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Visite du ministre du Tourisme
21 février 2006

Léon Bertrand, le ministre délégué au Tourisme, a annoncé une série de mesures pour aider le secteur du tourisme à sortir de la crise engendrée par l’épidémie de chikungunya.
En visite à La Réunion pour 24 heures, Léon Bertrand, le ministre délégué au Tourisme, a rencontré hier les différents partenaires de ce secteur économique particulièrement touché par la contre-publicité due au chikungunya. Il a annoncé la mise en place d’un fonds de compensation pour les entreprises en difficulté du secteur, la prise en charge des mises en chômage partiel à suite de la baisse d’activité ainsi que des reports d’échéances fiscales, sociales et bancaires.
Le fonds de compensation servira à subventionner les entreprises frappées par une baisse d’activité. Son montant sera annoncé par François Baroin, ministre de l’Outre-mer qui sera en visite dans l’île ce mercredi. Mais d’ores et déjà, Léon Bertrand soulignait "les dossiers de demandes d’aides seront instruits rapidement et l’argent sera vite débloqué". Il ajoutait : "il n’est pas question de laisser le secteur touristique s’effondrer. Des mesures d’urgence de soutien économique vont être prises". À moyen terme, "nous assurerons la survie des entreprises et nous relancerons des grandes campagnes de promotion de l’image de La Réunion", indiquait-il alors qu’il visitait l’hôtel les Créoles à Saint-Gilles.
L’établissement hôtelier, inclus dans un groupe comprenant également les Villas du Récif et les Villas du Lagon à Saint-Gilles, a déposé un dossier de chômage partiel. "En quelques mois sur les trois hôtels nous avons enregistré une baisse d’activité de 30 à 40% ce qui représente une perte d’environ 1,5 million d’euros", indiquait Olivier Roussellier, directeur des trois hôtels. "Tous les jours, nous perdons entre 2 et 3 points d’occupation et en plus des annulations, nous n’avons presque plus de réservations", ajoutait-il. Les réservations des touristes locaux devraient légèrement infléchir cette tendance lors des vacances scolaires de mars prochain, "bien sûr nous pratiquerons alors des tarifs attractifs pour ces clients résidants l’île", mais cela ne suffira pas à remonter la pente, notait Olivier Roussellier. "Nous attendons un accompagnement pour sortir de la crise. Nous pouvons le faire si nous sommes aidés", disait-il.
"Pas des mendiants"
Pierre Cadene, vice-président de l’association des professionnels de la mer et gérant d’un club de plongée, tenait sensiblement le même langage au ministre. "Nos carnets de réservations sont vides. Actuellement le personnel est uniquement affecté à la maintenance des bateaux et du matériel. Nous dirigeons vers 60 à 70% de perte d’activité. Nous ne pourrons pas tenir longtemps. Nous ne sommes pas des mendiants. Tous autant de nous sommes, employés et chefs d’entreprise, nous voulons travailler, mais il faut nous aider", expliquait-il.
Quant à Franck Foucques, gérant d’un gîte à Boucan Canot, il remarquait : "nous avons engagé de lourds investissements. Nous n’allons pas pouvoir les amortir puisque nous enregistrons une perte d’activité de plus de 30% les deux premiers mois de l’année et toutes nos réservations ont été annulées", disait-il. Pour le moment 4 des 2 bungalows sont occupés. Les clients sont dans la piscine. "On est mieux ici au soleil que chez nous dans le froid à Grenoble", remarquait l’une des touristes. "Vous avez tous raison d’être venus. Je compte sûr vous pour dire que l’on ne craint rien à La Réunion et qu’il faut y venir", répondait Léon Bertrand.
C’est aussi le langage qu’il tiendra aujourd’hui à Paris lorsqu’il rencontrera avec Jocelyne Lauret, présidente du comité du tourisme de La Réunion (CTR), le syndicat des tours opérateurs et celui des agents de voyages. "On ne peut pas leur reprocher de ne pas conseiller La Réunion à leurs clients, ils ne sont pas véritablement informés. Nous allons leur dire la réalité des choses, leur expliquer que la destination Réunion n’est pas risquée et qu’il ne faut absolument pas la rayer des catalogues", notait le ministre. Jocelyne Lauret était visiblement satisfaite. "Avec la prise en charge du chômage partiel et la mise en place d’un fonds de compensation, nous avons fait un pas important pour venir en aide au secteur", estimait-elle.
Léon Bertrand a quitté l’île en fin d’après-midi pour Mayotte. Il y a rencontré les professionnels du tourisme. Il s’est envolé pour Paris en début de soirée.
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