Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
La Réunion face au chikungunya et à la grippe aviaire
31 octobre 2005

Les 2 loupés réunionnais - la fausse alerte de grippe aviaire et la réaction tardive face au chikungunya - serviront certainement d’expériences pour, à l’avenir, mieux maîtriser des crises sanitaires ou alimentaires qui pourraient survenir à La Réunion et dans son environnement.
Après l’histoire du chiot ayant servi d’appât pour la pêche aux requins, La Réunion vient de nouveau de se faire connaître sur le plan national et international avec cette épisode de 3 personnes supposées atteintes de grippe aviaire. Une mésaventure qui, à regarder de plus près, ne tourne pas à l’avantage de notre île. Comment en effet expliquer ces analyses contradictoires ? Pour les uns, les moyens d’investigation des laboratoires réunionnais n’ont rien à voir avec ceux de l’Institut Pasteur. Pour d’autres - et c’est notamment le cas de l’homme qui a été gardé en observation et qui s’est confié au “JIR”- tout cela relèverait d’une embrouille. Toujours est-il que la Préfecture a demandé une expertise pour évaluer le dispositif tant sur le plan administratif que sanitaire.
Les retards
Or, cet épisode arrive à un moment où l’opinion commence à s’interroger sur la manière avec laquelle le chikungunya a été traité. L’extension dans l’île de la maladie a-t-elle été correctement maîtrisée ? “Le Journal de l’île” fait partie de ceux qui considèrent que l’évolution du phénomène a été mal appréciée : "4.184 cas de fièvre à chikungunya ont été officiellement déclarés depuis cette première alerte. Une réalité lourdement minorée par le système de suivi mis en place sur notre île, et qui ne donne aucune idée du coût humain et social de cette épidémie, complaisamment observée depuis des mois". La comparaison avec les moyens mis en œuvre pour faire face à la grippe aviaire en France et en Europe souligne les retards, pour ne pas dire les carences, dans la lutte contre le chikungunya. Désormais, la question est posée de savoir si, par manque de vigilance, l’épidémie n’est pas en train de se transformer en une pandémie. La confirmation de l’existence d’un cas d’encéphalite est un facteur aggravant. Il faut espérer que c’est le seul cas que La Réunion aura à recenser.
Quels moyens ?
La proximité de ces 2 événements (la fausse alerte sur la grippe aviaire et les retards pris dans la lutte contre le chikungunya) pose un problème essentiel : avons-nous les moyens en hommes et en matériels pour détecter efficacement des risques d’épidémie et pour y faire face ?
Après les images du tsunami, à la fin de l’année dernière, et celles des cyclones ayant frappé la Louisiane et d’autres pays de l’Amérique centrale, les Réunionnais sont de plus en plus sensibilisés à la question des catastrophes naturelles et de leurs conséquences. Ces phénomènes ont laissé apparaître que ce sont toujours les couches sociales les plus défavorisées qui sont les premières et les plus durement touchées.
Les scientifiques dégagent une certitude : avec le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles vont s’amplifier et s’intensifier. Déjà préoccupée par son volcan en activité, La Réunion doit se préparer à connaître des cyclones plus nombreux et plus intenses.
Le principe de précaution
Ce n’est pas faire du catastrophisme que de dire qu’il faut se préparer au pire. Il s’agit simplement de faire jouer le principe de précaution. Sommes-nous prêts à assurer au mieux la sécurité civile dans des situations extrêmes ? Avons-nous les moyens d’une sécurité alimentaire pour les hommes et les animaux ? Avons-nous les moyens d’une sécurité sanitaire ? Ces sujets ont été abordés lors du séminaire organisé au cours de la semaine dernière dans notre île par la Commission de l’océan Indien autour du thème : comment se préparer solidairement à éviter des crises majeures. La récente expérience réunionnaise face au chikungunya et à la grippe aviaire et les enseignements qui en seront tirés, serviront certainement dans une approche commune d’une éventuelle crise sanitaire.
J. M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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