Tourisme sexuel de Réunionnais à Madagascar :une violence contre les femmes qui alimente aussi le risque sanitaire

Des touristes sexuels réunionnais ont importé le Mpox à La Réunion

30 juin, par Manuel Marchal

L’ARS alerte sur 20 cas de Mpox recensés à La Réunion depuis le début de 2026, majoritairement liés à des contacts intimes lors de séjours à Madagascar. Cette réalité renvoie aussi à la question du tourisme sexuel de prédateurs qui se croient riches à Madagascar, tourisme sexuel nourri par les inégalités économiques et la précarité de nombreuses femmes malgaches. Au-delà des mesures de prévention et de la vaccination, cette situation rappelle que la lutte contre les épidémies passe aussi par le respect de la dignité humaine.

Image d’illustration créée par IA

À l’approche des vacances à La Réunion, l’Agence régionale de santé tire la sonnette d’alarme : 20 cas de Mpox ont été recensés à La Réunion depuis le début de l’année 2026. Selon l’ARS, la majorité des contaminations sont liées à des contacts intimes survenus lors de séjours récents à Madagascar, où le virus circule activement.

Un RSA leur donne l’illusion d’être riches et ils deviennent des prédateurs

Cette alerte sanitaire renvoie également à une réalité sociale que beaucoup préfèrent taire : le tourisme sexuel de Réunionnais incapables d’avoir une partenaire sexuelle à La Réunion. Une partie des voyageurs se rend à Madagascar avec l’objectif de nouer des relations sexuelles facilitées par la pauvreté qui frappe une grande partie de la population. Des femmes, confrontées à une extrême précarité, deviennent les premières victimes d’un système esclavagiste où les inégalités économiques se transforment en rapports de domination.
Il serait faux d’assimiler les femmes malgaches à des prostituées, comme en sont convaincus de nombreux colonisés qui s’ignorent. Au contraire, elles sont bien souvent les victimes d’une exploitation nourrie par la misère. Des pauvres qui arrivent de La Réunion avec des revenus sous le seuil de pauvreté, parfois même limités au RSA, ont à Madagascar un pouvoir d’achat qui leur donne l’illusion d’être riches, alors que dire de ceux qui appartiennent à la classe privilégiée à La Réunion. Cette situation favorise des comportements de prédation qui ne relèvent ni du tourisme ni de la solidarité entre peuples voisins.
L’ARS rappelle que le Mpox se transmet principalement lors de contacts intimes, notamment sexuels, mais aussi par contact avec les lésions d’une personne malade ou des objets contaminés. Les voyageurs sont invités à se faire vacciner lorsqu’ils présentent un risque d’exposition, à respecter les gestes barrières et, au retour, à consulter immédiatement en cas d’éruption cutanée, de fièvre ou d’ulcérations.

Promouvoir des relations fondées sur le respect est aussi un enjeux de santé publique

La lutte contre le Mpox ne peut cependant se limiter aux recommandations médicales. Elle doit aussi conduire à interroger les pratiques qui exposent les personnes au virus et qui reposent sur l’exploitation de la vulnérabilité humaine. Combattre la pauvreté, défendre la dignité et l’autonomisation des femmes et promouvoir des relations fondées sur le respect sont également des enjeux de santé publique. Une société plus juste et éduquée est aussi une société mieux protégée contre les épidémies.

M.M.

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