Comment lutter contre le chikungunya ?

E.I.D.

24 juillet 2006

Ce sigle un peu curieux veut dire : Entente Interdépartementale pour la Démoustication, autrement dit, c’est un établissement public de Lutte contre les moustiques et de Gestion des zones humides

L’E.I.D. a pour vocation de lutter contre la prolifération des moustiques. Elle est, dans un premier temps, chargée de faire une expertise pour identifier les lieux de développement et met ensuite en place les méthodes nécessaires à la régulation des populations nuisantes, à l’aide de nouvelles techniques développées en étroite collaboration avec la communauté scientifique. Du fait de son savoir-faire en matière d’entretien des zones humides, l’Entente a su devenir un organisme gestionnaire d’espaces naturels sensibles dont la compétence est reconnue par les collectivités locales et les conservatoires de milieux naturels...
Cet organisme n’a pas de correspondance à La Réunion malgré le contexte dramatique dans lequel le virus du chikungunya se répand. Cet E.I.D. a été créé en Rhône-Alpes. Jusque-là, des moyens de lutte dispersés existaient au niveau local dans cette région. "Mais des préoccupations à la fois d’efficacité, de coordination des moyens, et aussi de protection de l’environnement nécessitaient la création d’un organisme opérationnel."...

À lire ces quelques lignes, on se prend d’abord à rêver sur l’existence d’un tel organisme à La Réunion, ensuite un sentiment de révolte s’empare de vous quand vous vous apercevez que cela n’existe pas sur notre île. On se demande bien pourquoi...

Ce que la loi permet...

La Mise en place régionale d’un dispositif de surveillance et de lutte contre les moustiques. Sur le plan législatif, les textes relatifs aux ententes interdépartementales et à la lutte contre les moustiques, en particulier la loi 1964 sur la démoustication et ses décrets d’application, avaient permis - par exemple - à la mission interministérielle du Languedoc-Roussillon de créer l’E.I.D. du Littoral méditerranéen. Elle avait ainsi été habilitée à procéder d’office aux prospections, traitements, travaux et contrôles nécessaires à cette action sur les zones d’actions déterminées par arrêté préfectoral et en fonction des décisions des conseils généraux et des communes.__ En vertu de ces textes, les Conseils généraux de l’Ain et de la Savoie ont donc créé l’Entente Interdépartementale pour la Démoustication des rives du Haut Rhône, en 1965, en souhaitant l’élargissement de cette institution publique à d’autres départements concernés. Après l’adhésion du département de l’Isère, en 1966, puis celle du département du Rhône en 1970, l’établissement est devenu l’Entente Interdépartementale Ain, Isère, Rhône, Savoie pour la Démoustication (E.I.D.), établissement public à caractère administratif.
Évidemment, la création d’un tel organisme demande des moyens que la Préfecture ne semble pas vouloir mettre en place (voir nos dernières éditions et particulièrement la conférence de presse donné par le Directeur Général de la Santé). Toujours à titre d’exemple, l’E.I.D. des départements de l’Ain, de l’Isère, du Rhône et de Savoie dispose de 28 personnes dans ses services opérationnels de démoustication rurale répartis en 4 antennes permanentes, ainsi que 26 antennes temporaires pour les mois de juin et juillet avec 40 saisonniers !

Est-il utile de rappeler que tout ce dispositif n’a pas été mis en place pour des épidémies comme nous en subissons à La Réunion, mais pour une surveillance et une lutte régulière et constante. Qu’en serait-il sur notre île ?

Les moyens de lutte sont connus : le Bti !

L’E.I.D. a un mot d’ordre : "Détruire le moustique sans porter atteinte au monde animal et végétal environnant doit être l’obsession pour le démoustiqueur !"
Pendant deux décennies (1970-1989), ils ont utilisé les larvicides chimiques les plus intéressants de ce point de vue, car il n’y avait pas autre chose : ce sont les organophosphorés. Ce fut le Fénitrothion dans un premier temps, mais il fut rapidement abandonné. Puis, ce fut le Téméphos (Abate) qui donnait le maximum de garanties, bien qu’aux doses opérationnelles de terrain, il n’était pas le larvicide idéal car son spectre d’action était malgré tout assez large.
En 1990, l’apparition sur le marché du Bti H14 (Bacillus thuringiensis var. israelensis) fut une véritable révolution. Son extrême sélectivité vis-à-vis de la larve représente un outil idéal (signalons cependant qu’il serait actif contre 70% des larves de Chironomidés). Ce produit est un produit biologique à base de bactéries qui, lors de son ingestion par les larves de moustiques, provoquent des lésions importantes de leur tube digestif entraînant leur mort. Il est, de loin, le moyen larvicide disponible le plus attractif à ce jour contre les larves d’Aèdes. Il permet d’éliminer les larves de moustiques, tout en laissant se développer tous les autres insectes. Les oiseaux insectivores seront ravis puisque leur nourriture sera intacte. Enfin, l’eau de la nappe phréatique que vous buvez au robinet n’est pas polluée par des produits chimiques.

