Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Santé et recherche
19 mai 2006

En février déjà, le chef du gouvernement annonçait la création prochaine à La Réunion d’un Centre de veille et de recherche sur les arboviroses. Trois mois après, il en présente les grandes lignes dont le tracé débutera en fin d’année et confirme la dimension internationale de ce projet de haut niveau. Par contre, c’est la première fois que la création d’un CHRU est annoncée officiellement.
Il est malheureux de reconnaître que l’épidémie de chikungunya a aussi du bon. Elle a permis de mettre un peu plus en lumière les retards de notre système de santé, comme d’éclairer les perspectives de développement scientifique pour notre île, relais géographique stratégique entre la France et les pays de la zone.
CHRU : une annonce inespérée
Avant la fin de l’année, La Réunion sera dotée d’un CHR, "première étape vers un CHRU", attestait hier le chef du gouvernement, au cours de son allocution au Théâtre de Champ Fleuri. Pour le docteur Catherine Gaud, vice-présidente du Conseil régional, cette annonce est inespérée. "C’est le résultat d’une grande bataille. La Région milite depuis longtemps sur ce dossier. Le président Vergès a transmis encore dernièrement au gouvernement les courriers des ministres de la Santé de la zone qui souhaitent la création d’un CHRU à La Réunion pour y envoyer leurs étudiants. C’est vraiment un enjeu majeur pour la francophonie, pour La Réunion et pour les pays de la zone".
C’est donc un grand pas vers la restructuration et la modernisation de notre système de santé qui vient, pour la première fois, d’être officiellement annoncé. Mais il faudra encore un peu de temps pour élaborer un projet structuré et de qualité. Plus proche de nous, d’ici la fin de l’année, se dessine le Centre de veille et de recherche sur les maladies (ré)émergentes, outil de surveillance mais aussi d’anticipation pour répondre aux menaces vectorielles, analyser leurs interactions sur l’Homme, l’environnement, la biodiversité, comprendre les conséquences sanitaires des changements climatiques, etc.
Dimension internationale
"Veille, surveillance et évaluation" sont pour le chef du gouvernement des défis à relever, et le Centre de recherche et de veille, qu’il qualifie de "télescope du vivant", aura vocation de se développer en plate-forme de haut niveau ouverte sur le monde entier. L’Institut Pasteur et la Faculté de médecine de Madagascar y prendront également part ; Mayotte ne sera pas non plus écartée. La communauté scientifique internationale répond déjà avec intérêt à ce projet qui engage un budget recherche de 2,2 millions d’euros.
Le Premier ministre a avancé que 50% de scientifiques étrangers siègeront à son Conseil et qu’en septembre, un appel international à candidatures sera lancé pour recruter son directeur. Mais il n’a pas été question au cours de l’allocution du chef du gouvernement des scientifiques et chercheurs locaux, épidémiologistes, entomologistes... "Cela n’a pas été dit effectivement, accorde le docteur Gaud, mais nous y veillerons. Il est essentiel que les chercheurs réunionnais y participent, mais si l’on veut un projet de haut niveau, il faut aussi recruter les meilleurs chercheurs internationaux". Ce projet, qu’elle a contribué à élaborer en étroite collaboration avec le professeur Antoine Flahaut, chef du service de santé publique à l’hôpital Tenon à Paris et chef de mission du projet, est selon ses mots : "très, très, très positif et très satisfaisant". Doté d’un insectarium, d’un centre vétérinaire, la veille animale est aussi placée au cœur des études. Les chauves-souris, les porcs, les chiens pourraient être aussi des réservoirs pour d’autres maladies vectorielles. Une seule critique : "il faudrait pousser plus les sciences sociales, réfléchir et comprendre le ressenti de la population face à l’épidémie, son vécu, permettre une appropriation de la lutte".
Estéfani
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