par

Pendant qu’à La Réunion, des patrons demandent que les personnes vaccinées entrant à La Réunion ne soient soumises à aucun contrôle sanitaire, le gouvernement de Kanaky Nouvelle-Calédonie décide le maintien de la quarantaine en centre dédié pour tous, y compris les vaccinés. Cette mesure rappelle que le vaccin ne protège pas de la contamination et n’empêche pas de transmettre la maladie. Ce que proposent donc des patrons réunionnais, c’est d’officialiser l’entrée sans contrôle sanitaire de personnes pouvant alimenter la circulation du coronavirus à La Réunion ou susceptibles d’importer dans notre pays des variants dont la résistance aux vaccins est mal connue.
Suite au lancement des campagnes de vaccination, l’idée d’un retour rapide à la situation d’avant la pandémie de la COVID-19 est dans certaines têtes. Aux Etats-Unis, pays le plus touché par le coronavirus, les vaccinés bénéficient d’un traitement de faveur : ils peuvent désormais participer sans risque « à des activités en intérieur et en extérieur, petites ou importantes, sans porter de masque ni respecter la distanciation physique », a annoncé l’agence fédérale de santé publique jeudi. L’obligation de sortir masqué demeure dans les transports publics.
Cette initiative interroge. Même si une personne est vaccinée, elle peut très bien être contaminée par la COVID-19 et ensuite transmettre la maladie avec des conséquences mortelles. Elle doit donc continuer à respecter les mêmes contraintes que la population non-vaccinée, car ce médicament apporte une protection individuelle contre les formes graves, mais n’empêche pas la circulation du coronavirus.
A La Réunion, des patrons continuent de mettre la pression contre les mesures permettant de limiter l’entrée de nouveaux cas et de nouveaux variants de la COVID-19 à La Réunion. Ils proposent de permettre aux passagers justifiant d’une vaccination et d’un test négatif à la COVID-19 d’entrer à La Réunion sans s’engager à réaliser une quarantaine d’une semaine à leur arrivée. Rappelons que cette quarantaine est une protection bien fragile, car elle peut se passer dans un lieu choisi par le passager, sans que le maintien en isolement ne soit garanti par les autorités.
En Kanaly Nouvelle-Calédonie, aucun mort lié à la COVID-19 n’est à déplorer. C’est le résultat d’une stratégie visant à empêcher le coronavirus de rentrer dans le pays. L’aéroport a été fermé dès le début de la pandémie aux vols réguliers. Les passagers admis dans des vols de rapatriement doivent observer une quarantaine stricte de deux semaines, sous surveillance dans un hôtel. Par conséquent, il n’y a pas là-bas de crise sanitaire. Et la réouverture du pays sans quarantaine peut s’envisager avec la création de bulles sanitaires avec des pays à fort pouvoir d’achat ayant respecté le même principe de précaution, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande voire la Chine où la COVID-19 a été quasiment éradiquée depuis bien longtemps.
Le 27 avril dernier, le gouvernement a fixé les règles d’entrée sur le territoire des personnes vaccinées contre la COVID-19 : maintien de la quarantaine sous surveillance dans un lieu dédié. Le seul changement est une réduction de sa durée à une semaine au lieu de deux. Et pas pour tous les vaccinés, selon les conditions indiquées par le gouvernement du pays :
- Il faut que la personne concernée ait reçu les deux doses de vaccin, au minimum quatorze jours avant leur arrivée.
- Elle devra en faire la déclaration via le formulaire de demande d’entrée en Calédonie, avec copie du certificat de vaccination. Chaque demande sera transmise au médecin de la quarantaine, qui validera son éligibilité ou non au protocole.
- Il doit s’agir des vaccins à ARN messager de Pfizer/BioNTech ou Moderna.
- La personne sera soumise à protocole pour confirmer qu’elle est bien immunisée et non contagieuse.
Rappelons que voici deux semaines, un vol de rapatriement en provenance de Paris et à destination d’Antananarivo avait été riche d’enseignements. Tous les passagers devaient présenter un test négatifs à la COVID-19 avant d’embarquer. Lors d’un nouveau test à l’arrivée, plusieurs dizaines ont été détectés porteurs de la COVID-19, et tous les passagers du vol ont été maintenus en quarantaine.
Ce que proposent donc des patrons réunionnais, c’est d’officialiser l’entrée sans contrôle sanitaire de personnes pouvant alimenter la circulation du coronavirus à La Réunion ou susceptibles d’importer dans notre pays des variants dont la résistance aux vaccins est mal connue.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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