Une surveillance efficace

La lutte contre les vecteurs et les moustiques suppose des moyens de surveillance pour une connaissance précise des gîtes. Il était donc nécessaire d’identifier géographiquement ces derniers et d’analyser leur mode de fonctionnement tout au long de la période de développement des larves. Des équipes d’entomologistes sont dépêchées sur le terrain pour recueillir des informations concrètes. Ces renseignements sont synthétisés au sein de cartes écologiques appliquées à la démoustication.

À notre connaissance, non seulement un service E.I.D. n’existe pas à La Réunion, mais des équipes d’entomologistes chargés de la tâche de surveillance, de repérage, de lutte et de recherche n’existent pas non plus...
Nous souhaiterions être détrompés.
En métropole, les E.I.D. sont pour la plupart en relation étroite avec des équipes de recherche (comme le Laboratoire d’Écologie Alpine de l’Université Joseph Fourier de Grenoble qui étudie depuis plusieurs années la relation entre populations larvaires de moustiques et la végétation phanérogamique associée.)

En métropole, les régions et les départements, plus particulièrement ceux à risque, se sont dotés d’E.I.D., comme l’E.I.D. Méditerranée, l’E.I.D. Atlantique ou le Centre de démoustication de La Martinique. L’Agence nationale pour la Démoustication Et la Gestion des Espaces naturels démoustiqués (l’ADEGE) coordonne ces actions au niveau national.

Au vu des déclarations préfectorales, on peut se demander si La Réunion est toujours en France, ou si nous avons droit à un traitement particulier sous la forme d’un service minimum ?

Le 17 mars 2006, Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la Santé, s’est rendu à Nice à la rencontre des différents services de l’État, des professionnels de santé et des élus pour informer et échanger sur le moustique, nuisant et vecteur.
"À cette occasion, Monsieur Xavier Bertrand a présenté un plan anti- dissémination conçu pour prévenir les risques de développement du moustique sur l’ensemble du territoire national, et plus particulièrement dans les Alpes-maritimes : (...) renforcement de la surveillance du moustique par l’installation de 150 pièges pondoirs dans les Alpes-Maritimes (...) le préfet des Alpes Maritimes écrira un plan d’action local, en lien avec les collectivités et le Conseil général. Il s’appuiera sur l’expertise de l’E.I.D. et de l’I.R.D., (...) le plan recherche chikungunya aidera à lutter contre la dissémination (...) 6 bourses de recherche doctorantes en entomologie médicale et vétérinaire en 2007 (pour E.I.D., I.R.D. et Pasteur)..." etc.
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand avait lancé en mars un plan "anti-dissémination" du moustique sur le territoire national, passant notamment par la pose en France de 400 pièges pondoirs permettant de surveiller la progression du moustique à l’approche de la saison estivale. Les risques de contamination par le chikungunya via l’Aèdes albopictus présent en métropole, qui n’est pas porteur du virus, sont extrêmement faibles, rappelle l’E.I.D..

La métropole se protège. Fort bien.
Mais qu’en est-il pour La Réunion ?...

A.I.C.


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Messages

  • Création d’un E i D à la RÉUNION,
    IL est possible de créer un organisme de démoustication à de démoustication à La Réunion sans grand investissement investissement.
    Mais le plus important est de trouver un produit naturel cité dans cette publication.
    Cette opération de démoustication peut-être effectuée partout sans danger pour la population.
    Si les responsables décideurs de La Réunion veuillent bien me contacter et m’inviter pour leur expliquer le procédé je me tiens à leur disposition.
    Cordialement
    Sambo DANH SANG


Témoignages - 82e année


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