Santé

Découverte d’un « Variant réunionnais » : les scientifiques rappellent le potentiel de la recherche à La Réunion

Découverte d’un nouveau variant spécifique à La Réunion

Manuel Marchal / 18 mai 2021

L’annonce du séquençage d’un nouveau variant à La Réunion rappelle la complexité de la crise sanitaire créée par l’importation de la pandémie de coronavirus à La Réunion. Elle souligne aussi que grâce à la volonté politique d’un président de Région comme Paul Vergès, les scientifiques réunionnais disposent depuis plus de 10 ans d’outils de premier ordre pour contribuer à la la réponse face à la COVID-19.

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Le 8 février dernier, le CIRAD annonçait officiellement la mise au point à La Réunion d’un nouveau type de test de dépistage : RunCov.
« RunCov est bien plus rapide qu’un test PCR classique, plus fiable qu’un test antigénique, et ne nécessite qu’un simple appareil portatif électrique pour fonctionner. Ce test est par ailleurs capable de détecter les trois principaux variants du Sars-Cov-2 (anglais, sud-africain et brésilien). Il a été mis au point par les experts du Cirad en diagnostic moléculaire en santé végétale, basés au Pôle de protection des plantes à La Réunion », indique le CIRAD qui précise : « Aussi fiable qu’un test PCR classique mais beaucoup plus rapide, RunCov est un nouveau test de dépistage de la Covid-19, désormais officiellement agréé en France par le Centre National de Référence. Il a été mis au point au Pôle de protection des plantes par le Cirad, en partenariat avec le Cyroi, l’Université de La Réunion, le CHU, l’Anses et le MNHN ».
Le 26 mars suivant, la première expérimentation en condition réelle avait lieu à l’occasion d’un vol de rapatriement en provenance de Madagascar : 53 passagers testés.

Héritage de Paul Vergès

Hier, le travail des chercheurs de La Réunion a été une nouvelle fois mis en valeur. En effet, des chercheurs de l’UMR PIMIT (Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical) du Cyclotron de La Réunion ont réussi à identifier un nouveau variant de la COVID-19. Nommé B1 622, cette nouvelle souche n’a pour le moment été recensée qu’à La Réunion. 70 cas sont recensés, et une personne est hospitalisée. Et de souligner que ce variant est porteur d’une dizaine de mutations spécifiques.
Etudiée depuis le mois de mars, cette souche pourrait se rapprocher d’une autre ayant circulé en Afrique du Sud l’année dernière. D’après les chercheurs, ce variant serait moins virulent que d’autres.
Depuis le début de l’année, les chercheurs réunionnais peuvent donc revendiquer deux découvertes importantes sur le coronavirus : un test de dépistage aussi efficace que RT-PCR mais donnant des résultats rapides, et un nouveau variant. Ces découvertes résultent des moyens d’analyse à la disposition des chercheurs. Ils ont en effet le matériel disponible pour séquencer les virus. Ces coûteux outils ne sont pas à la portée financière de tous. Il a fallu une volonté politique pour qu’ils soient à la disposition de chercheurs à La Réunion. C’est une partie de l’héritage laissé par 10 ans de présidence de Paul Vergès à la Région Réunion.

Confirmation d’une vision

C’est donc bien la preuve qu’il existe un formidable potentiel dans la recherche à La Réunion. C’est pour valoriser ce potentiel qu’au moment de l’épidémie de chikungunya en 2007, Paul Vergès avait proposé au gouvernement français la création du Centre hospitalier universitaire de La Réunion. Contrairement à ce qu’affirmaient les anti-communistes, il ne s’agissait pas de transformer un hôpital régional pour une île de 800.000 habitants en un CHU, mais de faire du CHU un centre hospitalier de dimension internationale, situé dans un bassin de plus de 40 millions de personnes et comprenant outre La Réunion, Madagascar, Maurice, les Comores et les Seychelles.
La découverte d’un test de dépistage rapide et d’un nouveau variants sont loin de concerner uniquement La Réunion. Ceci rappelle que les chercheurs de notre île ont un rôle essentiel à jouer dans la réponse face à la COVID-19 à l’échelle régionale.

M.M.